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Professeur décapité : Le Franco-marocain Abdelhakim Sefrioui placé en garde à vue

Le Franco-marocain Abdelhakim Sefrioui, ainsi qu’un parent d’élève font partie des personnes placées en garde à vue entre vendredi et samedi, dans l’affaire du professeur retrouvé décapité près d’un collège des Yvelines. Sefrioui était l’un des meneurs d’une mobilisation contre l’enseignant suite à un cours où ce dernier avait montré des caricatures du Prophète Mohammed.

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Le Franco-marocain Abdelhakim Sefraoui a été placé en garde à vue dans l'affaire du professeur décapité. / DR
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Abdelhakim Sefrioui, fondateur du collectif pro-palestinien Cheikh Yassine et membre de l'association «Conseil des imams de France», ainsi que le parent d’une élève, font partie des gardés à vue dans le cadre de l’enquête ouverte en France au lendemain de l’assassinat d’un professeur à Conflans Saint Honorine.

Selon Le Parisien, qui rapporte l’information, Abdelhakim Sefrioui, connu des services de renseignement, avait accompagné le père de l’élève, mécontent du cours du professeur et des caricatures du Prophète Mohammed, lorsqu'il s'est rendu chez la principale du collège.

Un «routier de l'islamisme radical»

Les faits remontent au 8 octobre dernier, selon une vidéo qui circule depuis hier sur les réseaux sociaux, et dans laquelle on entend le père de l’élève et Abdelhakim Sefrioui poser des questions à l’adolescente, avant de réagir. «Nous étions partis, avec Ibrahim, le père de la petite Z., et moi, au nom du "Conseil des imams de France", voir l’administration du collège», déclare le fondateur du collectif pro-palestinien Cheikh Yassine. «Nous avons expliqué la chose mais ça n’a pas l’air de choquer», s’indigne-t-il dans la vidéo.

Il affirme avoir souligné, «au nom du "Conseil des imams de France" et des musulmans de France» qu’il «refuse catégoriquement ce comportement irresponsable et agressif qui ne respecte pas le droit des enfants (musulmans, ndlr) à garder leur intégrité psychologique». «Nous avons exigé la suspension immédiate de ce voyou car il n’est pas un enseignant. Un enseignant c’est autre chose. C’est une fonction qui a beaucoup de noblesse», enchaîne-t-il avant de qualifier à maintes reprises, le professeur de «voyou».

Abdelhakim Sefrioui est décrit, en France, comme «un vieux routier de l'islamisme radical» d'ailleurs «fiché depuis au moins quinze ans», rapporte Le Point. Le journal affirme qu’à travers le collectif Cheikh Yassine qu'il avait créé, «il n'a eu de cesse de promouvoir des actes violents ces dix dernières années, voire de passer lui-même à l'action».

Le média ajoute qu’en 2010, «il avait fait le coup de poing à Montreuil contre les participants à un meeting commun en faveur d'une loi sur le voile intégral». «Le préfet de Seine-Saint-Denis à l'époque et le patron des renseignements généraux avaient tenté de lancer une procédure de déchéance de nationalité de l'intéressé d'origine marocaine, obtenue par mariage. Ils n'y sont pas parvenus», rapporte encore le journal.

Le "Conseil des imams de France" désavoue Abdelhakim Sefrioui

Le "Conseil des imams de France (CIF)", dont est membre Abdelhakim Sefrioui, n’a pas encore officiellement réagi à cette affaire au moment de la rédaction de cet article. Toutefois, contacté par Yabiladi ce samedi, Meskine Dhaou, porte-parole du CIF a assuré que cette instance «ne s’est pas prononcée sur cette affaire (ndlr caricatures du Prophète au collège), n’a pas participé à ladite mobilisation et n’a rien à voir avec cette affaire».

«Nous sommes en train de récolter des informations sur cette affaire. Le Conseil se réunira et publiera un communiqué mais l’action qui a été menée par Monsieur Sefrioui n’a rien à voir avec le "Conseil des imams de France"», insiste-t-il.

«Je ne peux pas dire s’il a tort ou n’a pas tort. Je peux d’emblée vous dire que nous condamnons toute action qui touche à une vie humaine quelle qu’elle soit. C’est notre position depuis 30 ans, ça n’a pas changé et ça ne changera pas. On ne peut pas attaquer une vie humaine. Celui qui tue un être humain a tué toute l’humanité. C’est le fondement même de notre foi.»

Porte-parole du Conseil des imams de France

Vendredi après-midi, un professeur d’histoire a été trouvé décapité près du collège où il enseignait à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). La victime avait donné un cours sur la liberté d’expression, en montrant des caricatures du prophète Mohammed. Son assaillant, un jeune homme d’origine tchétchène, âgé de 18 ans, a été abattu à Eragny (Val-d'Oise).

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