Menu

Article

Pour Freedom House, la liberté sur le net «reste fragile» au Maroc

L’ONG Freedom House a publié cette semaine son rapport sur la liberté sur le net. Bien qu’il se maintienne dans la catégorie pays «partiellement libre», le Maroc voit son score diminuer à 52 point sur 100. Le rapport estime que la surveillance, la censure et les disparités se maitiennent.

Publié
Photo d'illustration. / DR
Temps de lecture: 3'

Le Maroc est toujours un pays «partiellement libre» en matière de liberté sur le net, indique cette semaine l’organisation Freedom House dans un nouveau rapport intitulée «Liberté sur le Net 2020. L'ombre numérique de la pandémie».

L'étude traque les améliorations et les déclins des conditions de liberté sur Internet chaque année dans 65 pays, couvrant 87% des utilisateurs Internet du monde. Le rapport se base surtout sur les «violences des droits d’utilisateurs», les «limitations de contenus» ainsi que les «obstacles à l’accès» aux informations recensées dans ces pays.

Pour le cas du Maroc, il se maintient à la 34e place en termes de liberté sur le net, avec un total de 52 points sur 100, soit deux points de moins que l’année dernière.

Une «centralisation de la dorsale Internet» qui laisse place à la censure

Le royaume récolte 15 points sur 40 pour ce qui est des violences des droits d’utilisateurs. «Les lois marocaines sur la diffamation criminelle et le terrorisme continuent de menacer la liberté d'expression. Un nombre croissant de journalistes, d'activistes et d'utilisateurs des médias sociaux ont été condamnés à des peines de prison pendant la période de couverture, dont plusieurs qui avaient publié de "fausses informations" sur la pandémie du Covid-19», explique Freedom House. «En outre, un projet de loi sur les médias sociaux menace de censurer et de criminaliser davantage les utilisateurs pour de "fausses informations" publiées en ligne», ajoute-t-on en référence au projet de loi 22.20, qui a créé une polémique au Maroc en mars dernier.

Quant aux obstacles à l’accès à l’information, le Maroc obtient un score de 14 points sur 25, en raison de la persistance de la «disparité entre la connectivité urbaine et rurale». Le rapport reconnait aussi que «les autorités n'ont imposé aucune restriction sur la connectivité au cours de l'année écoulée» mais souligne que «la centralisation de la dorsale Internet constitue un risque de censure et de surveillance».

Le Maroc récolte aussi un score de 23 points sur 35 pour les limitations de contenus. «Bien que les sites Web soient rarement totalement bloqués, les autorités limitent le contenu en ligne par le biais de divers mécanismes nuancés», expliquent les rédacteurs du rapport. Ceux-ci rappellent aussi que «les lois problématiques sur la presse et les lois antiterroristes imposent une lourde charge aux intermédiaires, tandis que les militants subissent des pressions de la part des responsables de la sécurité pour qu'ils suppriment les contenus sensibles». L’occasion de dénoncer aussi «un afflux de profils en ligne pro-gouvernementaux qui publient des informations fausses et diffamatoires sur les dissidents».

En somme, Freedom House considère que «la liberté sur le net au Maroc est restée fragile pendant la période de couverture alors que la répression contre les journalistes en ligne couvrant les manifestations se poursuivait et que les sites d'information du gouvernement publiaient de fausses informations sur les militants et les journalistes». 

Une «surveillance» qui se maintient

«Bien que l'accès à Internet continue d'augmenter dans l'ensemble, le gouvernement maintiendrait des systèmes de surveillance sophistiqués», estime le rapport, en affirmant que «de nombreuses libertés civiles sont limitées dans la pratique».

Le rapport de citer plusieurs événements clés ayant marqué cette période de crise sanitaire, comme l’affaire de Mi Naïma, le projet de loi n° 22.20, la campagne de «outing» lancée contre la communauté LGBTQ+, les arrestations de Mohamed Sekkaki, d’Omar Radi ainsi que les révélations d’Amnesty sur la surveillance présumée de Maati Monjib et d’Abdessadak El Bouchattaoui à travers le logiciel espion Pegasus de la société israélienne NSO.

Comparé à ses voisins africains, le Maroc arrive à la 9e place, derrière l’Afrique du Sud (15e mondial), le Kenya (16e), la Tunisie (19e), l’Angola (22e), le Malawi (25e), le Nigeria (26e), la Zambie (27e) et l’Ouganda (30e).

Le rapport ne couvrant que 65 pays, l’Algérie et la Mauritanie, entre autres, ne figurent pas dans le classement. Mais le royaume est classé deuxième dans les régions MENA, derrière la Tunisie mais devant le Liban (35e), la Libye (37e), les Emirats arabes unis (55e) et l’Arabie saoudite (59e), entre autres.

Dans le monde, la Chine (65e) occupe la dernière place du classement, avec 10 points. Le Vietnam, Cuba, la Syrie et l’Iran occupent respectivement les 61, 62, 63 et 64e places. Le Top 5 du classement est occupé, quant à lui, par l’Islande (95 pts), suivie de l’Estonie, du Canada, de l’Allemagne et du Royaume-Uni.

Emission spécial MRE
2m Radio + Yabiladi.com
/