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Les professionnels à Marrakech pour une ouverture de la ville aux touristes nationaux

Les professionnels du secteur touristique à Marrakech affichent un optimisme prudent avec l’arrivée, samedi, d’un premier groupe de touristes étrangers. Certains considèrent que la ville doit être ouverte aux touristes internationaux pour sauver la saison et plusieurs insistent sur la valeur ajoutée du tourisme interne. 

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Un premier groupe de touristes étrangers est arrivé, samedi 10 octobre, à l’aéroport de Marrakech Menara. / DR
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A Marrakech, l’heure est à l’optimisme avec l’arrivée, samedi, d’un premier groupe de 160 touristes français, marquant ainsi le début d’une reprise pour le secteur touristique. Une arrivée qui donne de l’espoir à un secteur presque à l’arrêt depuis plus de 7 mois, après l’annonce de la fermeture, en mars dernier, des frontières du royaume pour lutter contre la pandémie du coronavirus.

«C'est une première étape, positive. Nous espérons simplement qu’il n’y aura pas de surprises, comme une nouvelle fermeture des frontières. C’est un premier pas en effet, mais ce n’est malheureusement pas suffisant», nous confie ce lundi Lahcen Koujout, président du syndicat du transport touristique à Marrakech.

«Nous avons encore besoin de plus de ces initiatives et voyages pour un retour sur les rails. Les gens qui travaillent sur le terrain ont vraiment du mal et attendent depuis trop longtemps», rappelle-t-il.

Une activité touristique interne et externe qui doit reprendre

Il rappelle que «quelques personnes ont pu travailler ces jours-ci» mais «près de 90% sont toujours à l'arrêt». «Mais on ne peut nier que cette arrivée de touristes depuis l’étranger est une lueur d'espoir pour entrevoir le bout du tunnel», espère-t-il, en rappelant que le transport touristique dépend «fortement des touristes étrangers».

Même son de cloche chez les guides. «Voir arriver un premier vol est vraiment un espoir. C’est déjà une première goutte en espérant que d’autres arriveront», déclare Abdessadek Kadimi, président de l’Association régionale des guides de tourisme de Marrakech-Safi (ARGT-MS). 

«C’est une décision pour sauver un secteur d’une grande importance. Il y a un petit espoir pour le tourisme d’hiver et Noël qui, pour la ville, représente une période importante.»

Abdessadek Kadimi

Le représentant des guides de la région déclare que bien que la décision de permettre également aux touristes nationaux de visiter la ville relève des autorités, les guides «espèrent que les entraves soient levées également pour le tourisme national». «Cela pourra contribuer à sauver la saison touristique mais ce n’est pas nous qui décidons», complète pour sa part une responsable de l'Association des Maisons d'Hôtes de Marrakech et du Sud (MGH) pour qui, toutefois, «les gens devraient se réjouir que ça reprenne».

Du côté du Conseil régional du tourisme (CRT) de Marrakech-Safi, l’heure est plutôt au réalisme. «Ces arrivées ont donné un premier espoir aux gens mais il n’y aura pas de vraie reprise comme les années précédentes», reconnait un responsable du CRT de la ville ocre, sous couvert d’anonymat. «Il faut accepter le fait que cela se fera petit à petit, dans le contexte de cette pandémie», précise-t-il.

Un tourisme interne aussi vital pour Marrakech

Il plaide, d’ailleurs, pour «une communication agressive à l’étranger», pour faire face à la concurrence. Et de rappeler que certains touristes ne «savent toujours pas que la durée de validité d’un test PCR est passée à 72 heures». Notre interlocuteur reconnait aussi l’importance d’ouvrir aussi la ville aux touristes nationaux.

«Si les villes au Maroc rouvrent en respectant les conditions sanitaires, nous aurons tout de même une relance du secteur, bien qu’il faudra attendre un ou deux ans pour arriver aux niveaux des années précédentes».

Responsable au CRT

Pour ce responsable, «les touristes nationaux sont aussi importants car premiers clients de la ville». «Il faut aussi, à mon avis, chasser le stress et cette peur du virus, insister sur le respect strict des mesures et permettre à tout le monde de voyager pour redynamiser le secteur touristique au Maroc», conclut-il.

Mais en attendant une décision qui mettra fin aux questionnements de certains Marocains, les professionnels du secteur continuent à espérer une véritable reprise. «Le premier groupe comprend 160 personnes. Il est donc très peu probable qu'ils veuillent tous monter un koutchi», souligne Rachid Loudini, de l’Association des Koutchis Marrakech, qui dit être «impatient de travailler avec d’autres groupes de touristes».

«Nous souhaitons également que la ville accueille les touristes locaux, avec lesquels nous travaillons beaucoup. Nous voulons que les gens d'autres villes visitent Marrakech puisqu’ils viennent habituellement toute l'année contrairement aux touristes étrangers», estime-t-il.

Rachid Loudini reconnait aussi que sans touristes locaux, l’activité «ne sera pas correctement relancée». D’ailleurs, face à la crise sanitaire qui a fortement impacté le tourisme dans la ville ocre depuis le mois de mars, les calèches de la ville ont opté pour l’adaptation. «Par désespoir, les propriétaires de Koutchi se sont transformés en taxi de fortune pour les Marrakchis», rappelle le responsable de cette association.

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