Pays-Bas : Le procès d’une Marocaine accusée de maltraitance sur son fils «possédé»

Ce procès est le premier du genre aux Pays-Bas. Une mère d’origine marocaine est accusée d’avoir maltraité son fils qui, selon elle, était possédé par un djinn. L’enfant, qui garde de lourdes séquelles auditives, l’accuse d’agressions sexuelles.

Le procès d’une ressortissante marocaine accusée d’avoir maltraité son enfant a débuté ce mercredi aux Pays-Bas. Les médias néerlandais évoquent un procès inédit dans le pays. Et pour cause, la mère affirme que son fils était possédé par un djinn.

Lors de l’audience, il a été question des pratiques auxquelles s’étaient adonnée cette femme originaire de Casablanca, en compagnie d’un couple également d’origine marocaine, rapporte le quotidien De Telegraaf. Afin de le «délivrer de son mal», l’enfant de neuf ans aurait été forcé à garder ses mains dans un four chaud et à s’enfoncer des cotons-tiges dans les oreilles, dont il garde aujourd’hui d’importantes séquelles auditives. Au cours de cette première audience, le procureur général a affirmé que «ces actes sont choquants» et dit «[n’avoir] pas de mots pour les décrire». L’accusée en a trouvé un : le «djinn» qui, dit-elle, possèderait son fils. Une théorie dont elle avait fait part dans une interview au journal Volkskrant l’année dernière.

Les faits remontent à 2016, lorsque les services de protection de l’enfance lui enlèvent la garde de son enfant. Avant cela, la mère avait confié au quotidien néerlandais que son fils avait «changé» et «[parlait] souvent de fantômes». D’après elle, il lui a confié «[qu’il voyait] un esprit en forme de grand-mère devant lui». Remarquant par ailleurs que son fils «mangeait moins et devenait agressif», sa mère commence alors à s’inquiéter.

Ruqya, maltraitances et agressions sexuelles

Elle se dirige dans un premier temps vers un hôpital, craignant que son fils souffre d’épilepsie. Elle dit avoir également refusé d’emmener son fils dans un hôpital psychiatrique, «craignant que le personnels médical emmène son enfant et l’enferme dans une institution», raconte-elle.

C’est ainsi qu’elle décide de se diriger vers un imam, qui finira par lui confirmer ses soupçons. Ce dernier lui conseille d’utiliser la ruqya, des versets spécifiques du Coran, et d’observer la réaction de son fils. «Il était hors de contrôle et a commencé à [me] frapper. Il y avait tellement de pouvoir dans ce petit homme», dit-elle.

En août 2016, la protection de l’enfance lui retire alors la garde de son fils et le place dans une famille d’accueil. La mère vient le voir une fois toutes les deux semaines. Un an plus tard, en mai 2017, le juge lui permet de retourner au sein du domicile familial, mais l’enfant confie à sa famille adoptive qu’il ne veut pas rentrer chez lui, précise Volkskrant.

La protection de la jeunesse contacte alors la police. Devant les policiers, l’enfant accuse sa mère d’agressions sexuelles. Il affirme qu’elle l’obligeait à se livrer à des actes sexuels avec elle. Pour sa défense, la mère a affirmé que «si un esprit prend possession de vous, alors vous pouvez devenir une personne très différente». Elle sera finalement arrêtée en octobre, avant d’être relâchée deux mois plus tard.

Actuellement, la mère a fait appel à des avocats d’origine marocaine qui, d’après elle, pourraient comprendre cette situation. Le ministère public réclame une peine de cinq ans de prison ferme et quatre ans pour le couple d’origine marocaine qui l’aurait aidé. Les prochaines audiences sont prévues le 20 mars prochain, selon Nieuws Blad.

Dans le même thème