L’intégration économique, une source de croissance inexploitée au Maghreb [Etude]

Si certains pays du Maghreb ont accompli des progrès substantiels sur le front des échanges, la région dans son ensemble reste l’une des moins intégrées du monde, indique cette semaine une étude du Fonds monétaire international (FMI).

Avec des échanges intrarégionaux représentant moins de 5% du total des échanges des pays qui le composent, soit un pourcentage nettement inférieur à celui observé dans tous les autres blocs commerciaux régionaux du monde, le Maghreb reste la région la moins intégrée.

Dans une étude rendue publique cette semaine, le Fonds monétaire international (FMI) a estimé que des raisons géopolitiques et des politiques économiques restrictives empêchent l’intégration régionale au Maghreb. Déplorant des politiques économiques, guidées par des considérations nationales, prêtant peu d’attention à la région, qui «ne sont pas coordonnées», le FMI a remis en cause «les restrictions aux échanges et aux mouvements de capitaux [qui] restent importantes et freinent l’intégration régionale pour le secteur privé».

L’étude, réalisée par une équipe de spécialistes, accorde une bonne partie aux arguments devant convaincre les pays de l’Union du Maghreb arabe à penser sérieusement aux mesures devant permettre l’intégration de leur région. «Une plus grande intégration entre les pays du Maghreb se justifie sur le plan économique», lit-on dans l’étude, qui affirme que cela «créerait un marché régional de près de 100 millions de personnes disposant chacune d’un revenu moyen d’environ 4 000 dollars en termes nominaux et d’environ 12 000 dollars en parité de pouvoir d’achat».

Réduire les obstacles à la croissance et augmenter l’emploi

L’intégration rendrait, toujours selon le FMI, la région «plus attrayante pour l’investissement direct étranger, réduirait les coûts des échanges intrarégionaux et des mouvements de capitaux et de main-d’œuvre, et améliorerait l’efficience de la répartition des ressources».

Le document évoque aussi une «résilience du Maghreb face aux chocs exogènes et à la volatilité des marchés», «un rôle important dans une stratégie visant à favoriser une plus forte croissance dans la région» ou encore une augmentation de la croissance d’un point de pourcentage en moyenne dans chacun des pays du Maghreb».

En cas d’intégration, le FMI prévoit notamment «un doublement des échanges intrarégionaux qui soutiendrait la croissance et augmenterait l’emploi». «Les pays du Maghreb devraient réduire les obstacles aux échanges et à l’investissement et relier leurs réseaux d’infrastructure [et] axer leurs efforts sur la libéralisation des échanges de biens et de services et celle des marchés financiers et des marchés du travail», note l’étude.

Celle-ci recommande enfin, pour accélérer la transition de la coopération à l’intégration, que les gouvernements des cinq pays fixent des objectifs d’action «communs». Est ainsi évoquée la «création d’emplois grâce à une plus forte croissance», l’ouverture du modèle économique de chaque pays» ou encore la «négociation d’un nouvel accord d’intégration régionale».

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