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Violentes émeutes estudiantines à Marrakech

La cité universitaire de Marrakech renoue avec les tensions et pour de bon. Mercredi 14 mai 2008, en début d'après-midi, les étudiants pensionnaires de cet établissement projetaient d'organiser une marche vers la présidence de l'Université Cadi Ayyad pour soumettre une série de revendications.

Entre 15 et 17 heures, indique une source sur place, les forces de l'ordre, rameutées en nombre, ont essayé de contenir les étudiants pour empêcher ladite marche. «Cela a dégénéré quand les étudiants ont commencé à jeter des pierres aux forces de l'ordre», affirme une source sur place. Les éléments de police et des forces auxiliaires, évalués à quelque 1.000 personnes, ont alors fini par donner l'assaut. Une intervention d'une rare violence, selon une source estudiantine, où les policiers n'ont pas lésiné sur les moyens : matraques, mais surtout bombes lacrymogènes et balles caoutchoutées. Plusieurs étudiantes, évanouies, ont été transférées à l'hôpital. La police a fini par réunir quelque 800 étudiants pour «faire le tri». Et acheminer une centaine d'étudiants dans les locaux de la police judiciaire où ils seront longuement interrogés. En fin de compte, les étudiants ont été libérés pour la plupart tard dans la nuit. A l'exception, affirme une source informée, de sept étudiants qui seront déférés devant le Parquet, dont un des meneurs, un étudiant originaire de Kelâat Sraghna.

Selon des sources sécuritaires, des étudiants cagoules ont également jeté des cocktails Molotov sur les éléments des forces de l'ordre et auraient même prévu le recours à des bonbonnes de gaz piégées. Selon les mêmes sources, il aurait même été question de drapeau national brûlé. Pour les dégâts humains, on déplore plusieurs blessés dans les rangs des étudiants. Alors que des sources estudiantines parlent d'un étudiant sérieusement blessé et dont la vie serait en danger. Selon les mêmes sources, ce dernier aurait été «balancé» du toit du troisième étage par des éléments des forces de l'ordre. Des dégâts, il y en a eu beaucoup, précisent nos sources. A commencer par la cité universitaire, dont les équipements avaient été saccagés par les étudiants et l'intervention des forces de l'ordre. En plus de quelques commerces avoisinants et surtout d'un café qui a été sérieusement endommagé. C'est que, explique une source sécuritaire, de jeunes habitants des quartiers avoisinants s'étaient joints aux étudiants pour attiser les affrontements.

Des sources sécuritaires affirment également que l'intervention des forces de l'ordre visait essentiellement la protection des riverains de tout acte de sabotage, mais aussi et surtout éviter que se reproduisent des événements similaires à ceux de l'«Intifada» du 25 avril dernier. Que revendiquent les étudiants de Marrakech ? Rien de bien extraordinaire, en fait. Juste l'amélioration de leurs conditions de vie dans la cité universitaire, desserrer l'étau policier imposé à cette dernière, la réintégration des étudiants qui ont été expulsés et la démission du doyen de la faculté de droit D'ailleurs, le président de l'Université a prévu une conférence de presse, vers la fin de l'après-midi de jeudi, pour se prononcer sur ces événements au moment où les étudiants ont fui la cité universitaire, devenue déserte depuis.

Mohammed Boudarham
Source: Le Soir Echos

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