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Vivendi à la conquête du marché africain via Maroc Télécom ?

« Les champions français du mobile font aussi la course en Afrique », c'est ainsi que compare le quotidien économique français « Les Échos » dans son numéro du jour, la manœuvre que Vivendi Universal souhaite faire sur le continent noir. En effet, le groupe de télécoms et de médias, envisagerait de racheter les activités africaines du koweïtien Zain.

La rumeur de cette acquisition circule depuis la semaine dernière. Le journal nigérian des affaires, « Business Day » avait rapporté que des négociations seraient en cours entre Vivendi et Zain. En cas de succès, l'opération pourrait atteindre 10 milliards de dollars selon Les Échos. Elle confèrerait une position confortable en Afrique au groupe de Jean-Bernard Lévy, car après avoir racheté en 2005 la compagnie néerlandaise Celtel puis rebaptisé Zain en 2007, l'ex-MTC Group, compte désormais plus de 40 millions de clients, dans 16 pays du continent sur un total de près de 65 millions de clients.

Contacté vendredi par Les Échos, un porte-parole de Vivendi a répondu : « Si des dossiers circulent, nous les regarderons mais rien n'est imminent ». Deux scénarios auraient circulé: la première consiste en une fusion entre Vivendi et Zain par échange de titres, une opération jugée « lourde et risquée financièrement » pour la maison mère de Canal+. La deuxième option, la plus crédible aux yeux de la plupart des observateurs, serait l'acquisition par Maroc Télécom, filiale à 53% de Vivendi, des actifs de Zain sur le continent. Dans cette situation, Itissalat Al Maghrib pourrait être présent dans deux opérateurs différents dans un même pays: Burkina Faso et le Gabon, où Celtel était actif sur le marché. Une fusion ou une acquisition donnera naissance à un géant du mobile avec un total de 105 millions d'abonnés, sachant que Vivendi en compte 40 millions, répartis entre SFR (détenu à 56 % par Vivendi et 44% par Vodafone) et Maroc Télécom. Mais la dette nette de Vivendi évaluée par Standard & Poor's, à la fin 2008 était de 8,3 milliards d'euros et son cours qui a chuté au CAC 40 de 25 % depuis le 1er janvier, sont des obstacles majeurs qui peuvent décourager un recours à l'endettement pour financer une telle acquisition.

Hormis les difficultés financières du français, d'autres obstacles pourraient empêcher une future opération. « Les koweïtiens pèsent lourd en Afrique depuis le rachat de Celtel en 2005 pour 3,4 milliards de dollars, mais leur croissance s'est faite en cassant les prix du mobile au détriment de la marge. Et ils ont des problèmes avec les autorités politiques dans certains pays », déclare aux Échos, un dirigeant d'un autre opérateur très présent sur le continent noir. La dette du koweïtien, 5,4 milliards de dollars est surtout portée par ses branches africaines. Enfin dans certains pays comme Madagascar, où il est présent, la facture mensuelle ne dépasse guère à 8 dollars.

France Telecom via Orange, est actuellement le premier opérateur mobile en Afrique avec 45 millions d'abonnés dans 15 pays. Vivendi est également présent sur le continent via Maroc Telecom. Il compte 20 millions de clients dans quatre pays (Maroc, Mauritanie, Burkina-Faso, Gabon).

Ibrahima Koné
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