Ouarzazate: 1er Centre euroméditerranéen de formation cinéma...
Ouarzazate, ville de cinéma de prédilection accueillera incessamment le premier Centre Euroméditerranéen de formation cinématographique. Un nouveau projet cinématographique de grande envergure qui renforcera non seulement la valeur artistique de la ville, mais formera également des potentialités humaines, dont la mission sera le rehaussement du niveau technique des productions cinématographiques.
Depuis de longues années, on ne cesse de ressasser le besoin de notre pays de le doter de talents humains, un astucieux savoir-faire technique qui pourrait relancer artistiquement notre production qui ne veut plus se contenter d'accueillir que des tournages importants, mais il compte mettre la main à la pâte, en devenant à son tour une force de proposition.
Certes, sur le plan naturel, nous sommes gâtés. La preuve en est les superproductions internationales qui arrivent au Maroc à la recherche de paysages uniques et naturels, et n'en quittent le pays que bien servis. Que ce soit des films historiques ou d'actions, les plans s'adaptent à toutes les époques et à toutes les circonstances. Une véritable aubaine pour les réalisateurs qui ne sont pas obligés de se farcir de longues heures d'avion à la recherche des repérages qui concrétiseraient fidèlement les idées de leurs scénarii. Le Maroc, à cinq heures de l'Amérique et à 1 heure de l'Europe, leur offre des richesses naturelles exceptionnelles.
La lacune demeure toutefois le manque des cadres qui oeuvrent dans les coulisses, et dans la touche tant sur le plan initiatique que créatif est immensément stratégique pour la réussite d'un produit cinématographique. Ce n'est pas un hasard que les plus grands réalisateurs arabes et étrangers sollicitent constamment la dextérité d'une frange spécifique d'un staff technique.
En dehors de l'aspect conceptuel, la qualité du scénarii, la prestation des acteurs, le professionnalisme du réalisateur, ce sont les personnes qui travaillent dans l'ombre, en tant qu'ingénieur du son (mixeur et bruiteur), spécialisé dans la photo (directeur de la photo, cadreur), décorateurs, maquilleurs, cameramen ou régisseurs qui font toute la différence et c'est à eux que revient la responsabilité de la réussite du film sur le plan technique.
Pour propulseur les métiers du septième art dans notre pays, une grande décision a été prise le vendredi dernier à Rome, où le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement, M. Nabil Benabdallah et le président de la région Latium M. Francesco Storace ont procédé à la signature d'un accord singulier pour la création du premier Centre Euroméditerranéen de formation cinématographique à Ouarzazate.
Ce partenariat est édifiant sur tous les plans, car tous les aspects techniques et thématiques ont été profondément réfléchis. Célèbre pour un passé glorieux d'un cinéma de grande qualité, la région de Lazio et les studios Cineccita de Rome vont collaborer à cette grande aventure et dépêcheront six professeurs Italiens qui auront la responsabilité de la mission pédagogique.
La tâche ne sera pas mince, et le projet stipule la formation durant deux ans de 30 étudiants qui seront préalablement sélectionné par un jury.
Lors de la conférence tenue le vendredi soir dans un palace de la ville, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, M. Nabil Benabdallah a évoqué le rôle du cinéma en tant que facteur fondamental pour le rapprochement entre les peuples et a souligné que le projet de la création du centre de formation cinématographique à Ouarzazate «devrait servir de modèle à la coopération régionale et à la politique de décentralisation entre les pays européens et les pays du sud de la Méditerranée».
Autre élément qu'il faut absolument mettre en exergue est le fait que c'est la première fois qu'une région Italienne contribue à un projet de cette nature. Dans ce sens, M. Francesco Storace a expliqué que ce partenariat permettra de «renforcer les rapports de coopération entre le Maroc et le Latium dans plusieurs domaines, notamment dans celui de l'audiovisuel dont la région est connue par la maîtrise de ses ficelles».
Côté marocain, soulignons que le projet sera conduit par la société «Dagham Film» qui possède plusieurs studios dans la rég0ion de Ouarzazate. Elle fournira aux étudiants toutes les facilités et mettra à leur disposition ses bâtiments et son matériel.
Mieux, les étudiants seront entièrement pris en charge par «Dagham Film» et recevront une bourse mensuelle tout le long de leur formation. Le CCM, quant à lui, il ne compte pas s'absenter de cette grande entreprise, et accorda sans hésitation au projet son soutien moral.
Zineb El Ouardighi
Source : Le Matin
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