Big-Bank: La BCM rachète le groupe Kettani (Wafabank)
Big-bang dans le monde des affaires: La BCM rachète le groupe Kettani
La nouvelle donne le tournis et a fait l'effet d'une bombe, hier lundi dans les salles de marché. La BCM vient de conclure un accord de principe avec la famille Kettani pour le rachat de son holding O.G.M. Ce holding familial regroupe toutes les participations dans la finance et l'industrie. O.G.M détient près de 51,44% dans Wafa Assurances, qui elle-même contrôle directement et indirectement environ 40% de Wafabank. Le holding détient également différentes unités de textile, comme Tex Nord et Manatex.
La cotation des valeurs Wafabank, BCM et Wafa Assurances a été suspendue hier dans la matinée. Tout le monde se demandait ce que faisaient les trois groupes. La BCM s'offre le groupe Kettani, assure l'un des initiateurs de l'opération. Khalid Oudghiri l'a laissé entendre dans l'interview qu'il a accordée récemment à L'Economiste (voir www.leconomiste.com). Son groupe contrôlera ainsi Wafa Assurances et Wafabank. Il pourra lancer une offre publique de rachat sur cette dernière pour verrouiller le capital. Cette éventualité pourrait s'appliquer aux 10% que détient Banco Bilbao, banque espagnole concurrente de la Santander, qui a une participation dans BCM. Des opérateurs de marché pensent que BCM cherchera à sécuriser son placement en rachetant les 15% du Crédit Agricole dans Wafabank. Cette opération est néanmoins moins probable, car la coopération entre Crédit Agricole et Wafabank est très forte.
Dans l'opération, BCM gagne une compagnie d'assurances très dynamique sur certains marchés, comme l'automobile (qui va être désencadré).
Depuis quelques années déjà, la fusion potentielle la plus en vue restait celle de Wafabank et du CDM, d'autant plus que les banques françaises actionnaires, respectivement Crédit Agricole Indosuez et Crédit Lyonnais, ont pour leur part franchi le rubicon et effectivement fusionné. Au regard des informations de marché disponibles, la décision de gestion qui consisterait à rapprocher les deux acteurs BCM et Wafabank en un seul et même pôle bancaire, le propulserait au rang de première banque par la taille de bilan et le produit net bancaire (PNB) dans le paysage bancaire marocain, avec respectivement près de 95,84 et 4,75 milliards de DH. La taille de bilan et le PNB du Groupe Banques Populaires sont à un niveau de 88,41 et 4,29 milliards de DH.
La taille est sans doute un avantage comparatif, surtout pour les banques universelles qui n'ont pas de stratégie de niche et qui entendent exploiter au maximum les rendements du crédit aux opérateurs économiques. Aussi, un tel rapprochement est d'importance aux yeux des différentes parties prenantes que sont les actionnaires, les investisseurs, les déposants et les débiteurs, voire les pouvoirs publics eux-mêmes. Cela dit, les réserves d'usage sont de mise, tant les variables qui entrent en jeu dans la réussite d'une opération de fusion ou d'acquisition sont nombreuses et en interaction complexe, notamment le caractère impondérable des degrés de compatibilité entre leaders charismatiques au plus haut niveau de décision.
Cette opération, qui a pris de court toute la communauté bancaire de la place, accouchera d'une institution extrêmement massive, sans doute une des cinq plus grandes d'Afrique du Nord, et d'un acteur significatif du monde arabe.
Nadia SALAH & Bouchaïb EL YAFI
Source : L'Economiste
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