Belgique: Le président de l'EMIM pointé du doigt

le 09/11/2003

Lettre ouverte au Président de l’EMIM et aux membres de son CA, de son AG, et à toute personne qui de près ou de loin est liée à la commémoration des 40 ans de l’immigration marocaine en Belgique.

L’EMIM est en dissolution. Voilà pour la forme polie. Son président nous fout à la porte, voilà pour la forme réelle. L’EMIM a été, jusqu'à ce jour et à mon plus grand regret, l’Espace Mémorial de L’imbécillité marocaine ou encore de l’Inconscience et de l’Immaturité. Mais pourquoi ? Sur le plan sociologique et historique, ce n’est un secret pour personne. Le pays d’origine n’a aucune culture démocratique. 40 ans après, il semble que nous n’ayons pas encore tous réussi à passer du stade l’immigration à celui de la citoyenneté. Enfin, une citoyenneté responsable.

Mais venons-en aux faits. Le CA de l’asbl « était » composé de personnes compétentes sur le plan intellectuel, chaleureuses sur le plan humain, totalement dépourvues de soif de pouvoir, d’une probité exemplaire, professionnelles et méticuleuses dans leurs actions ! Et c’est là, sans aucun doute, que le bât blesse... Car pendant plusieurs mois, le CA demande de la transparence à tous les niveaux du projet, dans les comptes de l’EMIM, dans ses partenariats et ses objectifs. Mais en vain ! Toute tentative se transforme en lettre morte (cf. procès verbaux d’AG). Et pourtant, toute l’équipe du CA n’a cessé durant cette dernière année d’éclairer les zones d’ombre (généralement propres aux milieux associatifs), véritablement ancrées dans la personne d’un président incompétent et peut-être manipulé. Au point que l’ombre se transforme en un aveuglement entêté et antidémocratique. Le président, faisant non seulement de la rétention d’information, bloquant délibérément le bon fonctionnement des opérations, et laissant ainsi, avant qu’il ne passe finalement aux aveux, la porte ouverte à toutes les supputations possibles et « inimaginables ». D’un côté, il exige clairement que la structure de l’EMIM soit démocratique, de l’autre, il refuse d’en appliquer les règles fondamentales : refus de modifications de statut, refus de donner les comptes au trésorier, mensonges répétés, refus d’ouvrir le projet à l’ensemble de la communauté marocaine, etc... La liste est malheureusement trop longue ! En gros, faites ce que je dis mais pas ce que je fais. Nous avions pourtant applaudi et soutenu tous les efforts qu’il a accomplis depuis 3 ans en tant qu’initiateur du projet (ce que personne ne lui conteste). Mais ne me demandez pas d’applaudir des vertus et des qualités qu’il n’a pas. Indéniablement et presque inexorablement, le manque de formation et de connaissances du président, dans l’exercice d’une fonction qui le dépasse, phagocyte le projet de l’intérieur. Cette situation inacceptable me pousse donc à réagir ouvertement (critiquant bien sûr la fonction et non l’homme). A cause d’un étrange mélange d’affect mal géré, d’égocentrisme et d’irresponsabilité, c’est aujourd’hui une partie de la mémoire de l’immigration marocaine qui est éclaboussée. Pendant plusieurs mois, nous avons subi la politique du plâtre sur la jambe de bois.

Jusqu’à ce que, poussé dans ses retranchements et ses contradictions, le président finisse par élaborer un chantage insidieux, menaçant ouvertement de démissionner si certains des membres du CA ne le faisaient pas avant lui, alors qu’en particulier il assure qu’il ne démissionnera jamais ! Bref, un jeu futile et stupide où tout et son contraire se mêlent sournoisement et qui va exactement à l’encontre du projet qui est censé nous unir !

Ne pouvant plus accepter cette situation ubuesque qui nuit au projet et l’empêche d’atteindre son véritable but : la commémoration digne et respectueuse du 40ème anniversaire de l’immigration marocaine, c’est en homme libre que je démissionne du CA et de l’AG de l’EMIM, certes déçu, mais l’esprit à l’abri, les yeux et le cœur grand ouverts…

Je souhaite sincèrement longue vie à l’EMIM et à ceux qui contribuent en toute honnêteté à se battre pour le respect et la mémoire de nos mères et de nos pères.

Source : Communiqué de presse - Sam Touzani

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