Belgique-Chronique de Sarie Abdeslam: L'integrationnisme (suite)

le 23/02/2003

Les chercheurs chanceux

C'est une logique idiote qui n'a aucun fondement scientifique. En tout cas, la Belgique n'a jamais manqué d'illuminés professeurs qui ont fait des découvertes sensationnelles dans le domaine de l'immigration. Comme s'ils allaient sauver l'humanité de je ne sais quelle catastrophe naturelle qui risquerait d'anéantir la planète ! Certains chercheurs ont découvert sans l'aide de personne que les immigrés étaient fragmentés, d'autres ont découvert dans leur laboratoire très universitaire qu'ils étaient transplantés, d'autres ont découvert par hasard qu'ils étaient non intégrés et enfin, les chercheurs ethnocentriques ont trouvé en prenant toute la distance nécessaire pour mieux les voir que les immigrés formaient des minorités ethniques.

En tout cas, dans l'histoire de l'immigration contemporaine nous avons été gâtés, le vocabulaire qui nous a été destiné n'a jamais cessé de s'enrichir, immigré, migrant, étranger, allochtone, travailleur d'origine étrangère, travailleur migrant, seconde génération, gastarbeider, non-européen, extra-européen, arabe, musulman, marocain, nord-africain, berbère, africain, basané, type méditerranéen, type oriental et j'en passe. Aujourd'hui, l'évolution historique de la mode intégrationniste veut que c'est le mot ethnicité qui fasse le meilleur score.

A chaque découverte de ces chercheurs du dimanche comme par hasard le groupe des jeunes marocains est le plus ciblé et, comme par hasard ils découvrent qu'avec le temps ces jeunes issus de l'immigration s'éloignent de plus en plus de la société belge et peuvent porter atteinte à la sécurité nationales et aux valeurs ancestrales de notre société permissive.

Les jeunes marocains, montrés d'un doigt accusateur, ne sont pas un danger, ce sont eux qui sont en danger. Ils sont en réalité la proie à toutes les atteintes aux droits de l'homme, le racisme les exacerbe, la discrimination les irrite, l’indifférence des autorités les exaspère. L’humiliation quotidienne devant les guichets, les contrôles répétitifs des policiers, les vexations insupportables à l’école, les révolte. Rien à faire, comme Bush les integrationnistes sont bouchés et continuent leur campagne en faisant abstraction aux cris d'alarme des jeunes issus de l'immigration qui font désormais partie intégrante de la société belge.

Les machines à intégrer

C'est pour cela qu'en Flandre en avance sur la Wallonie on a créé des "Centres Locaux d'Intégration", des "Centres Régionaux d'Intégration" et un Centre Nationale pour tout coordonner. Ce sont des petites usines chargées de faire passer les immigrés arabes et turcs dans des machins machines pour les rendre intégrables et malléables à merci. Les déchets sont des intégristes. En Wallonie l'integrationnisme n'est pas encore d'actualité, à la fin du 20ème siècle on commence à peine à créer des "Centre d'accueil", beaucoup moins honéreux.

Mais ces machins machines coûtent cher, très cher, les machines outils exigent des investissements énormes. Les besoins sont grands, heureusement la matière première est abondante et de très bon marché, surtout elle est peu exigeante. Tant mieux, il faut de l'argent frais. Alors, les gouvernements belges se solidarisent et débloquent des millions de francs belges pour investir dans l'industrie intégrationniste, industrie de l'avenir. Pour démarrer on a créé deux fonds spéciaux, le VFIA et le VFIK.

Très vite on a mis plusieurs projets en route, c'est la lutte totale pour la solution finale. Avec le temps les chantiers se sont multipliés comme des champignons, il n'y a plus de tâches blanches. Très vite les fonds débloqués ne suffisent plus, on a besoin de nouveaux fonds, on n'a pas prévu des dépenses imprévues. Une chose est sûre, la machine ne doit pas s'arrêter ce sera une catastrophe nationale voir internationale.

Les chercheurs, les politiciens, les loteristes, les techniciens, les universitaires ne dorment plus, ils cherchent de nouvelles possibilités. Et, enfin on trouve la solution, comme toujours d'ailleurs. Un génie a trouvé la solution géniale, la loterie nationale est là, vive la loterie nationale. Ouf ! Tout le monde est sauvé. Le fonds d'impulsion est né. La machine peut continuer à tourner, elle a été sauvée de justesse. C'est la Baraka d'Allah qui est avec nous m'a dit un integrationniste convaincu.

L'intégration est devenue un créneau intéressant qui attire du capital. Malheureusement Pablo Escobar n'est plus parmi nous, sinon il aurait sans aucun doute apporté sa contribution dans cette industrie florissante. Actuellement des chercheurs sont en train de réfléchir secrètement dans des ateliers secrets de Borgerhout sur des transactions futures. L'Alliance Atlantique et la NASA sont intéressés. Mais la fierté nationale empêche de laisser entrer des fonds étrangers. Il ne faut pas que des investisseurs étrangers contrôlent notre industrie nationale intégrationniste. C'est une affaire belge, elle doit rester entre les mains des belges et à aucun moment les étrangers ne doivent pas profiter des nos inventions et de nos richesses. Il faut surtout et d'abord sauvegarder la souveraineté nationale et défendre notre intérêt par tous les moyens. (à suivre)

Sarie Abdeslam
(Le texte est basé sur de la fiction-migration)

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