Les tombes de 50 opposants à Hassan II retrouvées dans le sud
MAROC - 9 octobre 2005 - AFP

Cinquante tombes d'opposants marocains au roi Hassan II décédés dans des centres secrets de détention dans les années 1970-1990, ont été retrouvées par l'Instance équité et réconciliation (IER) dans le sud du pays, a indiqué un membre de l'IER.

"Il s'agit de tombes dans des cimetières publics, mais les victimes ont été enterrées en secret dans des zones un peu à l'écart", a précisé Salah El Ouadiâ, membre de l'IER.

Les victimes sont décédées dans les années 1970, 1980 et au début des années 1990 dans les centres de détention "non officiels" de Tagounit, d'Agdz et de Kalaât Mgouna (sud-est), indique un communiqué de l'IER - instance créée en 2003 par le roi Mohammed VI, fils du roi Hassan II.

Plusieurs mois d'investigations et de nombreuses visites sur les lieux ont été nécessaires pour découvrir ces "madafin" (sépultures), indique un communiqué de l'IER qui a publié les noms des 50 victimes de "la disparition forcée". Des membres de l'Instance équité et réconciliation ont été chargés de rendre visite aux familles concernées pour les informer des résultats des investigations. Ces dernières auront "la possibilité de se rendre sur les lieux d'inhumation quand elles le désirent", souligne l'IER.

"Les familles doivent être les premières à être informées", insiste M. El Ouadiâ, ajoutant que les ONG des droits de l'Homme allaient également être saisies des résultats des enquêtes. "Maintenant, on peut mettre un nom sur chaque tombe, ce qui est très important pour les familles", a-t-il dit. "Les investigations sur les anciennes victimes de la disparition forcée vont continuer", affirme M. El Ouadiâ.

Ces familles sont établies dans des localités du sud marocain et du Moyen-Atlas, comme à El Ayoun et Smara, principales villes du Sahara occidental. Les dates des décès ont été déterminées sur la base de documents des autorités centrales ou régionales ainsi que sur des témoignages que l'IER a pu recueillir. Le Maroc comptait de nombreux centres secrets de détention et de torture où les opposants politiques passaient des années, parfois plus d'une décennie sans procès.

Source: [www.jeuneafrique.com]
 
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