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Un témoignage ancien
Ma petite aventure avec l'Union des Etudiants Juifs de France :


Salut à tous,

Je vous envoie un texte qui résume ma petite aventure de mercredi dernier . Je compte le donner au MRAP . Je précise qu' il ne faut pas du tout se décourager : la journée de
jeudi dernier a été une vraie réussite, bien relayée par les média . A bientôt ..
Le mercredi 13 mars 2002, j' ai subi des menaces et des mesures d' intimidation à l' université de Paris II Panthéon Assas .
En effet, en vue d' un rassemblement organisé le 14 mars, Place de la Sorbonne en réaction à une conférence tenue par M. Elie Barnavi dans les locaux du Panthéon, le Collectif d' information contre la logique de guerre de Paris I avait publié un tract expliquant les objectifs de la manifestation .
J' avais renoncé à tracter seule à Assas en raison de la réputation de cette faculté .
J' ai simplement imprimé ce tract en cinq exemplaires afin de le distrbuer à mes amis les plus proches .
En attendant mon TD de droit des affiaires, j' ai remis deux exemplaires du tract à deux amis, Hélène et Richard .
Une discussion sur la Palestine s' est alors engagée . D' autres personnes se sont jointes à la conversation .
Un étudiant s' est violemment énervé, m' accusant de vouloir boycotter la conférence de M. Barnavi .
Je lui ai proposé de lire le texte . Il a refusé et s' est muré dans son silence .
Trois autres étudiantes étaient très mécontentes : l' une d' elle à pris le texte, sans le lire .
Le TD a ensuite eu lieu normalement, excepté les quelques regards furibonds lorsque le chargé de TD a cité mon nom lors de l' appel .La situation s' est en revanche dégradée lors du cours suivant .
Il s' agissait d' un cours de droit de la famille, en amphithéâtre, devant environ mille personnes .
A peine assise, une fille assise derrière moi me tape sur l' épaule : elle m' informe que je peux être renvoyée de la faculté car il est interdit de tenir des propos politiques dans ses murs .
Elle me traite d'
antisémite : son argument est que l' antisionisme est antisémite par nature ( slogan attribué à Martin Luther King par l' Union des Etudiants Juifs de France ; l' affiche de l' UEJF trône dans le hall d' Assas ) .
Le cours étant sur le point de commencer, je lui demande de bien vouloir attendre la fin du cours pour que nous discutions .
Le cours commence alors . Une étudiante surexcitée se précipite alors dans la rangée où je suis assise et vocifère en plein cours : ce texte est inacceptable, je mérite d' être exclue d' Assas .
Elle est très violente et je la sens prête à me frapper .
Je lui demande de se calmer et d' attendre la fin du cours pour que nous nous expliquions .
Des étudiants autour de moi à qui j' explique la situation me témoignent leur soutien .
L' étudiante juive assise derrière moi me dit de ne plus exprimer mon opinion , " l' UEJF risquant de me causer quelques soucis " .

A la sortie de l' amphithéâtre, une vingtaine d' étudiants m' attendent : ils sont juifs, trois d' entre eux ont la nationalité israëlienne .
Seules tois amies sont restées avec moi . Deux d' entre elles, Flora et Hélène, sont rapidement entourées d' un groupe de cinq filles .
Elles discutent relativement calmement . En revanche, ma meilleure amie, Flor, doit supporter le discours ultraviolent et raciste d' un étudiant juif .
Il commence par la traiter de catholique intégriste . Elle lui répond qu' elle n' est pas catholique . Il contrattaque en lui affirmant qu' elle est baptisée et que cela revient donc strictement au même !
Or Flor n' est pas baptisée ! Complétement enfermé dans son raisonnement, l' étudiant juif lui rétorque que peu importe, il rira bien lorsqu' il verra sa tête après l' attentat qu' il commettra en posant
des bombes devant nos Eglises !
Il affirme pêle-mêle que la politique d' Ariel Sharon est juste et mesurée : dans la mesure où il dispose d' une armée hyperpuissante, il pourrait faire bien pire que la politique qu' il mène actuellement s' il était réellement le monstre que nous décrivons ; il espère bien que les " arabes " vont être rayés de la carte ; ce ne sont que des fous assoiffés de sang ; ils ont été les premiers à attaquer .
L' ambiance est très tendue : Flor est très mécontente de s' être faite traiter d' intégriste et semble particulièrement énervée .

Pour ma part, je décide d' adopter la position opposée : il est clair que je suis directement en ligne de mire . Plusieurs personnes veulent savoir mon nom, je parviens à détourner leurs questions . Je suis obligée de me taire et de subir leur discours : on m' explique tout d' abord que je me mêle de ce qui ne me regarde pas, que seuls les juifs et les israeliens ont le droit d' avoir un avis sur la question .
Je ne connais prétendument rien à la question car je n' ai même pas vu les cassettes vidéos qui se vendent paraît-il dans le commerce où l' on voit ( si j' ai bien tout compris ) des israeliens morts dans des
attentats terroristes .
Je crois que les israeliens sont violents, mais pas du tout !
L' entraînement qu' ils suivent n' est qu' un sport équivalent au karaté !
Et quoiqu' il en soit, la presse que je lis est la presse française, presse pro-palestinienne et antisémite par excellence
Une étudiante israelienne m' affirme qu' elle détient LA vérité et que tout ce que je pourrais dire ne constituerait qu' un tissu de mensonges .
Or cette même étudiante venait de m' expliquer que, lors d' une conférence organisée le 19 février à la Sorbonne, le collectif auquel j' appartiens et auteur du tract avait interdit l' entrée aux juifs, exception faite
des filles à condition qu' elles portent un voile !!!!
Elle a également prétendu que " les pro-palestiniens ont frappé des juifs à la sortie de la conférence " .
Ce qu' ignore cette étudiante, c' est que j' ai participé à cette conférence .
Et LA vérité, c' est que nous avons laissé des juifs entrer, qu' ils ont saboté le débat, et qu' un membre du collectif a été tabassé par le Bétar .
Tout ceci, je n' ai pas pu le dire à mes " interlocuteurs " : ils étaient bien trop virulents et refusaient que je m' exprime .
La confrontation a duré 30 minutes . L' étudiante qui m' avait violemment apostrophée en plein cours s' est approchée de moi à la fin : elle m' a dit que nous étions quittes pour cette fois, mais qu' elle
m' aurait cassé la figure si j' avais osé parler et contester ce qui m' a été dit .
Elle m' a dit que le collectif allait entendre parler d' eux .
Elle considère que le problème est réglé pour cette fois mais que je n' ai pas intérêt à faire parler de moi de nouveau .
Une autre fille m' a également dit que " l' incident est clos mais . " la fin de la phrase est restée en suspens .
Cette journée a été très instructive . Je suis réellement inquiète car je suis loin d ' être persuadée que l' incident soit clos .
L' influence du Bétar et de l' UEJF est flagrante . Ces individus violents parviennent à leurs fins sans difficultés : il est évident que je ne peux plus m' exprimer librement dans ma propre fac .
Cette situation est véritablement incongrue : on nous enseigne le droit des libertés fondamentales ; liberté de conscience et droit à la sûreté occupent une dizaine d' heures de cours . et ces
droits sont sciemment violés dans l' enceinte même où ils sont enseignés .
 
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