les soldats marocain á Tindouf!!!! La prison : Humiliations et travaux forcés


La prison : Humiliations et travaux forcés
Publié le : mercredi 17 septembre 2003.

Etre capturé par l′ennemi est un risque du métier. Pas chez les Forces armées royales. Pendant plus de 20 ans, des centaines de soldats marocains emprisonnés à Tindouf ont été soumis aux tortures, humiliations et travaux forcés, sans que le royaume lève le petit doigt pour les aider, ne fût-ce qu′en appelant au respect des conventions internationales. Puis le Polisario a commencé à les relâcher, par vagues de 100 à 300. Un temps, le Maroc n′a pas voulu d′eux. Puis il les a accueillis, comme à regret - froidement et sans égards.



Ils ont passé 10, 15, 20 ans et plus entre les camps de Tindouf et les prisons algériennes. Pendant plus d’un quart de siècle, ils ont été frappés, torturés, séquestrés et parfois violés sans que personne, le Maroc en tête, ne bouge le petit doigt. Difficilement, ils racontent leur calvaire, nous parlent de leurs années de détention et de leurs conditions de vie. Poignant.

"Un jour, on nous a servi deux olives pour 16 personnes" Dès notre arrivée, on a commencé par nous taper dessus avec des gourdins et des câbles électriques sans raison particulière, sinon celle - c’est ce qu’on nous répétait - qu’on avait voulu leur prendre leurs terres. (Ahmed nous montre sa jambe) Lors de ma première semaine de détention, un militaire algérien m’a donné un violent coup de pied au genou, je ne pouvais plus tenir debout, ce sont d’ailleurs mes frères (soldats marocains) qui me l’ont remis en place. Quelques jours après, on est venu nous chercher pour nous présenter à des journalistes libyens, algériens et européens. On m’a demandé de dire du mal de mon pays et du roi, chose que j’ai toujours refusée et qui m’a valu les pires tortures. Une semaine après, alors que je me tenais à peine debout, j’ai été forcé de commencer le travail, qui allait durer plus de vingt ans sans arrêt. Durant les premiers mois, je devais livrer 100 briques par jour. Je boîtais, mais je devais tout faire. Chercher la terre, l’eau, préparer la pâte, le moule, faire sécher. On ne devait pas regarder autour de nous. Dès que mon regard croisait celui d’un de nos gardes, il me lançait âlach tkhrrass fia ? (qu’est ce que tu as à me regarder ?) avant de s’acharner sur moi.Cela pouvait me prendre toute la journée et une grande partie de la nuit. D’ailleurs, on ne dormait pas plus de trois ou quatre heures par jour, juste le temps de la rotation des gardes. Dans les prisons algériennes, c’était différent. Soit on nous servait un petit plat de pâtes sans viande et un pain rond par jour, soit on recevait notre ration alimentaire mensuelle que nous gérions tout seuls. En tout, un kilo de riz, autant de lentilles, du sucre, et un demi-litre d’huile par mois. Un jour, et vous pourrez demander à mes frères, qui étaient avec moi, on nous a servi deux olives pour 16 prisonniers. On les a partagées entre nous pour le souvenir. J’étais interdit de prière et roué de coups à chaque fois que je prononçais Maliki yaoumi d’dine. C’est simple, le mot malik (roi) était interdit. On devait donc être très vigilants, et éviter tous les mots comme hab l’mlouk (cerises), etc.

mes côtes étaient coincées contre le mur, mes jambes fléchies et la tête écrasée par le plafond" La bataille de juillet 1985 a duré plus de quatre heures. A la fin, nous n’avions plus de munitions et beaucoup de nos soldats avaient été tués. J’ai d’abord été transféré à Zouirat, en Mauritanie, puis à Tindouf. Partout où j’allais, je faisais facilement la différence entre les militaires algériens et sahraouis grâce au teint, plus clair des Algériens, et à l’intonation du langage. En 1986, j’ai fait une tentative d’évasion qui a failli aboutir. Nous étions trois détenus à avoir, petit à petit et sur trois mois, creusé dans le mur. Nous avons ensuite attendu près de trois semaines pour nous évader au moment du changement des gardes. A trois heures du matin, nous étions dehors, puis nous avons marché plus de 24 heures pour arriver dans une région montagneuse où ils ne pouvaient plus suivre nos traces sur le sable. Nous étions en Algérie. Quelques heures après, j’étais intercepté par une patrouille algérienne et mis en prison. Deux jours plus tard, "Bizat" (c’est ainsi que les Marocains surnommaient le Polisario) sont venus me chercher. Arrivés à Tindouf, ils ont rassemblé tous les prisonniers marocains du camp (près de 300 personnes) pour leur expliquer que toute tentative d’évasion était vaine avant de leur ordonner - et ce n’était que le premier supplice - de me marcher dessus un à un. Certains m’évitaient, bien évidemment, mais beaucoup l’ont fait de peur des représailles. Après six mois de bastonnade, j’ai été mis en cellule. En fait, la cellule a la taille d’une chaise, elle fait moins de 1,50 m en hauteur pour à peine une cinquantaine de centimètres en largeur. J’avais l’impression d’être enfermé dans un verre, je ne pouvais pas bouger, mes côtes étaient coincées contre le mur, mes jambes fléchies et la tête constamment écrasée par le plafond. A ma sortie de cellule, je marchais à quatre pattes, je ne tenais plus debout et j’avais du sang qui coulait de partout, comme une femme qui a ses règles. Puis il y avait l’coufitir (littéralement, confiture). On m’avait enduit de confiture et exposé au soleil, mains et pieds liés pendant trois ou quatre jours jusqu’à ce que tout soit avalé par les moustiques et autres insectes ou reptiles qui couraient sur mon corps jour et nuit, et que le reste se soit évaporé à cause du soleil et de la chaleur. Pendant tout ce temps, j’étais bien évidemment interdit de nourriture et d’eau et personne ne pouvait s’approcher de moi. Durant mon séjour à Tindouf, j’ai aussi découvert à quel point le Polisario était armé. On passait des nuits entières à décharger des cargaisons d’armes venues d’Egypte, d’Iran, de Syrie et de Libye.

"Abdelaziz El Marrakchi nous donnait des coups de fouets par derrière, comme des bêtes" Malgré une grave blessure à la jambe, on m’obligeait à travailler. Nous avons commencé par creuser de grandes fosses qui servaient à déposer les armes. Nous n’avions pas le droit de regarder plus loin que la pointe de la pelle qu’on tenait entre nos mains. Abdelaziz El Marrakchi passait des fois, en personne, nous donner des coups de fouets par derrière, comme des bêtes. Durant les premiers jours, on nous réveillait jusqu’à cinq fois par nuit pour faire l’appel. En plus des coups de matraque et de câble électrique, j’ai assisté à plusieurs scènes de torture dont l’barmil (littéralement baril). La "technique" consistait à enfermer un prisonnier dans un baril de 50 litres avec un couvercle en béton et deux petites ouvertures sur les côtés pour la respiration. Le prisonnier pouvait y rester plusieurs jours et chaque fois que quelqu’un passait à côté, il y donnait un petit coup à n’importe quel moment de la journée ou de la nuit. Je n’ai jamais essayé, mais on m’a dit que ça résonne très fort à l’intérieur... Ça surprend et les coups peuvent s’enchaîner infiniment, surtout quand c’est un groupe qui passe à côté, ou qui s’attroupe autour pour boire le thé, et rigoler un bon coup en regardant le petit Marocain enfermé à l’intérieur frémir à chaque coup. Pour manger, on nous servait du riz dans des brouettes avec beaucoup de bekhouch (genre de scarabées). On ne les enlevait pas. On avait tellement faim qu’on les mangeait avec le riz et ça nous rassasiait.

"J’ai subi 10 prélèvements sanguins en deux mois" A notre arrivée à Tindouf, un militaire nous a lancé : "vous les Marocains, vous êtes de vrais guerriers, on ne peut rien contre vous, mais vos supérieurs vous vendent pour pas cher". A l’époque, je refusais d’y croire. Mais il n′y avait pas que nos supérieurs. En 1980, par exemple, George Habach (FPLP) est venu en visite à Tindouf. Il nous avait dit que le Maroc, tout comme Israël, avait chassé ces gens (Sahraouis du Polisario) de leurs terres et que désormais, le sort de la Palestine était étroitement lié à celui du Polisario puisque c’était, selon Habach, le même combat avant de conclure en nous disant : "j’espère vous voir bientôt dans la république marocaine". Je n’ai alors pas pu m’empêcher de lui répondre que c’était bien fait pour les Marocains qui étaient allés combattre aux côtés des Palestiniens, mais que ça ne m’étonnait pas de lui. Je l’ai payé très cher, six mois de torture, on me ¨collait contre les plaques brûlantes des camions, on me mettait au milieu d’un groupe de militaires qui prenaient le thé, et qui me brûlaient avec leurs mégots de cigarettes. Souvent aussi, on nous prélevait du sang, par force, pour soigner leurs blessés de guerre. J’ai personnellement subi 10 prélèvements en deux mois. "Hez lfousfate ldin mok" On nous emmenait dans les camps sahraouis, on nous mettait au milieu de la place, entourés de femmes et d’enfants qui nous jetaient des pierres, chantaient, lançaient des "youyous" et dansaient l’guadra (danse sahraouie). Ils leur disaient que nous avions tué leurs maris et enfants. Pour eux, nous étions les sh’louh. Des fois, ils nous obligeaient à faire la prière pour qu’à la fin, ils nous lancent un bout de pain sur lequel nous nous jetions littéralement. Ça les amusait. Quand ils avaient fini de faire leurs besoins, ils nous obligeaient à les ramasser en disant : "hez lfousfate ldin mok" (approximatif : "ramasse le phosphate, @#$%&"winking smiley. Ils découpaient les câbles électriques qu’ils recevaient en donations pour nous frapper avec. Nous volions les boîtes de conserves périmées qu’ils nous refusaient, et qu’ils jetaient. Ça a fini par tuer pas mal de monde.

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sad smiley



"Hazou bina l'3lam, zidou bina l'goudam
wila khyabet ... daba teziane"

Ztot tototototttt! (tm)
>>>>j’ai aussi découvert à quel point le Polisario était armé
eye rolling smiley je me demande par qui ????

>>>On passait des nuits entières à décharger des cargaisons d’armes venues d’Egypte, d’Iran, de Syrie et de Libye.

Solidarité arabo-musulman tfouuuuuuuuuuu



Ben quoi 0-°
Le sort de ces prisonniers ne s’est pas amélioré pour autant après leurs libérations. Certains prisonniers ont même regretté leur retour au Maroc.
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Modifié 1 fois. Dernière modification le 26/09/04 14:49 par kardach.
Quelle maudite façon de remercier ces courageux soldats pour leurs sacréfices.
mrrrdd ......... quelle honte.
2 choses à mettre en évidence:

- la traitrise des pays arabes (rien d'étonnant): " On passait des nuits entières à décharger des cargaisons d’armes venues d’Egypte, d’Iran, de Syrie et de Libye."


TFOU à l'infini pour reprendre l'expression de Belle

- critique à l'égard du gouvernement:
un accueil glacial réservé à nos soldats relâchés par l'algésario et un oubli des autres encore détenus à Tindouf

CELA DOIT CHANGER Mr BENAISSA !


quand à nos chers "frères arabes", plus rien ne m'étonne ils sont connus depuis longtemps pour ces "qualités"

le maroc a bien raison d'élargir ses relations avec les usa et autres car il est conscient du danger que peuvent lui créer ses faux-frères
 
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