Nass El Ghiwane - Jari 5'49'' | 51 auditeurs
Sagesses de Tierno Bokar
Salam smiling smiley


Qq ptits extraits d’un livre que j’ai bien aimé dernièrement : Vie et enseignement de Tierno Bokar, le sage de Biandagara. L’histoire de ce sage malien (mort en 1939) qui avait une très jolie manière d’enseigner l’islam. Ce livre a été écrit par un de ces élèves Amadou Ampathé Ba, un des plus grands auteurs de l’Afrique de l’ouest m’a-ton dit

La première partie est sa biographie. La seconde des ptites histoires, des sagesses toutes très jolies et sages, forcément...


edit : j'en mets plusieurs à la suite finalement ...



Modifié 2 fois. Dernière modification le 02/06/09 21:40 par sun flower.
Les oiseaux noirs et les oiseaux blancs

Ce jour-là, Tierno avait commenté ce verset : "Celui qui a fait le poids d'un atome de bien le verra ; celui qui a fait le poids d'un atome de mal, le verra" (Coran XC, 7 et 8).»

Comme nous le questionnions sur les bonnes actions, il nous dit :

- La bonne action la plus profitable est celle qui consiste à prier pour ses ennemis.
- Comment ! m'étonnai-je. Généralement, les gens ont tendance à maudire leurs ennemis plutôt qu'à les bénir. Est-ce que cela ne nous ferait pas paraître un peu stupide que de prier pour nos ennemis ?
- Peut-être, répondit Tierno, mais seulement aux yeux de ceux qui n'ont pas compris. Les hommes ont, certes, le droit de maudire leurs ennemis, mais ils se font beaucoup plus de tort à eux-mêmes en les maudissant qu'en les bénissant.
- Je ne comprends pas, repris-je. Si un homme maudit son ennemi et si sa malédiction porte, elle peut détruire son ennemi. Cela ne devrait-il pas plutôt le mettre à l'aise ?
- En apparence, peut-être, répondit Tierno, mais ce n'est alors qu'une satisfaction de l'âme égoïste, donc une satisfaction d'un niveau inférieur, matériel.
Du point de vue occulte, c'est le fait de bénir son ennemi qui est le plus profitable. Même si l'on passe pour un imbécile aux yeux des ignorants, on montre par là, en réalité, sa maturité spirituelle et le degré de sa sagesse.»
- Pourquoi ? lui demandai-je. C'est alors que Tierno, pour m'aider à comprendre, parla des oiseaux blancs et des oiseaux noirs.
- Les hommes, dit-il, sont les uns par rapport aux autres, comparables à des murs situés face à face.
Chaque mur est percé d'une multitude de petits trous où nichent des oiseaux blancs et des oiseaux noirs. Les oiseaux noirs, ce sont les mauvaises pensées et les mauvaises paroles.
Les oiseaux blancs, ce sont les bonnes pensées et les bonnes paroles. Les oiseaux blancs, en raison de leur forme, ne peuvent entrer que dans des trous d'oiseaux blancs et il en va de même pour les oiseaux noirs qui ne peuvent nicher que dans des trous d'oiseaux noirs.

Maintenant, imaginons deux hommes qui se croient ennemis l’un de l’autre. Appelons-les Youssouf et Ali.
Un jour, Youssouf, persuadé que Ali lui veut du mal, se sent empli de colère à son égard et lui envoie une très mauvaise pensée. Ce faisant, il lâche un oiseau noir et, du même coup, libère un trou correspondant. Son oiseau noir s’envole vers Ali et cherche, pour y nicher, un trou vide adapté à sa forme.

Si, de son côté, Ali n’a pas envoyé d’oiseau noir vers Youssouf, c’est-à-dire s’il n’a émis aucune mauvaise pensée, aucun de ses trous noirs ne sera vide. Ne trouvant pas où se loger, l’oiseau noir de Youssouf sera obligé de revenir vers son nid d’origine, ramenant avec lui le mal dont il était chargé, mal qui finira par ronger et par détruire Youssouf lui-même.

Mais imaginons qu’Ali a, lui aussi, émis une mauvaise pensée. Ce faisant, il a libéré un trou où l’oiseau noir de Youssouf pourra entrer afin d’y déposer une partie de son mal et y accomplir sa mission de destruction. Pendant ce temps, l’oiseau noir d’Ali volera vers Youssouf et viendra loger dans le trou libéré par l’oiseau noir de ce dernier. Ainsi les deux oiseaux noirs auront atteint leur but et travailleront à détruire l’homme auquel ils étaient destinés. Mais une fois leur tâche accomplie, ils reviendront chacun a son nid d’origine car, est-il dit: « Toute chose retourne à sa source. » Le mal dont ils étaient chargés n’étant pas épuisé, ce mal se retournera contre leurs auteurs et achèvera de les détruire.

L’auteur d’une mauvaise pensée, d’un mauvais souhait ou d’une malédiction est donc
atteint à la fois pas l’oiseau noir de son ennemi et par son propre oiseau noir lorsque celui-ci revient vers lui.

La même chose se produit avec les oiseaux blancs. Si nous n’émettons que de bonnes pensées envers notre ennemi alors que celui-ci ne nous adresse que de mauvaises pensées, ses oiseaux noirs ne retrouveront pas de place où loger chez nous et retourneront à leur expéditeur. Quant aux oiseaux blancs porteurs de bonnes
pensées que nous lui aurons envoyés, s’ils ne trouvent aucune place libre chez notre ennemi, ils nous reviendront chargés de toute l’énergie bénéfique dont ils étaient porteurs.

Ainsi, si nous n’émettons que de bonnes pensées, aucun mal, aucune malédiction ne pourront jamais nous atteindre dans notre être. C’est pourquoi il faut toujours bénir et ses amis et ses ennemis. Non seulement la bénédiction va vers son objectif pour y accomplir sa mission d’apaisement, mais encore elle revient vers nous, un jour ou l’autre, avec tout le bien dont elle était chargée.
Je sais que ça fait plus de 3 lignes, désolée ...
Merci pour ce partage

Très profond comme approche
Ca me rappelle l'histoire d'un compagnon destiné au paradis qui livra son secret à un autre compagnon en lui disant qu'avant de dormir il n'avait de la rancoeur pour personne. Un coeur pur et libéré de la haine et de la rancoeur (et des oiseaux noirs).
Le petit chien et le Paradis

Un jour, je m'en allai aux champs, accompagné de mon chien fidèle, ennemi juré des singes dévastateurs des plantations. Le moment était celui des grandes chaleurs d'avril. Mon chien et moi avions si chaud que nous arrivions à peine à respirer. Je m'attendais à ce que l'un de nous deux finisse par tomber en syncope. Enfin, Dieu merci, je vis un tiayki (1) dont les branches serrées offraient une voûte de verdure rafraîchissante.

Mon chien poussa de petits cris de joie et joua des pattes en direction de l'ombre bienfaisante. Quand il l'eut atteinte, au lieu d'y rester il revint vers moi, la langue tirée, la lèvre pendante laissant à découvert ses dents blanches et pointues. A voir ses flancs palpiter frénétiquement, je compris combien il était épuisé.

Je m'avançai vers l'ombre. Mon chien témoigna sa joie. Puis, durant un instant, je fis semblant de continuer mon chemin. La pauvre bête grogna plaintivement mais me suivit quand même, la tête basse, la queue fourrée entre les pattes. Elle était visiblement au désespoir, mais décidée à me suivre, quoi qu'il puisse advenir.

Cette fidélité me toucha profondément. Comment apprécier à sa juste mesure le geste de cet animal prêt à me suivre dans la mort sans aucune nécessité pour lui et sans y être contraint par quoi que ce soit? Il est dévoué, me dis~je, parce qu'il me considère comme son maître. Il me prouve son attachement en exposant sa vie dans la seule intention de me suivre et de rester à mes côtés.

Seigneur, m'écriai-je, guéris mon âme troublée! Rends ma fidélité semblable à celle de cet être que j'appelle dédaigneusement chien. Donne-moi, comme à lui, la force de maîtriser ma vie lorsqu'il s'agira d'accomplir Ta volonté et de suivre, sans demander «où vais-je», le chemin sur lequel Tu me dirigeras!

Je ne suis pas le créateur de ce chien; pourtant, il m'obéit aveuglément et me suit docilement, au prix de mille souffrances qui peuvent lui coûter la vie. Cette vertu, c'est Toi, Seigneur, qui l'en as doté. Donne, donne, Seigneur, à tous ceux qui te le demandent, ainsi qu'à moi, la vertu de l'Amour et le courage de la Charité!

Puis je revins sur mes pas et me réfugiai à l'ombre. Tout heureux, mon petit compagnon vint se coucher devant moi de manière à avoir les yeux tournés vers les miens, comme pour me parler sérieusement. Les deux pattes de devant étendues parallèlement, la tête relevée bien droit, tout en se reposant il m'épiait pour ne pas perdre un seul de mes mouvements.
Quelques minutes plus tard, ni mon compagnon ni moi ne ressentions plus la moindre fatigue.

Ainsi protégé et revivifié par l'ombrage bienfaisant, je me mis à réfléchir. L'ombre procurée par ce feuillage verdoyant et vivant répand, sur toute la surface qu'elle recouvre, un élément vivifiant qui neutralise l'élément irrespirable produit par la chaleur solaire. Un arbre couvert de feuilles mortes ne procure pas le même bien-être, je l'avais maintes fois éprouvé. Il existe donc dans le vert végétal, me dis-je, un principe assainissant nécessaire à l'entretien de la vie de l'homme et de l'animal. Ce principe vivifiant, qui se dégage des végétaux verts sous l'action de la chaleur, me fit songer au paradis, tel qu'il est métaphoriquement décrit dans les versets coraniques.

Le «vert» paradisiaque, songeai-je, n'est autre chose qu'une Réalité spirituelle dont le vert végétal d'ici-bas est l'une des manifestations au niveau matériel. Le rapprochement fit jaillir de mon esprit une flamme brillante de compréhension. Le paradis, tel qu'il est décrit, est un jardin symbolique (2) dont la verdure est éternelle. Cette verdure éternelle atténue
pour nous les rayons de la Lumière divine, trop forte pour être supportée par notre vue. Dans ce jardin spirituel toujours vert, les élus peuvent contempler la Lumière de l'Essence divine et assimiler les effluves de la Source de vie éternelle. De leurs oreilles purifiées de toute lourdeur, ils écoutent la voix de leur Seigneur. Ils entrent ainsi dans l'état de béatitude décrit aux versets 10 et 11de la sourate LXXXVIII:

«Ils seront dans un paradis sublime (un «jardin élevé») où l'on n'entendra aucune parole frivole.»

Frère en Dieu! En attendant la chance de pénétrer dans le Jardin céleste de demain, respecte aujourd'hui le grand jardin que constitue le règne végétaI. Garde-toi d'en détruire sans raison la moindre plantule! Elle est une allégorie que Dieu fait sortir de terre pour notre instruction, notre nourriture et notre confort.

NOTES
1. Balamite: arbre qui conserve son feuillage même à l'époque des grandes chaleurs, quand tous les autres arbres sont dénudés.
2. Le terme coranique pour «paradis» est djennat: jardin.
Citation
srnit a écrit:
Merci pour ce partage

Très profond comme approche
Ca me rappelle l'histoire d'un compagnon destiné au paradis qui livra son secret à un autre compagnon en lui disant qu'avant de dormir il n'avait de la rancoeur pour personne. Un coeur pur et libéré de la haine et de la rancoeur (et des oiseaux noirs).

De rien. Les bonnes choses sont faites pour être partagées.

Je ne connais pas cette histoire. c'est pas n'importe qui qui est capable de purifier son coeur comme ça tous les soirs.
Salamsmiling smiley

Je t'aide jumellewinking smiley.
ça fait plus de 10 lignes mais je vous assure que c'est beau.


L'amour de Tierno Bokar pour les hommes dépassait largement le cadre de son groupe professionnel, il s'étendait à l'ensemble du genre humain.

Mieux, il débordait cet ensemble pour embrasser la création tout entière, jusqu'aux plus humbles des créatures de Dieu.

Un jour de cette année 1933 que je passai auprès de lui, il était assis dans la case où il devait mourir 7 ans plus tard.

S'adressant aux ainés de ses élèves, il développait la signification ésotérique du chapelet Tidjani.
Nous étions sous le charme.

A l'extérieur le vent soufflait.
Il faisait courir le sable dans la cour et retroussait les plumes du coq qui s'obstinait près du pilon.

Une rafale plus violente ébranla la charpente.
Sous le choc, un nid d'hirondelle, qui était situé en équilibre du haut du mur, sous l'avancée du toit, s'entrouvrit.

Une poussin tombe en piaillant.

Nous lui jetâmes un regard indifférent, l'attention de l'auditoire n'avait pas faibli un instant.
Tierno termina sa phrase puis se tut.

Il se dressa, promena un regard attristé sur ses élèves et tendit les doigts, qu'il avait longs et fins, vers le petit oiseau.

-"Donnez moi ce fils d'autrui."
Il le prit dans ses mains réunies en forme de coupe. Son regard s'éclaira.

-Louange à Dieu dont la grâce prévenante embrasse tous les êtres! Dit il.

Puis déposant l'oisillon, il se leva, prit une chaise et la posa au dessous du nid.
Il sortit et revint peu après.

Entre ses doigts, nous vîmes une grosse aiguille et un fil de coton.
Il monta sur la caisse, déposa le petit d'hirondelle au fond du nid qui s'était déchiré et répara celui ci avec le même soin qu'il mettait autrefois à broder les boubous.

Puis il redescendit et reprit sa place sur la natte.
Nous attendions impatiemment la suite de sa leçon; mais au lieu de reprendre le chapelet qui servait de base à ses explications, il le laissa de côté.
Après un moment de silence il s'adressa à nous.

-Il est nécessaire que je vous parle encore de la charité, dit il, car je suis peiné de voir qu'aucun de vous n'a suffisamment cette vraie bonté du coeur.
Et cependant quelle grâce!...

Si vous aviez un coeur charitable, il vous eût été impossible d'écouter la leçon, portât elle sur Dieu, quand un petit être misérable vous criait au secours.

Vous n'avez pas été émus par ce désespoir, votre coeur n'a pas entendu cet appel...

Eh bien! mes amis, en vérité, celui qui apprendrait par coeur les théologies de toutes les confessions, s'il n'a pas de charité dans son coeur, il pourra considérer ses connaissances comme un bagage sans valeur.
Nul ne jouira de la rencontre divine s'il n'a pas de charité au coeur.
Sans elle, les cinq prières ne sont que des gesticulations sans importance; sans elle, le pèlerinage est une promenade sans profit.
Le scène de ce jour là s'est gravée à tout jamais dans ma mémoire. Je le revois encore, dressé dans son tourtil blanc, réparant délicatement la demeure de ce "fils d'autrui" dont nous n'avions pas su entendre l'appel, tous préoccupés que nous étions de nous même.

D'une manière générale, il nous enseignait de ne jamais tuer un animal sans nécessité, fût-ce un simple moustique.
Pour lui, la nature entière, animaux et végétaux compris, devait être respectée car elle était non seulement notre Mère nourricière, mais encore le grand livre Divin où tout était symbole vivant et source d'enseignement.

Merci, c'est excellent
De rien srnitsmiling smiley
C'est très beau et plein de senssmiling smiley.
Salamsmiling smiley

Je mets le texte qui précède la leçon sur les oiseaux blancs et les oiseaux noirs.


Tierno s'abstenait toujours de juger autrui.
Un élève ayant rapporté la conduite d'un jeune fils de famille qui se faisait passer pour un descendant d'El Hadj Omar et dont la conduite n'était pas, semble t'il, sans reproche, demanda l'avis de Tierno.
Il s'attira cette réponse:

Parler avec volubilité de la chasteté, de la probité, du courage et de la sagesse est plus facile que d'être soi même chaste, probe, courageux et sage.

Tonner contre la conduite déréglée ou paraissant telle de son prochain et la condamner à coup de versets coraniques quelquefois mal dirigés ou de Hadith d'authenticité douteuse est plus facile que de corriger ses propres défauts et de pardonner les offenses que l'on subit.


à méditer...Zen



Si les oliviers connaissaient les mains qui les ont plantés, leur huile deviendrait des larmes.
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Salamsmiling smiley

Une autre de ses leçons...

Un jour, Le Prophète pbAsl voulut envoyer au Yemen un de ses compagnons, appelé Mo'az boun Jabal, pour y enseigner l'islam.
Il lui demanda:

-Comment appliqueras tu la loi? Comment rendras tu justice?
-Je la rendrai selon le Coran, répondit Mo'az
-Et si le cas auquel tu auras à faire face n'a pas été prévu par le Coran? demanda le prophète pbAsl
-J'appliquerai ta Sunna Prophète de Dieu.
-Et si la Sunna n'a pas prévu le cas?
-Je me référerai à l'Idjmâ (Consensus).
-Et si l'Idjmâ n'a jamais eu à faire face à un tel cas? reprit le Prophère pbAsl

Mo'az fut désemparé car, en islam, le Coran, la Sunna, le consensus sont les trois seules sources de la Loi et de la jurisprudence islamique. Mais comme c'était un homme qui priait et qui méditait, il avait trouvé en lui le chemin de l'inspiration divine (ilham).

Aussi répondit il, après un moment de réflexion:

-Alors je ferai l'Ijtihad,( l'effort de réflexion personnelle).

Le prophète le regarda pui lui dit:

Va et fais l'Ijtihad chaque fois que ce sera nécessaire.
Tant que l'islam comptera des hommes comme toi, il ne deviendra pas tel un arbre au tronc élancé, mais privé de branches.
(C'est à dire qui ne donne ni ombre et protection).
merci zouitina !



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salam
barakallah oufik
c est vraiment magnifique et plein d enseignement
qu allah te recompense de ta generosité de ce beau rappel que tu partages
je t envoi plein d oiseau blanc
Horaires de prières Saint Coran