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Une première en Isère : des enfants raflés à l'école
Bonjour,

Il s'est produit un fait très grave à l'école du Jardin de Ville, à Grenoble. A 15h45, un père de quatre enfants (un moins de trois ans, deux scolarisés en maternelle et un en CE1 à l'école du Jardin de Ville) est venu, accompagné de deux policiers en civil, chercher ses enfants, pour "un rendez-vous en préfecture", ont compris les enseignants. A 19h, on apprenait que la famille au complet était au centre de rétention de Lyon.

Ils y ont dormi. Ils étaient injoignables hier soir. On a réussi à les joindre tôt ce matin aux cabines téléphoniques du centre de rétention (qui,rappelons-le, est une prison). Ils étaient paniqués. On a prévenu le centre que la CIMADE, seule association ayant le droit d'entrer dans les centres de rétention, irait voir la famille ce matin. Arrivés au centre, les militants de la CIMADE les ont cherchés, sans succès : la famille était en route pour l'aéroport, leur avion décollant une demi-heure plus tard.

Nous n'avons rien pu faire, nous attendions que les militants des la Cimade comprennent la situation de la famille, afin de pouvoir les aider en connaissance de cause. Ils ont été expulsés ce matin. Leurs chaises d'école resteront vides. C'est une première en Isère : la traque des étranger-e-s pénètre dans les écoles. Les seuls enfants en situation irrégulière sont ceux qui ne sont pas à l'école. Nous vous demandons de bien vouloir faire circuler cette information le plus largement possible. Personne ne doit pouvoir dire "on ne savait pas".

Merci, Emmanuelle, pour le Réseau Education Sans Frontières 38
Selon un responsable de la police contacté hier par le Dauphiné Libéré, cette affaire concerne un couple de Macédoniens et leurs quatre enfants dont un en bas-âge. Deux autres sont scolarisés à l'école maternelle du Jardin de ville et le quatrième, âgé de 9 ans, à l'école primaire. « Les parents, qui ont demandé asile politique à l'Allemagne avant de venir en France, ont été convoqués en préfecture lundi en début d'après-midi », indique le même responsable. « Il leur a été notifié, en vertu des accords de Dublin, un avis de réadmission en Allemagne -pays où sont d'ailleurs nés les enfants ».
Selon la police, aucune démarche coercitive n'a été engagée à l'encontre de cette famille. « Ils auraient pu repartir libres de la préfecture, mais le laissez-passer pour l'Allemagne aurait alors été caduque. Ils ont donc fait le choix de se rendre à l'école pour chercher leurs trois enfants scolarisés ».
Selon un officier, la famille a été conduite par les policiers à sa propre demande jusqu'à l'école : « La maman et le bébé ont d'ailleurs été pris en charge dans la voiture d'un ami à eux, venu en interprète ». Selon le même officier, les policiers qui se trouvaient à la porte de l'école -pendant que les parents entraient dans les lieux pour prendre en charge les trois enfants- ne pénétraient dans le hall qu'à l'invitation de la responsable, à laquelle ils ont expliqué la situation. « À aucun moment il n'y a eu intrusion et nous ne sommes évidemment pas entrés dans les classes. Si la famille avait refusé de quitter Grenoble et la France, ils seraient repartis libres et auraient pu exercer leur droit de recours. Aucune contrainte n'a été exercée », affirme encore l'officier.
Dans l'après-midi, la famille a été conduite au centre de rétention de Saint-Exupéry qu'elle a quitté mardi pour l'Allemagne.
Également contactée hier après-midi, Gabrielle Beyler, pour le SNUipp et l'intersyndicale enseignante, a expliqué que, quel que soit le cadre légal de cette affaire, « les enseignants sont choqués de voir le départ soudain de leurs élèves en pleine classe, sans aucune explication ni avertissement de la part de l'académie. Nous ne pouvons tolérer que des enfants soient soustraits à la classe de cette façon ». Le collectif des parents du Jardin de ville a demandé une audience en préfecture aujourd'hui à 18 heures.


Le Dauphiné Libéré - 27/11/2008
 
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