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MessageLes musulmans du monde entier s'inquiètent à leur tour de l'islam radical   
Auteur: Amar du souss
Date: le 16 août 2005 à 12h48

Les musulmans du monde entier s'inquiètent à leur tour de l'islam radical

Extrait : C'est ce que montre une enquête du Pew Research Center américain, menée au printemps. LES HABITANTS de plusieurs pays musulmans, dans le sillage de l'opinion publique occidentale, commencent à s'inquiéter de l'islam radical, selon un sondage réalisé à grande échelle réalisé par un centre de recherche américain, le Pew Research Center, et rendu public cette semaine. C'est ainsi que près des trois quarts des Marocains et la moitié des Pakistanais, des Turcs et des Indonésiens considèrent, désormais, que l'islamisme radical constitue une menace pour la stabilité de leur nation. En revanche, en Jordanie, un habitant sur dix, seulement, est de cet avis.

Source: le monde du 17/07/2005


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MessageRe: Les musulmans du monde entier s'inquiètent à leur tour de l'islam radical
Auteur: siryne
Date: le 16 août 2005 à 13h12

De l’usage du leurre.
UNE HISTOIRE À LA FRANÇAISE...

15 août 2005

par Magh Ali

Les journaux français sont passés maîtres dans l’art de susciter des débats qui n’intéressent personne. La controverse qui a eu lieu sur le port du tchador dans les écoles publiques fait partie de ces "faux-débats". Le petit jeu consiste à diriger le peu de pensée active qu’il nous reste à la fin d’une journée vers des voies de garages intellectuelles. Capter l’attention de l’opinion et la diriger vers un "champ de pâquerettes" ( : un "faux-débat", un débat dont les enjeux sont pré-définis et dont on pervertit les données de bases, à savoir la manière de poser le débat)... est une manœuvre assez habituelle pour ceux qui souhaitent éviter de provoquer de réelles réflexions. "Peuple français ! Plus tu es ignare, plus tu es manipulable, plus nous t’aimons !".


Un faux-débat
La question religieuse continue d’être d’actualité dans la presse française comme dans la presse internationale malgré la désertification des lieux de culte et malgré le désamour des jeunes générations pour les pratiques religieuses traditionnelles : comme c’est étrange...

La presse et ses nervis (messieurs en charge des services de propagande officielle), nous servent régulièrement l’affrontement inter-religieux comme étant (soi-disant) une préoccupation majeure de nos concitoyens.

Certains intitulent leur article : " Je hais l’islam entre autres " (le monde-été2004), d’autres font leur beurre sur "l’islamophobie ", pour d’autres encore, les pratiquants juifs sur notre territoire seraient de nouveau menacés du fait de leur judaïté et plus récemment encore la couverture d’un magazine national envahissait les rues et les kiosques à journaux parisiens avec un titre rappelant l’histoire des sept religions les plus pratiquées dans le monde (dont soi-dit en passant, tout le monde ou presque, se fout éperdumment !).

Quand concrètement certains journalistes souhaitent traiter de la coexistence pacifique qui existe entre musulmans et catholiques, les portes se ferment, le silence se fait, le système se vérouille.
Pourtant en la matière, les expériences positives de cohabitation pacifique entre ces deux religions existent mais elles n’intéréssent visiblement pas !

Tout se passe comme si on essayait sans cesse d’attirer l’attention sur l’incapacité fondamentale des religions monothéistes à se supporter entre elles.
Or si on se penche sur le taux de fréquentation des églises catholiques on peut aisément remarquer que la "religion" est absente de la vie quotidienne des français,( [1] et il devient alors difficile de ne pas s’interroger :

Essaierait-on de nous diriger lentement vers l’acceptation d’un "inévitable" affrontement ?
Qui est maître de ce débat ?
Qui détient la totalité des journaux à grands tirages ?
Quels intérêts sont servis par cette manipulation ?

Le débat laïc et républicain se passe de Dieu depuis 1789.
En temps normal, en France, les questions publiques se posent de manière laïque, l’un des acquis de notre Révolution étant d’avoir repoussé les questions religieuses vers le domaine privé et d’avoir débarrassé l’Etat de cette préoccupation.
Il appartient habituellement à chacun de gérer son "stock de croyance" : il ne devrait pas y avoir d’ingérence d’autrui (de jugement porté publiquement) dans ce domaine et encore moins de débat sur le sujet puisque la liberté de croyances existe et qu’elle se définit notamment par l’absence de "persécution" envers les religions d’autrui, et particulièrement les religions minoritaires.

Or ramener sans cesse la question du terrorisme à un débat qui concernerait les "musulmans" est une manière de pointer du doigt une religion, comme si l’on désignait un coupable.

Malheureusement pour ceux dont l’intérêt est visiblement de stigmatiser cette partie de la population, ce ne sont pas exactement "les musulmans" qui posent des bombes mais une frange "intégriste" à laquelle il n’est pas honnêtement possible d’assimiler l’ensemble des musulmans !

La vérité est ailleurs... (dixit Mulder)
Le but de cette manœuvre reste relativement simple à comprendre.
Il s’agit de détourner l’attention des sujets qui fâchent voire qui énervent carrément tout en préparent l’opinion à accepter l’idée d’affrontements à venir, présenté de manière à rendre ce futur de plus en plus inévitable.

Pendant que nous écoutons ces discours, nous ne pensons plus à ce qui, justement, fait notre quotidien.

Nous ne pensons plus à...tenez... par exemple :

1 L’augmentation des prix au moment du passage à l’Euro ou encore l’augmentation générale du coût de la vie depuis l’arrivée de ces messieurs de Droite au gouvernement(transports, essence, nourriture,).
2 La crise économique dont on ne parle plus trop, mais qui reste une préoccupation majeure pour tous ceux qui luttent pour préserver leur emploi (délocalisation and co).
3 Le chômage qui touche nettement plus de citoyens que les chiffres actuels ne veulent le donner à croire.
4 La précarisation des emplois sous-payés, type parcours du combattant pour tous ceux qui n’ont pas de formations suffisantes (rmi, petits boulots)
5 Le racisme, qui connaît une augmentation délirante, si on écoutait la vox populi (ou TF1 qui s’en fait souvent le porte-voix au travers d’un nombre incalculables de séquences et de reportages) les délinquants seraient tous d’origine immigrée !
6 L’utilisation de l’argent public (impôts, prélèvements en tout genre euh... détournements de fonds publics ?).
7 La corruption des institutions où comment l’incompétence et la nullité règnent grassement dans certaines administrations.
8 La liquidation des services publics. (liste non-exhaustive, chaque lecteur pouvant rajouter un sujet voire deux, qui fâche ou qui énerve)

On ne parle pas non plus de la poussée nationaliste de 2002, ni des politiques pernicieuses d’un gouvernement aux couleurs délavées mais pas si lointaines (la flamme du RPR) de celles du Front-National, [2]ni de la pauvreté et de la misère qui reprennent leurs habitudes.

Politiques racistes
On ne dit pas que dans notre pays on ré instaure lentement, dans le silence général, des pratiques anciennes et extrêmement dangereuses : le fichage des citoyens ou le regroupement par ethnie.

Qui osera dire que certaines villes de banlieues ne sont pas des ghettos au sens strict du terme ? Qui niera la volonté de mise à l’écart des populations d’origines magrébhine et africaine nées en France ? Qui niera l’absence de perspective professionnelle en France pour ces mêmes populations par exemple ? (quand on explique à un employé de banque qu’il ne peut être à la caisse du fait de son origine magrebhine parce qu’il effraierait certaines clientes.( !)) Peut-on ignorer la mise en place d’un système de rétention sournois, (délit de faciès) à travers les contrôles répétés et systématiques des gens issus de l’immigration récente ou plus ancienne, en périphérie de nos villes ?

Qui peut regarder le Ministre Sarkozy mettre en place un système de filtrage des candidats à l’immigration sans ressentir un profond malaise ? Y aurait-il des bons immigrés (comme autrefois le bon "noir" ou le bon "juif" ?) et des mauvais, sales, impossible à recevoir dans nos villes ? Qui sont ces gens qui arrivent dans nos aéroports ? Des gens qui viennent faire du tourisme aux frais du contribuable français, ou bien des gens en danger de mort imminente (famine, guerre à la machette, sida, dictatures sanglantes, absence de perspectives économiques dues au long travail de sape fait sur ce continent par notamment nos services occidentaux).

La complicité du silence
Pourrait-on être... complice par "oubli de regard" ? Comme on pourrait mentir par omission... ou bien par absence de réaction ?

Qui dit, qui écrit, que celle qui fut nommée il y a longtemps " la bête immonde " est réveillée depuis longtemps, qu’elle se nourrit de chaque attentat perpétré par des "extrémistes" qui ont eux aussi intérêt à provoquer "la haine" car elle légitime leurs actions violentes , que cette "bête immonde" rampe sous nos yeux, et commence à montrer son sale visage aux français ébahis ou non, habitués ou non, blasés ou non, d’accord ou pas mais de toute façon manipulés.

Doit-on continuer de fermer les yeux sur les regards bas et tristes de ceux qui vivent et subissent le racisme au quotidien ? Doit-on ignorer les insultes à voix basse dans les rues ? Ne pas voir ces escadrons de flics qui quadrillent les trains de banlieues ! Ne pas écouter... quand on vous raconte un nouveau meurtre, une nouvelle bavure (penser qu’il s’agit là de propagande d’extrême - gauche par exemple).

Ne pas ressentir la peur des gens... Ne pas voir. Ne pas entendre. Ne pas croiser leurs regards. Ne pas avoir honte de son pays.

Non, non... Faire semblant de rien.

Continuer sa vie le plus lâchement possible en évitant au maximum de s’occuper d’autre chose que de ses propres histoires...

Et puis un jour comme ça, mine de rien, on reprendra les bonnes habitudes à la française : on balancera les "pas-blancs" (des sans-papiers par exemple tiens pourquoi pas ? Y’en a bien qui brûlent dans les hôtels !) dans la seine entre la Samaritaine et le Bhv ; on rouvrira les fourgons avec les flics qui tapent ; on continuera de frapper des mômes dans les commissariats comme-ça-pour-rien-parce-que la-vie-finalement-c’est-normal-ça-s’apprend-à-coups-de- baffes ; on en tuera quelquefois parce que bon-vous-savez- des-fois-on-s’emporte-dans-le-feu-de-l’action et puis bof, ça fera trois lignes dans un obscur canard ou peut-être rien.

Est-ce de ce pays dont nous voulons nous réclamer citoyens ?
Ou bien est-ce d’un pays où à force de s’interroger et de réfléchir les citoyens retrouveront leur force et leur capacité à modifier le cours d’une "Histoire" qui leur appartient ?

Chacun d’entre nous a le pouvoir de ne pas suivre les chemins tracés à l’avance. Il suffit juste de reprendre conscience de son pouvoir de citoyen et d’être humain dans une société où tous doivent avoir leur place fut-elle modeste.

Ce qui a fait la grandeur de notre Révolution c’est la possibilité qu’elle a donné à chacun de s’instruire, de s’éduquer et de faire de soi-même un être debout, une femme ou un homme capable de penser et d’agir de manière responsable et citoyenne.

Or tous les jours nous sommes confrontés à la difficulté d’appliquer cette citoyenneté active. Lorsque, nous sommes témoins de comportements inacceptables (lors des contrôles répétés par les services de polices français, où le seul critère est la couleur de peau par exemple), s’il est impossible d’intervenir au risque de passer les prochaines heures au poste, voire de prendre un coup de matraque pour les moins chanceux, il est clair qu’exprimer son désaccord devient de l’héroïsme.

Si être un citoyen, c’est être un héros des temps modernes alors il faut l’être. Si la notion de devoir peut encore avoir un sens à notre époque, je pense qu’il est de notre devoir de ne pas accepter ce qui est actuellement institué, que ce soit sous forme de propagande ou sous forme de racisme auquel on tenterait de donner un visage habituel.

Les vieux démons de l’Europe sont réveillés.
Nous voulons encore croire à un éventuel apaisement du climat, mais les élections de 2002 ont révélé l’état désastreux de l’orientation politique d’une certaine opinion publique Française.
Depuis l’élection de Hayder en Autriche et celle de Berlusconi en Italie, l’extrême - droite a consolidé son emprise sur le territoire européen. [3]

Cette lente stratégie de prise de pouvoir qui se fait sous nos yeux à tous ne doit pas cesser d’être dénoncée.

Malgré le déni systématique de ceux qui aiment à se voiler la face, malgré leurs paroles qui ne rassurent plus qu’eux mêmes, les imbéciles et les naïfs, force est de constater que les extrémistes peuvent très bien passer de l’Autriche, des Pays-Bas, de la Norvège, du Danemark, de la Suisse et de l’Italie, dont on parle si peu, à la France.

Daisy.

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[1] 7,7% de catholiques pratiquants selon un sondage CSA pour le journal Lacroix parut en décembre 2004)

[2] on peut à ce sujet lire le communiqué récent du site ras l’front

[3] A ce sujet on peut consulter ce site les avancées électorales des sites d’extrème-droite européens qui se réclament ouvertement du racisme anti-musulman et qui prônent notamment la préférence nationale.




siryne

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