Le Maroc se dote d’une école du cinéma
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Le Maroc se dote d’une école du cinéma

En septembre 2006 ouvrira à Marrakech l’Ecole supérieure des arts visuels. Elle formera des jeunes bacheliers aux différents métiers du cinéma. Le cursus, quatre années dont une d’enseignement artistique général, sera couronné par la présentation d’une création personnelle devant un jury de professionnels. Genèse d’un projet qui comblera un manque flagrant.

A l’origine de la création de l’Ecole supérieure des arts visuels (ESAV), un cinéphile intempérant : Vincent Melilli. Pendant les quatre années où il a officié à la tête de l’Institut français de Marrakech, le cinéma s’est taillé la part du lion dans les programmes. Pas le tout-venant, mais le cinéma de haute qualité. Les amateurs s’en repaissaient. Bizarrement, ils étaient peu nombreux. «A l’exception des Français résidant à Marrakech et de quelques bourgeois de la ville, les films projetés n’attiraient personne. J’étais surtout déçu de constater que les jeunes étaient imperméables au cinéma», raconte Vincent Melilli. Ce qu’il ne pouvait souffrir.

Dès lors, il se mit à répandre la bonne parole cinématographique parmi la jeunesse récalcitrante. Il eut le sentiment de prêcher dans le désert. Ne s’avouant pas vaincu, il changea son fusil d’épaule, en décidant d’«impliquer» les jeunes. D’où le lancement d’ateliers d’écriture scénaristique, auxquels le cinéaste Hassan Legzouli coopéra fructueusement. L’initiative fut heureuse puisque pas moins de quatre-vingt scénarios, fort aboutis, virent le jour en trois ans.


Un capital de 300 000 DH détenu à 80 % par Dar Bellarj

Vincent Melilli n’entendait pas s’arrêter au milieu du chemin, fût-il bon. «Ces ateliers ont donné aux jeunes le goût du cinéma. Mais ils ne m’ont pas semblé suffisants. C’est comme avec les chambres à air. On crève, on colle des rustines ; on recrève, on recolle des rustines, on ne change jamais la chambre à air. Je me suis dit qu’il fallait changer la chambre à air. Doù mon projet d’école de cinéma». Muni de son projet, il s’en alla frapper aux portes d’éventuels argentiers. Il en trouva une accueillante, celle de Dar Bellarj. Erigée sur les ruines d’une demeure seigneuriale, Dar Bellarj se voue, depuis novembre 1999, au rayonnement de la culture vivante au Maroc. Des ateliers de musique et d’arts plastiques destinés aux enfants y sont mis en place. La généreuse idée de fonder une école des arts visuels ne pouvait qu’emporter l’adhésion de sa présidente, Susanna Biedermann. «C’est une lourde responsabilité que de créer des images. Le choix d’un métier d’art visuel demande un engagement profond et sincère, et appelle une lutte de tous les instants. Nous souhaitons appuyer, encourager et rassurer les étudiants dans leurs choix de création ; leur donner cette chance, car c’est une grande chance d’apprendre à regarder», déclare-t-elle.


Des études payantes, 50 000 DH/an, et des bourses pour les démunis

Nanti de l’engagement de Dar Bellarj à prendre une part substantielle au projet (elle détient 80 % du capital de 300 000 DH de la Société anonyme Ecole supérieure des arts visuels), Vincent Melilli se mit à la recherche de partenaires marocains. L’université Cadi Ayyad de Marrakech se montra très intéressée, d’autant que l’article 7 de la Loi 01-00 portant sur l’organisation de l’enseignement supérieur l’encourage vivement à s’associer à des initiatives privées. «Cet article place en effet l’université au cœur de “l’économie de la connaissance”, en lui octroyant la possibilité de valoriser son savoir-faire et ses résultats de recherche dans le cadre de société filiales ou de participation dans des entreprises publiques ou privées. L’université se trouve ainsi investie de la mission de transformer le savoir et l’innovation en un parcours économique conduisant à la croissance et à la compétitivité. A charge, pour les structures universitaires, de trouver les créneaux qui cadrent avec les priorités et les attentes de la région d’implantation», atteste Ahmed Jebli, président de l’université Cadi Ayyad. En s’assignant la mission de former des professionnels du cinéma, de l’audiovisuel (réalisation, image, son, montage), et de la communication visuelle (design graphique sur support papier ou écran), l’ESAVM constitue un «créneau» idéal pour une université qui a érigé le domaine des arts audiovisuels comme priorité de son plan de développement. Aussi s’empressa-t-elle de répondre à l’appel de Vincent Melilli. Elle détient 20 % du capital.


20 % des places seront réservées à des étudiants étrangers du Sud de la Méditerranée

Il fallait au préalable «débusquer» un terrain propice, tâche insurmontable dans une ville où le mètre carré vaut son pesant d’or. Par bonheur, l’université en avait un à sa disposition, appartenant aux Domaines. Un bail pour quarante ans fut conclu avec ceux-ci. L’école ne sera entièrement construite qu’en septembre 2007. Pour sa première rentrée, prévue en septembre 2006, elle sera hébergée par l’université.
Mais comment s’organise le cursus de l’école ? Laissons à Vincent Melilli le soin d’éclairer notre lanterne. «L’école, dit-elle, comprend deux départements, cinéma/audiovisuel et graphisme/multimédia. Pour les deux sections, l’ambition de l’école est double :
- elle veut former des artistes, des créateurs/auteurs. Le comité de sélection des étudiants prendra très sérieusement et prioritairement en compte les capacités créatrices des candidats. L’école leur apportera les moyens de développer ces capacités, d’affiner leur regard ;
- elle a également pour mission de professionnaliser les étudiants. Ceux-ci pourront développer des carrières d’artistes ou de cinéastes indépendants, mais l’école leur apportera également, grâce à une pédagogie de mise en situation, les compétences qui leur permettront d’occuper des postes de responsabilité dans des équipes de créatifs en entreprise, dans des secteurs de la communication, de la presse, de la publicité, du cinéma, de la télévision...
Ils devront pouvoir prétendre, selon la section qu’ils auront choisie, à des postes de réalisateur, chef opérateur, ingénieur du son, monteur, scénariste, concepteur de projets et directeur artistique dans le domaine des arts visuels : graphisme, multimédia, cinéma et audiovisuels».


Faute de techniciens locaux, des étrangers sont recrutés à 20 000 DH la semaine

Ce faisant, l’ESAVM palliera le manque criant de profils qualifiés pour les métiers visuels. Elle tombe donc à point nommé, à un moment où l’industrie cinématographique prospère, où les chaînes vont se libéraliser et où l’activité publicitaire fleurit. Faute de professionnels locaux, on recourt à des étrangers qui offrent leurs services à des tarifs exorbitants. Le moindre technicien revient à 20 000 DH la semaine, le tournage d’un spot publicitaire représente 80 % du coût de sa production.
L’ESAVM est aussi une aubaine pour les jeunes. Gageons qu’il s’y précipiteront en nombre. Ils ne seront pas tous retenus. Ne pouvant pas accueillir plus de 50 étudiants en première année, l’ESAVM soumettra les candidats à un concours sévère. Les heureux élus suivront une formation de quatre ans, dont une année préparatoire d’enseignement artistique général et trois années de spécialisation. Un diplôme de fin d’études sera délivré aux étudiants qui auront franchi sans encombre toutes les étapes (il n’y a pas de possibilité de redoublement). Son obtention est assujettie à la présentation d’une création personnelle devant un comité de professionnels.
Ouverte essentiellement à des bacheliers marocains (20 % de places seront accordées aux étudiants du sud de la Méditerranée), l’école est payante : 50 000 DH par an. Les plus démunis bénéficieront cependant d’une bourse. «Je ne tiens pas à ne voir affluer que les gosses de riches. Je souhaiterais accueillir aussi les étudiants de milieux défavorisés. C’est la raison pour laquelle nous recherchons des financements institutionnels ou privés susceptibles de nous aider à leur offrir des bourses». Décidément, le projet est généreux, au sens plein du terme. Et ce n’est pas du cinéma.


Ceux qui fabriquent le film

Producteur Sans lui, et par définition, pas de produit. C’est lui qui détient ou se fait avancer par les banques ou les distributeurs les capitaux nécessaires à la fabrication d’un film.
Directeur de production Au service du producteur, il l’assiste et concrétise la répartition des capitaux. Il établit le devis du film et veille à ce qu’il soit respecté tout au long de sa réalisation.
Régisseur général Autre assistant du producteur, mais plus spécialisé : il gère tous les frais d’organisation du tournage et les frais de régie (déplacements, location de matériel et de décors, intendance).
Réalisateur Alchimiste et créateur suprême, c’est lui qui réalise le film à partir d’un scénario. Directeur d’acteurs et de toute l’équipe technique, le réalisateur (ou metteur en scène) est le personnage central du tournage, du montage et du mixage d’un film.
Assistants du réalisateur Le premier assistant aidé par le second assistant effectue le découpage, fait les repérages de décor, sélectionne les figurants.
Scripte Avec ses carnets de rapport, elle note toutes les informations nécessaires aux «raccords». La scripte est en quelque sorte la double mémoire, infaillible, du réalisateur.
Opérateurs Le directeur de la photo règle les éclairages. Le cadreur définit les limites de champ esthétiques. Le caméraman s’occupe du fonctionnement de la caméra.
Machiniste Robuste, rapide, toujours disponible, c’est l’homme qui porte le matériel.
Electricien La consommation en kilowatts étant très importante lors d’un tournage en intérieur, ce spécialiste est nécessaire.
Maquilleur L’éclairage artificiel étant très intense, il est nécessaire de grimer les acteurs. C’est ce à quoi s’occupe le maquilleur.
Ingénieur du son Il prend en charge son matériel, décide de l’emplacement des micros, corrige, module, améliore le son selon la volonté du réalisateur.
Perchman A chaque prise, c’est lui qui tient la perche ou «girafe» sur laquelle est fixé le micro.
Monteur Dans le secret et le noir de la salle de montage, le monteur, aidé d’un assistant-monteur et sous la direction du réalisateur, va mettre en ordre le puzzle des plans tournés.
Bruiteur Un bruit manque, une porte à faire grincer, une voiture qui dérape, un bateau qui glisse sur l’eau ; le bruiteur est là, dans le studio de doublage, reconstituant les sons de la réalité.
Projectionniste Dans la cabine de projection, il charge les projecteurs avec de lourdes bobines, fait le point de l’image, règle le potentiomètre du son.
Distributeur Possédant un réseau de salles de projection, le distributeur loue les copies de films et se charge de les diffuser.
Acteur Difficile métier qui consiste à entrer dans le personnage avec minutie, car le tournage ne s’effectue que par phases successives : plan après plan, et ce, dans le désordre.

Source : La Vie Eco - Le : 13-12-2005
il en était temps!
bonsoir salma,

je crois qu'elle n'est pas la seule, mais peut-etre un debut officiel et "serieux".

mohamed asli le realisateur (peu connu au Maroc) de "a casablanca les anges ne volent pas" a deja cree une classe, je crois a ouarzazate.

amicalement
bonne continuation pour eux et pour le cinema marocain en general
 
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