Histoire dramatique : CES FIERES MAGHREBINES
Ces fières Maghrébines.

Fatima Fassi, Hassiba Benbouali ou Aziza Othmana ne seraient que des clones de la femme maghrébine qui un jour a gouverné, dirigé des hommes ou simplement résisté et éduqué. Tin Hinan, Sophonisbe et Kenza seraient celles qui font encore agiter nos moitiés et la dernière trouvaille n’est autre que « Mra hachak », un t-shirt de la styliste marocaine Fadila El Gadi que s’arrachent les Rbatis . Hommages à nos grandes dames.
Si pour cette moitié de la population, l’écartèlement est bien réel entre être femme orientale ou occidentale en ce Maghreb sur les bords de la Méditerranée et l’Atlantique et qui a connu sans conteste plus que toute autre contrée dans le monde une formidable imbrication des civilisations, la majorité reste cloîtrée des ses traditions, us et coutumes. Ou qu’elles soient, elles ont fait du conservatisme leur désir.
Loin de traiter justement d’histoire de nos grandes dames Algériennes, adulées chez nous, un coup d’œil serait plus que nécessaire sur celles qui firent la fierté de nos voisins et voisines, mais aussi d’autres qui fondirent dans l’anonymat. Si Aziza Othmana, cette princesse tunisienne du 17ème siècle qui appris le Coran et alla en pèlerinage à la Mecque, chose ardue à l’époque, a légué aux habous 90 000 hectares, affranchi des esclaves et acheté des prisonniers et fondé un hôpital, sa compatriote Mme Sana Hsaïnba vient d’obtenir un siège au Parlement de la ville d’Ottawa, la capitale du Canada. L’acharnement y est, mais la volonté y est plus encore même sur d’autres continents.
A Baghdad, rayonnant en ce VIIIème, Haroun Rachid ne se doutait pas que Kenza l’épouse du premier roi du Maghreb El Aqsa était enceinte et qu’elle allait sauver l’œuvre de son mari Idriss El Akbar qui fit du Maroc le troisième état indépendant dans l’histoire islamique. Encore une femme. Une femme qui, surement influença Malika El Fassi qui, alors que sous d’autres cieux sa compagne luttait pour le droit de vote, elle fut cosignataire du Manifeste du 11 janvier 1944 ou Manifeste de l’Indépendance du Maroc.
Loin de ces grandes dames, d’autres encore plus extraordinaires, furieuses contre leurs destins, ont gémi et enduré, et leur patience ne fut point payante. Ainsi est le cas de Lalla Bicha, cette dame originaire de la campagne du Souss qui se retrouva dans la tourmente de Casablanca des années qui suivirent la seconde mondiale et qui firent de Guelma, Sétif et Kherrata un bain de sang. Dans le Maroc sous protectorat, il n’y avait pas lieu de badiner avec le nationalisme et la peur régnant des deux côtés des frontières et c’est ainsi que la dame se manifestait au gré des pseudo-apaisements pour contacter sa tante maternelle Hadja Aïcha à Zemmora en Algérie. La guerre de libération vit aussi la joie de l’indépendance du Maroc et aussi de la Tunisie, mais sans pour autant venir au secours de la dame qui rêvait d’enlacer sa tante.
L’âge faisant, les dames vieillirent, la santé périclita, Lalla Bicha ne put quitter les côtes de l’Atlantique laissa Lalla Fatima la mère à Mohcine sur les braises d’une rencontre peut-être mythique et Hadja Aïcha, la Moudjahida et veuve de Chahid, se mura chez elle et le destin fit que la première rejoignit son Créateur en 2000 à l’âge de 75 ans et la seconde, aujourd’hui âgée de 88 ans, attend de rejoindre sa nièce.
Dur destin pour des dames, mères d’hommes et de femmes qui firent de grandes nations et qui rêvèrent encore plus grand d’un Grand Maghreb que ne purent construire les hommes qu’elles ont enfantés.
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In le quotidien algérien Réflexion du 8 mars 2012.



Maghrébins, vous êtes condamnés à vous unir!



Modifié 2 fois. Dernière modification le 08/03/12 16:15 par HARRATTI.
 
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