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Actualités Marocaines
Finkielkraut, les "noirs" et les "arabes"
Auteur: Salaheddine
Date: le 23 novembre 2005 à 19h21
Finkielkraut, les "noirs" et les "arabes"
c/c : nouvel obs Alain Finkielkraut. Interrogé dans le journal israélien Haaretz sur les violences urbaines en France, le philosophe affirme qu'il s'agit d'émeutes à caractère "ethnico-religieux", que la France n'a "fait que du bien" aux noirs mais qu'elle est la risée de l'Europe en raison de son équipe de foot "black-black-black". S'exprimant sur les émeutes urbaines, l'écrivain Alain Finkielkraut a livré le samedi 19 novembre à l'édition hebdomadaire Haaretz, une interview pour le moins surprenante, digne, selon les journalistes, d'un dirigeant d'extrême droite, dans laquelle il s'en prend vivement aux "noirs", aux "Arabes" et à l'islam. Ce propos pourtant "ne sortent pas de la bouche d'un membre du Front national de Jean-Marie Le Pen mais de l'un des plus éminents anciens porte-parole de la gauche française", tiennent même à préciser les journalistes israéliens en prélude à l'interview. Selon eux, l'essayiste aurait à plusieurs reprises précisé lors de leur entrevue, qui s'est déroulée à Paris, qu'"il est impossible, peut-être même dangereux de dire ces choses aujourd'hui en France". "Black-black-black" Car en effet, Alain Finkielkraut s'en prend vivement aux jeunes des banlieues qui, selon lui, sont avant tout des immigrés. "En France, on a tendance à réduire ces émeutes à leur dimension sociale, de les voir comme une révolte des jeunes des banlieues contre leur situation (…)", affirme l'éditorialiste. "Le problème, c'est que la plupart de ces jeunes sont des noirs ou des arabes avec une identité musulmane." Selon lui, la preuve en est que "en France, il y a également d'autres immigrants en situation difficile–Chinois, Vietnamiens, Portugais- et ils ne prennent pas part aux émeutes. Donc, il est clair qu'il s'agit d'une révolte avec un caractère ethnico-religieux". "Serait-ce la réponse des Arabes et des noirs au racisme dont ils sont victimes ?", s'interroge-t-il tout de même, avant de se répondre : "Je ne le crois pas car cette violences a eu des signes précurseurs très inquiétants". L'écrivain en veut pour preuve le matche France Algérie d'octobre 2001 au cours duquel des jeunes avaient sifflé La Marseillaise. "Les gens disent que l'équipe nationale françaises est admirée par tous car elle est "black-blanc-beur". En réalité, l'équipe nationale est aujourd'hui "black-black-black", ce qui en fait la risée de toute l'Europe." "Un progrom anti-républicain" L'animateur de "Répliques", chaque semaine sur France-Culture, estime par ailleurs "sur ce sujet, il faut être clair". "On a tendance à avoir peur du langage de vérité, pour des raisons 'nobles'. On préfère dire 'les jeunes' que 'noirs' ou 'arabes'. Mais on ne peut sacrifier la vérité quelles que soient les nobles raisons. Il faut bien entendu éviter les généralisations: Il ne s’agit pas de tous les noirs et de tous les Arabes, mais d’une partie des noirs et des Arabes." S'il précise ne pas avoir employé le terme "Intifada" pour désigner les violences urbaines, l'écrivain a "pourtant découvert qu’eux aussi envoyaient en première ligne de la lutte les plus jeunes, et vous en Israël vous connaissez çà, on envoie devant les plus jeunes parce qu’on ne peut pas les mettre en prison lorsqu’ils sont arrêtés. Quoiqu’il en soit ici il n’y a pas d’attentats et on se trouve à une autre étape: je pense qu’il s’agit de l’étape du pogrom antirépublicain. Il y a des gens en France qui haïssent la France comme République." La formule du "pogrom anti-républicain" était déjà apparue dans un entretien d'Alain Finkielkraut au Figaro le 15 novembre. "La violence actuelle n'est pas une réaction à l'injustice de la République, mais un gigantesque pogrom antirépublicain", disait-il. "Ce pays mérite notre haine" Sur le racisme dont pourraient être victimes les étrangers en France, Alain Finkielraut porte également dans le Haaretz un regard singulier en commençant par rappeler son parcours personnel: "Je suis né à Paris, mais je suis le fils d'immigrants polonais. Mon père a été déporté de France. Ses parents ont été déportés et assassinés à Auschwitz. Mon père est revenu d'Auschwitz en France. Ce pays mérite notre haine: ce qu'il a fait à mes parents était beaucoup plus violent que ce qu'il a fait aux Africains. Qu'a-t-il fait aux Africains? Il ne lui a fait que du bien." "Le problème est qu’il faut qu’ils se considèrent eux-mêmes comme Français. Si les immigrants disent: "les Français" quand ils parlent des blancs, alors on est perdus. Ils disent: 'Je ne suis pas Français, je vis en France, et en plus ma situation économique est difficile'. Personne ne les retient de force ici, et c’est précisément là que se trouve le début du mensonge. Parce que s’ils étaient victimes de l’exclusion et de la pauvreté ils iraient ailleurs. Mais ils savent très bien que partout ailleurs, et en particulier dans les pays d’où ils viennent, leur situation serait encore plus difficile pour tout ce qui concerne leurs droits et leurs chances.". Selon Alain Finkelkraut, il existerait également un antisémitisme des noirs, incarné aux Etats-Unis par Luis Farrakhan, et en France par Dieudonné qui aujourd'hui aurait pris la place de Jean-Marie Le Pen en tant que "vrai patron de l'antisémitisme". "Mais en France, au lieu de combattre ce genre de propos, ils font exactement ce qu'il demande: ils changent l'enseignement de l'histoire de la colonisation et l'histoire de l'esclavage dans les écoles. Maintenant, l'enseignement de l'histoire coloniale est exclusivement négative. Nous n'apprenons plus que le projet colonial a aussi apporté l'éducation, a apporté la civilisation aux sauvages. L'écrivain s'en prend vivement à l'antiracisme en affirmant que "l’idée généreuse de guerre contre le racisme se transforme petit à petit monstrueusement en une idéologie mensongère. L’antiracisme sera au vingt et unième siècle ce qu’a été le communisme au vingtième." Re: Finkielkraut, les "noirs" et les "arabes"
Auteur: rifton75
Date: le 23 novembre 2005 à 19h25
c un philosophe de caniveau il transpire la haine Re: Finkielkraut, les "noirs" et les "arabes"
Auteur: Salaheddine
Date: le 23 novembre 2005 à 19h28
Le Monde c/c :
On voudrait réduire les émeutes des banlieues à leur dimension sociale, y voir une révolte de jeunes contre la discrimination et le chômage. Le problème est que la plupart sont noirs ou arabes, avec une identité musulmane. En France, il y a d'autres émigrants en situation difficile. Ils ne participent pas aux émeutes. Il est clair que nous avons affaire à une révolte à caractère ethnico-religieux." Tel est le point de vue du philosophe Alain Finkielkraut, qu'il développe dans une longue interview au quotidien israélien Haaretz du 18 novembre. Le journal le présente comme "une voix très déviante, d'abord parce que ces propos ne sortent pas de la bouche de Jean-Marie Le Pen". La crise des cités est-elle une réaction au racisme dont sont victimes les Arabes et les Noirs ?, lui demande le quotidien. "Je ne le pense pas, répond le philosophe. (...) On nous dit que l'équipe de France est admirée parce qu'elle est black-blanc-beur. (...) En fait, aujourd'hui, elle est black-black-black, ce qui fait ricaner toute l'Europe." Voir dans les émeutes "une réponse au racisme français, c'est être aveugle à une haine plus large : celle de l'Occident" qui anime, selon lui, les jeunes banlieusards. "On a peur du langage de vérité. Pour des raisons nobles, on préfère dire "jeunes" que "noirs" ou "arabes", dit-il. "Je n'ai pas parlé d'intifada des banlieues. J'ai pourtant découvert qu'eux aussi envoient en première ligne les plus jeunes. Vous, en Israël, connaissez cela : on envoie les jeunes devant parce qu'on ne peut pas les mettre en prison.(...) Il s'agit d'un pogrom antirépublicain : il y a en France des gens qui haïssent la République." Pour quelle raison ? "Eux et ceux qui les justifient disent que cela provient de la fracture coloniale", répond M. Finkielkraut. "Le principal porte-parole de cette théologie, c'est Dieudonné, qui est le vrai patron de l'antisémitisme, et non le Front national. Mais au lieu de combattre son discours, on fait précisément ce qu'il demande : on change l'enseignement de l'histoire coloniale et de l'esclavage. Désormais, on enseigne qu'ils furent uniquement négatifs, et non que le projet colonial entendait éduquer et amener la culture aux sauvages." Rappelant que son père fut déporté de France à Auschwitz, il ajoute : " Qu'a fait ce pays aux Africains ? Que du bien. A mon père, il a fait subir cinq ans d'enfer. Pourtant, je n'ai jamais été éduqué dans la haine. Or celle des Noirs (contre la France) est pire encore que celle des Arabes." Les journalistes notent que beaucoup d'enfants d'immigrés ne se sentent pas respectés comme français. Réponse : "Ils disent : "Je ne suis pas français, je vis en France et en plus ma situation économique est difficile." Mais personne ne les retient ici de force." Quant aux motivations des jeunes des cités, elles n'ont aucun lien avec l'emploi, selon lui. Que veulent-ils ? "C'est simple : l'argent, les marques et, parfois, les filles." Certes, reconnaît-il, "il existe des Français racistes, qui n'aiment pas les Arabes et les Noirs". "Ils les aimeront encore moins en prenant conscience de combien ceux-ci les haïssent (...) Imaginons que vous gérez un restaurant. Un jeune vous demande un emploi. Il a l'accent des banlieues. C'est simple : vous ne l'engagerez pas, c'est impossible." Voilà, se désole-t-il, "des propos de bon sens", mais, dans la France actuelle, "on leur préfère le mythe du "racisme français"". Et de conclure : "L'antiracisme sera au XXIe siècle ce que fut le communisme au XXe." Re: Finkielkraut, les "noirs" et les "arabes"
Auteur: Djenine
Date: le 23 novembre 2005 à 19h31
A vomir !En effet !
Vivre sous occupation, c'est l'humiliation à chaque instant de sa vie ... Résister à l'occupation, c'est vivre libre ! Aujourd'hui Gaza, demain Al-Qods ! Re: Finkielkraut, les "noirs" et les "arabes"
Auteur: sawsen9
Date: le 23 novembre 2005 à 19h46
comment une personne ayant des origines juives puisse se ranger du coté de la haine en ne pas admettant que nous les enfants d'immigrés nous subissont le racisme!!!
Ces personnes veulent chaque année nous faire rappeler chaque année par diverses manifestations toutes les exactions qui ont été commises par les nazis sur leur peuple et en meme temps nous crachent à la figure en nous faisant comprendre qu'on a pas notre place en europe pour des problemes culturels???????????????????????????????????,,, Re: Finkielkraut, les "noirs" et les "arabes"
Auteur: Salaheddine
Date: le 23 novembre 2005 à 22h20
Ce type est une vraie ordure.
Lorsque Bruno Golnish avait fait des déclarations sur les juifs, il a été viré de l'Education Nationale, il n'est plus prof à Lyon. ce type mérite le même sort. Re: Finkielkraut, les "noirs" et les "arabes"
Auteur: Iron-man
Date: le 23 novembre 2005 à 22h23
Un "philosophe" à 2 balle,pfffffff... Re: Finkielkraut, les "noirs" et les "arabes"
Auteur: Salaheddine
Date: le 23 novembre 2005 à 22h46
Le racisme est un délit et non une opinion. Ces philosophes à deux balles ignorent cela. Edité 1 fois. Dernière modification le 23-11-05 23h13. Re: Finkielkraut, les "noirs" et les "arabes"
Auteur: El Insan
Date: le 23 novembre 2005 à 23h36
Finkielkraut, Bernard Henry Levy, Couchener... Voici venue la philosophie des ténébres, ces individus contribuent depuis des décénnies au déclin des dogmes fondateurs des civilisations Chretiennes, et Musulmanes, ils vivent en France, ils se disent Français, mais leur coeur et leur regard est constamment tourné vers israel. Edité 1 fois. Dernière modification le 23-11-05 23h37. Re: Finkielkraut, les "noirs" et les "arabes"
Auteur: El Insan
Date: le 23 novembre 2005 à 23h45
Il est insurpotable a un intellectuel Juif de voir que certains Musulmans sont considérés comme des victimes par la masse populaire tout bonnement parceque la victimisation est la base meme de leur idéologie, alors pas touche à la propriété Juive.
Un exemple frappant, le terme de génocide n'était attribué qu'au peuple Juif depuis plus de 50 ans , il a fallut beaucoup de perseverence et d'obstination pour faire passer l'idée qu'un autre peuple pouvait etre victime d'atrocités tels que les Juifs l'ont vécu. Re: Finkielkraut, les "noirs" et les "arabes"
Auteur: siryne
Date: le 24 novembre 2005 à 00h15
Ils ne sont pas malheureux, ils sont musulmans
mercredi 23 novembre 2005 Extraits d’un reportage de 6 pages dans le supplément hebdomadaire de Haaretz daté du 18 novembre Pour contribution au débat : traduction de l’hébreu - extraits - Michel Warschawski - Michèle Sibony N.B. Tous les passages en italiques sont des traducteurs Titre : Ils ne sont pas malheureux, ils sont musulmans Chapeau : Le philosophe juif Alain Finkelkraut, l’un des plus célèbres intellectuels français et porte-drapeau de la guerre contre le nouvel antisémitisme ne peut pas entendre parler maintenant de racisme français, de pauvreté et d’exclusion. Qu’on le laisse tranquille avec ce discours mensonger. De son point de vue, tout est clair, malgré tout ce que la France a fait pour eux les fils d’immigrés islamiques la haïssent. C’est comme ça dans leur culture. Et les belles âmes bourgeoises et les écoles ramollies les encouragent. Et la France s’en va au diable. Les réponses de Finkelkraut ont visiblement étonné les journalistes qui l’ont interrogé à Paris. Ils signalent que « pourtant, elles n’émanent pas du front national mais de la bouche d’un philosophe qu’on considérait autrefois comme l’un des porte-parole de la gauche française, et l’un des philosophes qui ont mûri dans la révolte des étudiants de mai 68 » Ils précisent d’entrée de jeu que AF, lors de ses réponses, insiste et revient régulièrement sur le fait que « il ne peut plus dire (cela ) en France », « on ne peut pas dire ça en France » « il est peut être dangereux de dire ça en France ». Sur les émeutes en France Question : Dans la presse française, les émeutes dans les banlieues sont perçues surtout comme un problème économique, une réaction violente à une situation de pauvreté dure et de discrimination, alors qu’en Israël, on a plutôt tendance à penser que l’origine de cette violence est religieuse ou du moins ethnique. C’est-à-dire, à voir en elle un élément du combat islamique. Comment vous situez vous par rapport à ces différentes positions ? Réponse : En France, on voudrait bien réduire les émeutes à leur niveau social. Voir en elles une révolte de jeunes de banlieues contre leur situation, la discrimination dont ils souffrent et contre le chômage. Le problème est que la plupart de ces jeunes sont noirs ou arabes et s’identifient à l’Islam. Il y a en effet en France d’autres émigrants en situation difficile, chinois, vietnamiens portugais, et ils ne participent pas aux émeutes. Il est donc clair qu’il s’agit d’une révolte à caractère ethnico-religieux. Q. Et d’où vient-elle ? Est ce une réponse des Arabes et des Noirs au racisme dont ils sont victimes ? R. Je ne le pense pas, parce que cette violence a été précédée de signes annonciateurs très préoccupants que l’on ne peut réduire à une simple réaction au racisme français. Prenons par exemple les événements qui ont accompagné, il y a quelques années, le match de football France-Algérie, ce match s’est déroulé à Paris au stade de France, on nous dit que l’équipe de France est adorée par tous parce qu’elle est « black blanc beur », en fait, aujourd’hui, elle est black black black, ce qui fait ricaner toute l’Europe. Si on fait une telle remarque en France, on va en prison, mais c’est quand même intéressant que l’équipe de France de football soit composée presque uniquement de joueurs noirs. Quoiqu’il en soit, cette équipe est perçue comme le symbole d’une société multiethnique, ouverte, etcŠ Le public dans le stade, des jeunes d’origine algérienne ont hué pendant tout le match cette même équipe. Ils ont même hué la Marseillaise et le match a dû être interrompu quand les jeunes ont envahi le terrain avec des drapeaux algériens. Et il y a aussi les paroles des chansons de rap, des paroles très préoccupantes, de véritables appels à la révolte, je crois qu’il y en a un qui s’appelle docteur R, qui chante « je pisse sur la France je pisse sur de Gaulle » etcŠ ce sont des déclarations très violentes de haine de la France. Toute cette haine et cette violence s’expriment maintenant dans les émeutes, y voir une réponse au racisme français c’est être aveugle à une haine plus large : La haine de l’Occident qui est responsable de tous les crimes. La France découvre cela aujourd’hui. Q. Cela signifie, d’après vous, que ces émeutes ne sont pas orientées contre la France mais contre tout l’Occident ? R. Non, elles sont orientées contre la France, comme ancienne puissance coloniale, contre la France, pays européen. Contre la France avec sa tradition chrétienne, ou judéo-chrétienne. Q. Est-ce que vous pensez que la source de cette haine envers l’Occident parmi les français qui participent à ces émeutes est dans la religion, dans l’islam ? R. Sur ce sujet il faut être clair, c’est une question très difficile et il faut essayer de garder un langage de vérité. On a tendance à avoir peur du langage de vérité, pour des raisons « nobles ». On préfère dire « les jeunes » que « noirs » ou « arabes ». Mais on ne peut sacrifier la vérité quelles que soient les nobles raisons. Il faut bien entendu éviter les généralisations : Il ne s’agit pas de tous les noirs et de tous les arabes, mais d’une partie des noirs et des arabes. Et évidemment la religion, non pas comme religion, mais comme ancre d’identité joue un rôle. La religion telle qu’elle apparaît sur internet et les chaînes de télévision arabes, sert d’ancre d’identification pour certains de ces jeunes. Contrairement à d’autres, moi je n’ai pas parlé d’Intifada des banlieues, et je ne pense pas qu’il faille utiliser ce terme. J’ai pourtant découvert qu’eux aussi envoyaient en première ligne de la lutte les plus jeunes, et vous en Israël vous connaissez ça, on envoie devant les plus jeunes parce qu’on ne peut pas les mettre en prison lorsqu’ils sont arrêtés. Quoiqu’il en soit, ici il n’y a pas d’attentats, et on se trouve à une autre étape : je pense qu’il s’agit de l’étape du pogrom antirépublicain. Il y a des gens en France qui haïssent la France comme république. Q. Mais alors pourquoi ? Pour quelle raison ? R Pourquoi est ce que le monde arabo-musulman, en partie du moins, a déclaré la guerre à l’Occident ? La république est la version française de l’Europe. Eux et ceux qui les justifient disent que cela provient de la fracture coloniale. D’accord, mais il ne faut pas oublier que l’intégration des travailleurs arabes en France à l’époque du pouvoir colonial était beaucoup plus simple. C’est-à-dire que c’est une haine à retardement, une haine a posteriori. Nous sommes témoins d’une radicalisation islamique qu’il faut expliquer dans sa totalité avant d’arriver au cas français, d’une culture qui, au lieu de s’occuper de ses propres problèmes, recherche un coupable extérieur. Il est plus simple de trouver un coupable extérieur. Il est séduisant de se dire qu’en France, tu es exclu et « donnez-moi ! donnez-moi ! » Ca n’a jamais marché comme cela pour personne et ça ne peut pas marcher. De l’école en France et des bienfaits du colonialisme Aux Etats unis également nous sommes témoins de l’islamisation des noirs. C’est Lewis Farkhan en Amérique qui le premier a dit que les juifs ont joué un rôle central dans l’esclavagisme. Et le principal porte-parole de cette théologie en France aujourd’hui, c’est Dieudonné, c’est lui qui est aujourd’hui le vrai patron de l’antisémitisme en France, et non le Front national. Mais en France, au lieu de combattre son discours, on fait précisément ce qu’il demande : on change l’enseignement de l’histoire coloniale et de l’histoire de l’esclavage dans les écoles. On y enseigne aujourd’hui l’histoire coloniale comme une histoire uniquement négative. On n’enseigne plus que le projet colonial voulait aussi éduquer, apporter la civilisation aux sauvages. On ne parle que des tentatives d’exploitation, de domination, et de pillage. Mais en fait qu’est ce que veut Dieudonné ? Il exige une « shoah » et pour les arabes et pour les noirs, mais si l’on met la shoah et l’esclavage sur le même plan, alors on est obligé de mentir, car ce n’était pas une shoah. Et ce n’était pas un crime contre l’humanité parce que ce n’était pas seulement un crime. C’était quelque chose d’ambivalent. Ainsi en est-il également de l’esclavage. Il a commencé bien avant l’Occident. En fait, la spécificité de l’Occident pour tout ce qui concerne l’esclavage, c’est justement tout ce qui concerne son abolition. L’abolition de l’esclavage est une question européenne et américaine. Cette vérité-là sur l’esclavage, il est maintenant interdit de l’enseigner dans les écoles. C’est pourquoi tous ces événements-là m’attristent beaucoup : non pas parce qu’ils se sont produits, après tout il fallait être aveugle et sourd pour ne pas voir qu’ils auraient lieu, mais à cause des explications qui les accompagnent. Elles sont un coup mortel à la France que j’ai aimée, et j’ai toujours dit que la vie deviendrait impossible pour les juifs de France quand la francophobie vaincrait, et c’est ce qui va se passer. Ce que j’ai dit maintenant, les juifs le comprennent. Tout d’un coup, ils regardent autour d’eux et voient tous les « bobos » qui chantent des louanges aux nouveaux « damnés de la terre » et se disent : qu’est-ce que c’est que ce pays, que lui est-il arrivé ? Q. Puisqu’il s’agit, selon vous, d’une offensive islamique, comment expliquez-vous que lors des derniers événements les juifs n’ont pas été attaqués ? R. Premièrement, on dit qu’une synagogue a été attaquée. Mais je pense que ce qu’on a vécu, c’est un pogrom antirépublicain. On nous dit que ces quartiers sont délaissés et que les gens sont dans la misère. Quel lien y a-t-il entre la misère et le désespoir et brûler des écoles ? Je pense qu’aucun juif ne ferait jamais ça. Ce qui unit les juifs laïques, religieux, de la Paix Maintenant ou partisans du grand Israël c’est un mot, le mot schlule (lieu d’étude)* c’est ce qui nous unit tous comme juifs. Et j’ai été tout simplement scandalisé de ces actes qui se sont répétés, et encore plus scandalisé par la compréhension qu’ils ont rencontrée en France. On les a traités comme des révoltés, comme des révolutionnaires. C’est la pire des choses qui pouvaient arriver à mon pays et je suis très malheureux. Pourquoi ? Parce que le seul moyen de surmonter, c’est de les obliger à avoir honte. La honte, c’est le début de la morale. Mais au lieu de les pousser à avoir honte, on leur a donné une légitimité : ils sont « intéressants ». Ils sont « les damnés de la terre ». Imaginez un instant qu’ils soient blancs comme à Rostock en Allemagne, on dirait immédiatement : le fascisme ne passera pas. Un arabe qui incendie une école c’est une révolte, un blanc c’est du fascisme. Je suis daltonien : le mal est le mal, peu importe sa couleur. Et ce mal-là, pour le juif que je suis, est totalement inacceptable. Pire, il y a là une contradiction, car si effectivement ces banlieues étaient dans une situation de délaissement total, il n’y aurait pas de salles de sport à incendier, il n’y aurait pas d’écoles et d’autobus. S’il y a des gymnases, des écoles et des autobus, c’est que quelqu’un a fait un effort. Peut-être insuffisant, mais un effort quand même. Q. Mais pourtant le taux de chômage dans les banlieues est insupportable, près de 40% des jeunes entre 15 et 25 ans n’ont aucune chance de trouver un travail ? R. Revenons un moment à la schule. Lorsque les parents t’envoient à l’école, est-ce que c’est pour trouver un travail ? Moi, on m’a envoyé à l’école pour apprendre. La culture et l’éducation ont une justification en elles-mêmes. Tu vas à l’école pour apprendre, c’est ça le but de l’école. Et ces gens qui détruisent des écoles, que disent-ils en fait ? leur message n’est pas un appel à l’aide ou une exigence de plus d’écoles ou de meilleures écoles, c’est la volonté de liquider les intermédiaires entre eux et les objets de leurs désirs. Et quels sont les objets de leurs désirs ? c’est simple : l’argent, les marques, et parfois, des filles. C’est pourquoi il est certain que notre société a sa responsabilité, parce qu’ils veulent tout maintenant et ce qu’ils veulent, c’est l’idéal de la société de consommation. C’est ce qu’ils voient à la télévision. Racisme et antisémitisme Non à l’antiracisme Mais justement, le philosophe juif qui lutte contre l’antisémitisme pour entrer en guerre contre « la guerre antiraciste ». (Fin des commentaires des journalistes) « Je suis né à Paris et suis le fils d’immigrants polonais, mon père a été déporté de France, ses parents ont été déportés et assassinés à Auschwitz, mon père est rentré d’Auschwitz en France. Ce pays mérite notre haine. Ce qu’il a fait à mes parents était beaucoup plus brutal que ce qu’il a fait aux Africains. Qu’a-t-il fait aux Africains ? Il n’a fait que du bien. A mon père, il lui a fait vivre l’enfer pendant 5 ans. Et on ne m’a jamais enseigné la haine. Aujourd’hui la haine des noirs est encore plus forte que celle des arabes. Q. Mais justement, vous qui combattez le racisme antijuif affirmez que la discrimination et le racisme dont parlent ces jeunes n’existent pas en réalité? R. Bien sûr qu’il y a une discrimination. Et il y a certainement des Français racistes. Des Français qui n’aiment pas les arabes et les noirs. Et ils les aimeront encore moins maintenant quand ils prendront conscience de combien eux-même les haïssent. C’est pourquoi cette discrimination va s’approfondir pour tout ce qui concerne le logement et aussi le travail. Imaginez que vous gérez tous deux un restaurant et vous êtes antiracistes, vous pensez que tous les hommes sont égaux et en plus, vous êtes juifs, c’est-à-dire que pour vous, parler d’inégalité entre les race pose problème, et imaginez qu’un jeune des banlieues vienne demander un emploi de serveur, il a l’accent des banlieues, vous ne l’engagerez pas, c’est très simple. Vous ne l’engagerez pas parce que c’est impossible. Il doit vous représenter, et ceci exige de la discipline, de la politesse et une manière de parler. Et moi je peux vous dire que même des Français blancs qui copient aujourd’hui les codes de conduite des banlieues, et cela existe, se heurteront au même problème exactement. La seule manière de lutter conte la discrimination est de revenir aux exigences, une éducation sévère, c’est le seul moyen. Mais cela aussi il est interdit de le dire. Je ne le peux pas. Ce sont des choses du bon sens auxquelles on préfère le mythe du « racisme français ». Ce n’est pas juste. Nous vivons aujourd’hui dans un environnement de « guerre permanente contre le racisme », et il faut étudier la nature de cet antiracisme. Tout à l’heure, j’ai entendu à la radio quelqu’un qui s’opposait à la décision du ministre de l’Intérieur, Sarkozi, d’expulser quiconque, n’ayant pas la citoyenneté française, a participé aux émeutes et a été arrêté. Et qu’a-t-il dit ? Qu’il s’agissait d’une « épuration ethnique ». J’ai combattu pendant la guerre de Yougoslavie contre l’épuration ethnique des musulmans en Bosnie. Aucune organisation musulmane française ne s’est jointe à nous, ils ne se sont réveillés que pour soutenir les Palestiniens. Et maintenant, on parle d’épuration ethnique ? Il n’y a pas eu un seul mort pendant ces émeutes, en fait si, il y en a eu deux, mais c’était un accident. On ne les poursuivait pas, mais ils se sont enfuis et cachés dans un transformateur électrique malgré les panneaux d’avertissement qui étaient énormes. Mais je pense que l’idée généreuse de guerre contre le racisme se transforme petit à petit monstrueusement en une idéologie mensongère. L’antiracisme sera au vingt-et-unième siècle ce qu’a été le communisme au vingtième. Aujourd’hui les juifs sont attaqués au nom du discours antiraciste : la barrière de séparation, « sionisme égal racisme », la même chose en France. Il faut se garder de l’idéologie de l’antiracisme. Bien sûr, il y a un problème de discrimination, il y a un réflexe xénophobe c’est vrai, mais présenter les événements comme une réaction au racisme est tout à fait mensonger, tout à fait mensonger. Q. Que pensez-vous des moyens qu’utilise le gouvernement français pour mettre fin à la violence, l’état d’urgence, le couvre-feu ? R. Mais c’est tellement normal ! Ce que nous avons vécu est terrible. Il faut comprendre que ceux qui ont le moins de pouvoir dans la société sont les autorités, les gouvernants. C’est vrai, ils sont responsables du maintien de l’ordre, et c’est important, parce que sans eux il y aurait eu une autodéfense, et les gens auraient tiré. Alors, ils maintiennent l’ordre et font cela avec une prudence extraordinaire, il faut les saluer pour cela. En mai 68, il y avait un mouvement tout à fait innocent comparé à celui d’aujourd’hui et il y a eu une violence policière. Ici on jette des cocktails Molotov et on tire à balles réelles. Et il n’y a eu aucun cas de violence policière. (Note des journalistes : depuis l’interview, plusieurs policiers ont été arrêtés suspectés de violence) Il n’y a aucun précédent. Comment maintenir l’ordre ? Par des moyens dictés par le bon sens que, soit dit en passant, 73% des Français soutiennent d’après une enquête du journal Le Parisien. Mais je pense qu’il est trop tard pour provoquer chez eux la honte, parce que à la télévision, à la radio et dans les journaux, ou du moins dans la plupart d’entre eux, on présente aux émeutiers un miroir embellissant. Ce sont des gens « intéressants », on flatte leur souffrance et on comprend leur désespoir. En plus il y a la grande perversion du spectacle. On brûle des voitures pour qu’on puisse le voir à la télévision, cela leur permet de se sentir « importants », de sentir qu’ils vivent dans un quartier important, cette course après le spectacle doit être analysée, elle produit des effets tout à fait pervers. Et la perversion du spectacle est accompagnée de commentaires tout à fait pervers. Si cela ne leur plaît pas qu’ils rentrent chez eux AF. On dit que le modèle républicain s’est effondré dans ces émeutes. Mais le modèle multiculturel ne va pas mieux. Ni en Hollande ni en Angleterre. A Bradford et à Birmingham aussi, ont eu lieu des émeutes sur fond racial. Deuxièmement, l’école républicaine, symbole du modèle républicain, n’existe plus depuis longtemps. Je connais l’école républicaine, j’y ai étudié. C’était une institution avec des exigences sévères, austère, assez antipathique, qui avait construit de hautes murailles pour se protéger du bruit de l’extérieur. Trente années de réformes stupides ont changé ce paysage. L’école républicaine a été remplacée par « la communauté éducative », horizontale et non verticale, on a révisé à la baisse les programmes scolaires, le bruit de l’extérieur est entré, la société est rentrée dans l’école. Ce qui signifie que ce que nous voyons aujourd’hui, c’est en fait l’échec du modèle postrépublicain « sympa ». Le problème avec ce modèle, c’est qu’il se nourrit de ses propres échecs : chaque fiasco est une raison pour le rendre encore plus extrême. L’école sera encore plus « sympa ». En fait, face à ce que nous voyons, le minimum de ce que nous devons exiger, c’est la sévérité et plus d’exigence. Sinon, on aura bientôt des « cours de délinquance ». Ceci est une évolution caractéristique de la démocratie. La démocratie comme processus ainsi que l’a bien montré Tocqueville, ne supporte pas l’horizontalité. En démocratie, il est difficile de supporter des espaces non démocratiques. Tout doit être démocratique dans la démocratie. Mais l’école ne peut pas être ainsi. Elle ne le peut pas. L’asymétrie saute pourtant aux yeux : entre celui qui sait et celui qui ne sait pas, entre celui qui apporte avec lui un monde, et celui qui est nouveau dans ce monde. Le processus démocratique a provoqué une délégitimité de cette asymétrie. C’est un phénomène général dans le monde occidental, mais en France, il prend une forme plus pathétique, parce que l’une des caractéristiques de la France était son éducation sévère. La France a été construite autour de son école. Q. Beaucoup de jeunes disent que le problème est qu’ils ne se sentent pas Français, que la France ne les traite pas comme des Français. R. Le problème est qu’il faut qu’ils se considèrent eux même comme Français. Si les immigrants disent : « les Français » quand ils partent des blancs, alors on est perdu. Si leur identité se trouve ailleurs et s’ils sont en France par intérêt, alors on est perdu. Je dois reconnaître que les juifs aussi commencent à utiliser cette expression, je les entends dire « les Français » et je ne peux pas supporter ça. Je leur dis : « si pour vous, la France n’est qu’une question d’intérêt et votre identité est le judaïsme, alors soyez cohérents avec vous-même, vous avez Israël ». C’est effectivement un grand problème : nous vivons dans une société post-nationale dans laquelle pour tout le monde l’Etat n’est qu’une question d’intérêt, une grande compagnie d’assurance, il s’agit-là d’une évolution très grave. Mais s’ils ont une carte d’identité française, ils sont Français, et s’ils n’en ont pas, ils ont le droit de s’en aller. Ils disent « je ne suis pas Français, je vis en France, et en plus ma situation économique est difficile. » Personne ne les retient de force ici, et c’est précisément là que se trouve le début du mensonge. Parce que s’ils étaient victimes de l’exclusion et de la pauvreté, ils iraient ailleurs. Mais ils savent très bien que partout ailleurs, et en particulier dans les pays d’où ils viennent, leur situation serait encore plus difficile pour tout ce qui concerne leurs droits et leurs chances. Q. Mais le problème aujourd’hui est l’intégration dans la société française de jeunes gens et de jeunes filles de la troisième génération, et non d’une vague de nouveaux immigrants. Ils sont nés en France et ils n’ont nulle part ailleurs où aller. R. Ce sentiment qu’ils ne sont pas Français, ce n’est pas l’école qui le leur donne ; il y a ici des écoles partout. En France, comme vous le savez peut-être, on inscrit les enfants dans les écoles, même s’ils se trouvent illégalement dans le pays. Il y a ici quelque chose de surprenant de paradoxal. L’école pourrait très bien appeler la police puisque l’enfant se trouve en France illégalement, et malgré tout, l’école ne prend pas en considération leur illégalité. Il y a des écoles là-bas, et il y a des ordinateurs partout. C’est là que vient le moment où il faut faire un effort, et ceux qui font les émeutes ne sont pas prêts à faire cet effort. Jamais. Prenez par exemple la langue, vous dites qu’ils sont d’une troisième génération, alors pourquoi est-ce qu’ils parlent le français comme ils le parlent. C’est un français égorgé, l’accent, les mots, la grammaire. C’est à cause de l’école ? A cause des profs ? Q. Puisque les arabes et les noirs, apparemment, n’ont pas l’intention de quitter la France, comment pensez-vous traiter le problème ? R. Ce problème est le problème de tous les pays européens. En Hollande, on est confronté à ce problème depuis l’assassinat de Théo Van Gogh. La question n’est pas « quel est le meilleur modèle d’intégration ? », mais la possibilité même d’une intégration pour des gens qui vous haïssent. Q. Et que va-t-il se passer en France ? R. Je ne sais pas, je suis désespéré. A cause des émeutes et à cause de leur accompagnement médiatique. Ils vont se calmer, mais qu’est-ce que ça veut dire ? Ce ne sera pas un retour au calme. Ce sera un retour à la violence habituelle. Alors, ils vont arrêter parce qu’il y a tout de même un couvre-feu, et les étrangers ont peur, et les dealers veulent reprendre les affaires. Mais ils jouiront du soutien et de l’encouragement à leur violence antirépublicaine, par le biais du discours repoussant de l’autocritique sur leur esclavage et le colonialisme. C’est cela, ce n’est pas un retour au calme, mais à la violence de routine. Q. Alors, votre conception du monde n’a aucune chance ? R. Non. J’ai perdu. Pour tout ce qui concerne la lutte sur l’école, j’ai perdu. C’est intéressant, parce que quand je parle, comme je parle, beaucoup de gens sont d’accord avec moi. Beaucoup. Mais il y a quelque chose en France, une espèce de déni qui provient des « bobos » des sociologues et des assistants sociaux, et personne n’a le courage de dire autre chose. Ce combat est perdu, je suis resté en arrière. Dror Mishani et Aurélia Samothraiz * schule : mot yiddish qui signifie école , désigne plutôt chez les juifs ashkénaze de France la synagogue (ndlt) Traduction de toutes les questions et réponses du philosophe. La parties non traduites sont des passages de commentaires des journalistes qui semblent plutôt surpris de ce qu’ils entendent. Titre sur la couverture du supplément sous la photo de A. Finkielkraut : « Vous les Israéliens, vous me comprenez. » (ndlt) siryne Re: Finkielkraut, les "noirs" et les "arabes"
Auteur: Moreau
Date: le 24 novembre 2005 à 01h53
mercredi 23 novembre 2005
Qui a dit... ? La révolte des banlieues a suscité beaucoup de commentaires. Dont ceux-ci : « En France, on voudrait bien réduire les émeutes à leur niveau social. Voir en elles une révolte de jeunes de banlieues contre leur situation, la discrimination dont ils souffrent et contre le chômage. Le problème est que la plupart de ces jeunes sont noirs ou arabes et s’identifient à l’islam. Il y a en effet en France d’autres immigrants en situation difficile, chinois, vietnamiens, portugais, et ils ne participent pas aux émeutes. Il est donc clair qu’il s’agit d’une révolte à caractère ethnico-religieux. » (…) « On nous dit que l’équipe de France est adorée par tous parce qu’elle est “black blanc beur”, en fait aujourd’hui elle est “black black black”, ce qui fait ricaner toute l’Europe. Si on fait une telle remarque en France, on va en prison, mais c’est quand même intéressant que l’équipe de France de football soit composée presque uniquement de joueurs noirs. » (…) « Il y a aussi les paroles des chansons de rap, des paroles très préoccuppantes, de véritables appels à la révolte, je crois qu’il y en a un, il s’appelle docteur R., qui chante “Je pisse sur la France je pisse sur de Gaulle”, etc. Ce sont des déclarations très violentes de haine de la France. Toute cette haine et cette violence s’expriment maintenant dans les émeutes. Y voir une réponse au racisme français, c’est être aveugle à une haine plus large : la haine de l’Occident qui est responsable de tous les crimes. » (…) « Moi, je n’ai pas parlé d’Intifada des banlieues, et je ne pense pas qu’il faille utiliser ce terme. J’ai pourtant découvert qu’eux aussi envoyaient en première ligne de la lutte les plus jeunes, et vous en Israël vous connaissez ça : on envoie devant les plus jeunes parce qu’on ne peut pas les mettre en prison lorsqu’ils sont arrêtés. Quoi qu’il en soit, ici, il n’y a pas d’attentats et on se trouve à une autre étape : je pense qu’il s’agit de l’étape du pogrom anti-républicain. Il y a des gens en France qui haïssent la France comme République. » (…) « On change l’enseignement de l’histoire coloniale et de l’histoire de l’esclavage dans les écoles. On y enseigne aujourd’hui l’histoire coloniale comme une histoire uniquement négative. On n’enseigne plus que le projet colonial voulait aussi éduquer, apporter la civilisation aux sauvages. On ne parle que des tentatives d’exploitation, de domination et de pillage. Mais en fait qu’est-ce que veut Dieudonné ? Il exige une Shoah et pour les Arabes et pour les Noirs. Mais, si l’on met la Shoah et l’esclavage sur le même plan, alors on est obligé de mentir, car ce n’était pas une Shoah. Et ce n’était pas un crime contre l’humanité parce que ce n’était pas seulement un crime. C’était quelque chose d’ambivalent. » (…) « On les a traités comme des révoltés, comme des révolutionnaires. C’est la pire des choses qui pouvaient arriver à mon pays et je suis très malheureux. Pourquoi ? Parce que le seul moyen de surmonter c’est de les obliger à avoir honte. La honte, c’est le début de la morale. Mais au lieu de les pousser à avoir honte, on leur a donné une légitimité : ils sont “intéressants”. Ils sont “les damnés de la terre”. Imaginez un instant qu’ils soient blancs comme à Rostock en Allemagne ; on dirait immédiatement : le fascisme ne passera pas. Un Arabe qui incendie une école, c’est une révolte ; un Blanc, c’est du fascisme. Je suis daltonien : le mal est le mal, peu importe sa couleur. » (…) « Moi, on m’a envoyé à l’école pour apprendre. La culture et l’éducation ont une justification en elles-mêmes. Tu vas à l’école pour apprendre, c’est ça, le but de l’école. Et ces gens qui détruisent des écoles, que disent-ils en fait ? Leur message n’est pas un appel à l’aide ou une exigence de plus d’écoles ou de meilleures écoles, c’est la volonté de liquider les intermédiaires entre eux et les objets de leurs désirs. Et quels sont les objets de leurs désirs ? C’est simple : l’argent, les marques et parfois des filles. » (…) « Imaginez que vous gérez (…) un restaurant, que vous êtes antiracistes, vous pensez que tous les hommes sont égaux, et en plus, vous êtes juifs, c’est-à-dire que pour vous, parler d’inégalité entre les race pose problème, et imaginez qu’un jeune des banlieues vienne demander un emploi de serveur, il a l’accent des banlieues, vous ne l’engagerez pas, c’est très simple. Vous ne l’engagerez pas parce que c’est impossible. Il doit vous représenter, et ceci exige de la discipline, de la politesse et une manière de parler. » (…) « Je pense que l’idée généreuse de guerre contre le racisme se transforme petit à petit monstrueusement en une idéologie mensongère. L’antiracisme sera au vingt et unième siècle ce qu’a été le communisme au vingtième. » (…) « Mais s’ils ont une carte d’identité française, ils sont français et, s’ils n’en ont pas, ils ont le droit de s’en aller. Ils disent : “Je ne suis pas français, je vis en France, et en plus ma situation économique est difficile.” Personne ne les retient de force ici, et c’est précisément là que se trouve le début du mensonge. Parce que s’ils étaient victimes de l’exclusion et de la pauvreté, ils iraient ailleurs. Mais ils savent très bien que partout ailleurs, et en particulier dans les pays d’où ils viennent, leur situation serait encore plus difficile pour tout ce qui concerne leurs droits et leurs chances. » (…) De qui sont ces propos ? De Jean-Marie Le Pen ? De Bruno Mégret ? Non : d’Alain Finkielkraut, dans un entretien au quotidien israélien Haaretz publié le 18 novembre 2005 (lire la version intégrale en anglais). Et les journalistes qui ont réalisé l’interview jugent utile de préciser que ces déclarations « n’émanent pourtant pas d’un membre du Front national, mais de la bouche d’un philosophe qu’on considérait autrefois comme l’un des porte-parole de la gauche française, et l’un des philosophes qui ont mûri dans la révolte des étudiants de mai 68 »… [www.monde-diplomatique.fr] < phorum break> Re: Finkielkraut, les "noirs" et les "arabes"
Auteur: Moreau
Date: le 24 novembre 2005 à 02h14
"Le primate ou le gorille, on l'aura reconnu, c'est l'apprenti
dictateur du Venezuela, Chavez ; et l'éruption volcanique, c'est évidemment pour la première fois dans son histoire un affrontement généralisé à tout le continent, dont l'une des conséquences possibles sera une nouvelle tension sur les marchés pétroliers et de matières premières, et l'autre, la préparation la plus complète à une tension géopolitique sans précédent entre la Chine et les Etats-Unis." ---- Qui selon vous à pu écrire ce genre de phrases?...La réponse Alexandre Adler, dans un article du figaro daté du 11 mai 2005...voir le lien qui suit... [fr.groups.yahoo.com] Re: Finkielkraut, les "noirs" et les "arabes"
Auteur: mymo
Date: le 24 novembre 2005 à 12h24
El Insan a écrit:
------------------------------------------------------- > Finkielkraut, Bernard Henry Levy, Couchener... > Voici venue la philosophie des ténébres, ces > individus contribuent depuis des décénnies au > déclin des dogmes fondateurs des civilisations > Chretiennes, et Musulmanes, ils vivent en France, > ils se disent Français, mais leur coeur et leur > regard est constamment tourné vers israel. > > > ce qui fait mal EL Insan c'est que ces gens-là sont accueillis comme des rois quand ils viennet au Maroc surtout BHL, mais aussi la star Enrico Macias et les islamophobes du genre Sfeir et Basbous Re: Finkielkraut, les "noirs" et les "arabes"
Auteur: sawsen9
Date: le 24 novembre 2005 à 12h38
Ces "grands philioqophes" comme ils sont considerés dans leur milieu sont là pour essayer de diviser la comunauté musulamne et pire la detruire!!!
vous avez tous lu precedement ce que fielkenkraut pense des enfants d'immigrés venus d'afrique!!! moi j'ai le souvenir que BHL pendant la guerre de yougoslavie disait aux medias épourquoi les musulmans de france et du monde ne soutiennent pas le peuple bosniaque qui subissent un genocide sans precedent a srebrenica : ne sont ils pas leurs freres?". Et "pourquoi toujours ces musulmans du monde et de france soutiennent la palestine alors que des musulmans en bosnie meurent par milliers aux portes de l'europe?"." Sont ils de categorie inferieur pour que les musulmans d'en soucient?". Quand je l'ai entendu dire cà, j'en suis restée bouche-bée!!!!!!!!!!!!!! En gros,lui, juif de confession alarme l'opinion publique de ce qu'il se passe a srebrenica alors que c'est aux musulmans de le faire!!!!!!!!!!!!! Il a voulu prouver aux francais que les musulmans ne sont pas solidaires bien au contraire!!!!!!!!!!!!! J'etais trop remontée contre lui car à l'epoque j'avais contribué à des collectes alimentaires (je ne sais pas si vous en souvenez) afin de les envoyer directement aux bosniaques. Tous ce qui a été fait par les mosquées de ma ville et de la region et de la france toute entiere dans les collectes de fonds aussi envoyer en bosnie..........et parlons meme pas des hommes qui sont aller sur place pour les aider.................bref, tout ca pour vous dire que ces philosophes à deux balles nous veulent du mal et surtout notre destruction!!!!!!!!!!!!!!!! Re: Finkielkraut, les "noirs" et les "arabes"
Auteur: swalid
Date: le 24 novembre 2005 à 15h01
Elle est où Souad SIFAOUI ? Elle n'arrete pas de verser son venin sur les arabo-musulmans... Quand il s'agit de ses maîtres sionistes, elle disparait..
Re: Finkielkraut, les "noirs" et les "arabes"
Auteur: sawsen9
Date: le 24 novembre 2005 à 15h04
swalid a écrit:
------------------------------------------------------- > Elle est où Souad SIFAOUI ? Elle n'arrete pas de > verser son venin sur les arabo-musulmans... Quand > il s'agit de ses maîtres sionistes, elle > disparait.. > mdddddddrrrrrrrrrrr face à la verité que veux tu qu'elle fasse? Re: Finkielkraut, les "noirs" et les "arabes"
Auteur: Souad Sifaoui
Date: le 24 novembre 2005 à 15h07
swalid a écrit:
------------------------------------------------------- > Elle est où Souad SIFAOUI ? Elle n'arrete pas de > verser son venin sur les arabo-musulmans... Quand > il s'agit de ses maîtres sionistes, elle > disparait.. > Alain Finkielkraut est un communautariste comme toi. A mon avis, vous auriez beaucoup de choses à vous dire. Moi, je n'ai rien à lui dire, si ce n'est d'aller faire soigner sa neurasthénie et sa paranoïna galopante (conseil valable pour beaucoup d'autres). Re: Finkielkraut, les "noirs" et les "arabes"
Auteur: sawsen9
Date: le 24 novembre 2005 à 15h10
Souad Sifaoui a écrit:
------------------------------------------------------- > swalid a écrit: > -------------------------------------------------- > ----- > > Elle est où Souad SIFAOUI ? Elle n'arrete pas > de > > verser son venin sur les arabo-musulmans... > Quand > > il s'agit de ses maîtres sionistes, elle > > disparait.. > > > > Alain Finkielkraut est un communautariste comme > toi. A mon avis, vous auriez beaucoup de choses à > vous dire. Moi, je n'ai rien à lui dire, si ce > n'est d'aller faire soigner sa neurasthénie et sa > paranoïna galopante (conseil valable pour beaucoup > d'autres). donne nous ton avis vis a vis de ces philosophes.....bon a part que ce finkielkraut est un communautariste qui doit se faire soigner Re: Finkielkraut, les "noirs" et les "arabes"
Auteur: Souad Sifaoui
Date: le 24 novembre 2005 à 15h22
Alain Fienkielkraut est un réactionnaire néo-nationaliste. Il n'en est pas encore à vanter directement les propos de Le Pen, mais cela ne va pas tarder.
Son cas n'est pas très intéressant, car à mon avis, il s'agit là d'un véritable malade mental. Même la presse israélienne (enfin une part) le présente comme un déviant. La misère culturelle de l'Internet et la pauvreté de la réflexion à coup de copier-coller a présenté ce personnage comme un soutien de Ariel Sharon. C'est absolument faux. Tout en défendant les idée du Sionisme, Finkielkraut n'a jamais approuvé Sharon et son gouvernement. Il était même persuadé que Sharon n'allait jamais se retirer de Gaza et que c'était juste du bluff. Cela étant dit, peut-être qu'aujourd'hui Alain Finkielkraut a passé encore un stade dans sa maladie, et que demain il va soutenir le Kux Kux Klan. Avec les fous, on ne sait jamais. Edité 1 fois. Dernière modification le 24-11-05 15h24. Re: Finkielkraut, les "noirs" et les "arabes"
Auteur: sawsen9
Date: le 24 novembre 2005 à 15h30
Souad Sifaoui a écrit:
------------------------------------------------------- > Alain Fienkielkraut est un réactionnaire > néo-nationaliste. Il n'en est pas encore à vanter > directement les propos de Le Pen, mais cela ne va > pas tarder. > > Son cas n'est pas très intéressant, car à mon > avis, il s'agit là d'un véritable malade mental. > Même la presse israélienne (enfin une part) le > présente comme un déviant. > > La misère culturelle de l'Internet et la pauvreté > de la réflexion à coup de copier-coller a présenté > ce personnage comme un soutien de Ariel Sharon. > C'est absolument faux. Tout en défendant les idée > du Sionisme, Finkielkraut n'a jamais approuvé > Sharon et son gouvernement. Il était même persuadé > que Sharon n'allait jamais se retirer de Gaza et > que c'était juste du bluff. > > Cela étant dit, peut-être qu'aujourd'hui Alain > Finkielkraut a passé encore un stade dans sa > maladie, et que demain il va soutenir le Kux Kux > Klan. Avec les fous, on ne sait jamais. > > > > Edité 1 fois. Dernière modification le > 24-11-05 15h24. s'il etait reellement un reactionnaire néo-nationaliste pourquoi est il dans tous les plateaux qui traitent de pres ou de loin tous les sujets en rappport avec israel? Re: Finkielkraut, les "noirs" et les "arabes"
Auteur: Salaheddine
Date: le 24 novembre 2005 à 15h34
Souad Sifaoui dit :
"Tout en défendant les idée du Sionisme, Finkielkraut n'a jamais approuvé Sharon et son gouvernement." C'est faux et archi-faux, renseigne-toi au lieu de dire n'importe quoi; Re: Finkielkraut, les "noirs" et les "arabes"
Auteur: juifarabe
Date: le 24 novembre 2005 à 15h45
Souad ya Souad!
Je ne sais pas si tu as recu Alain Finkelfraut en consultation dans ton cabinet de psychoterapeute, mais comment as-tu pu diagnostiquer sa "neurasthenie et sa paranoia"?... Il y a un passage de son interview que personne n'a releve: sa famille a souffert du racisme pro-nazi de la France de Vichy. Mais il n'en veut pas a la France, car il sait que la Republique possede des ressources d'auto-critique qui lui permettent d'aller au dela de cette periode sombre, de cette "nuit et brouillard" qui a pollue son Histoire. La conclusion de Finkelfraut est que seul le respect des lois de la Republique pourra instaurer un climat de lutte contre les discriminations. En cela, il s'oppose aux fondamentalistes (de tous bords!) pour lesquels la notion meme de Republique, et les regles de l'action democratique sont totalement etrangeres. Re: Finkielkraut, les "noirs" et les "arabes"
Auteur: rifton75
Date: le 24 novembre 2005 à 15h46
> Souad Sifaoui a écrit: > -------------------------------------------------- > ----- > > Alain Fienkielkraut est un réactionnaire > > néo-nationaliste. Il n'en est pas encore à > vanter > > directement les propos de Le Pen, mais cela > ne va > > pas tarder. > > > > Son cas n'est pas très intéressant, car à > mon > > avis, il s'agit là d'un véritable malade > mental. > > Même la presse israélienne (enfin une part) > le > > présente comme un déviant. > > > > La misère culturelle de l'Internet et la > pauvreté > > de la réflexion à coup de copier-coller a > présenté > > ce personnage comme un soutien de Ariel > Sharon. > > C'est absolument faux. Tout en défendant les > idée > > du Sionisme, Finkielkraut n'a jamais > approuvé > > Sharon et son gouvernement. Il était même > persuadé > > que Sharon n'allait jamais se retirer de Gaza > et > > que c'était juste du bluff. > > > > Cela étant dit, peut-être qu'aujourd'hui > Alain > > Finkielkraut a passé encore un stade dans sa > > maladie, et que demain il va soutenir le Kux > Kux > > Klan. Avec les fous, on ne sait jamais. tu me laisses sans voix , fienklkraur n'as jamais soutenu sharon?????? Re: Finkielkraut, les "noirs" et les "arabes"
Auteur: Souad Sifaoui
Date: le 24 novembre 2005 à 15h50
Salaheddine a écrit:
------------------------------------------------------- > Souad Sifaoui dit : > > "Tout en défendant les idée du Sionisme, > Finkielkraut n'a jamais approuvé Sharon et son > gouvernement." > > C'est faux et archi-faux, renseigne-toi au lieu de > dire n'importe quoi; Oui, et bien prouve le. Sort de ta manche un copier-coller qui faire dire à Finkielkraut : "Je suis à fond derrière Sharon et son gouvernement". Chiche! Fienkielkraut a signé et soutenu la proposition de Genève, que Sharon et son gouvernement ont condamné, lui préférant la "feuille de route". Re: Finkielkraut, les "noirs" et les "arabes"
Auteur: sawsen9
Date: le 24 novembre 2005 à 15h51
juifarabe a écrit:
------------------------------------------------------- > Souad ya Souad! > Je ne sais pas si tu as recu Alain Finkelfraut en > consultation dans ton cabinet de psychoterapeute, > mais comment as-tu pu diagnostiquer sa > "neurasthenie et sa paranoia"?... > > Il y a un passage de son interview que personne > n'a releve: sa famille a souffert du racisme > pro-nazi de la France de Vichy. Mais il n'en veut > pas a la France, car il sait que la Republique > possede des ressources d'auto-critique qui lui > permettent d'aller au dela de cette periode > sombre, de cette "nuit et brouillard" qui a pollue > son Histoire. > > La conclusion de Finkelfraut est que seul le > respect des lois de la Republique pourra instaurer > un climat de lutte contre les discriminations. > > En cela, il s'oppose aux fondamentalistes (de tous > bords!) pour lesquels la notion meme de > Republique, et les regles de l'action democratique > sont totalement etrangeres. > > >je t'assuse que fielkenkraut est aussi un extremiste qui generalise tout et qui a une haine envers les musulmans. pour quelqu'un qui prone la paix, en le defendant tu ne fais que te ranger du coté de la haine, renseigne toi sur lui avant de defendre une personne sous pretexte qu'elle est juive!!!! tu sais on sait faire la part des choses entre un juif qui prone la paix comme gad (il n'a pas besoin d'aller faire des plateaux tele pour) et fielkenkraut le philosophe a deux balles Re: Finkielkraut, les "noirs" et les "arabes"
Auteur: Djenine
Date: le 24 novembre 2005 à 15h52
Finkecrotte doit surement fumer de la coke ! J'ai jamais vu un philosophe s'exciter de la sorte ! L'autre jour sur France 5 il a failli clapser !
Ben mince alors ! Peut être une autre fois ! Vivre sous occupation, c'est l'humiliation à chaque instant de sa vie ... Résister à l'occupation, c'est vivre libre ! Aujourd'hui Gaza, demain Al-Qods ! Re: Finkielkraut, les "noirs" et les "arabes"
Auteur: Souad Sifaoui
Date: le 24 novembre 2005 à 15h55
juifarabe a écrit:
------------------------------------------------------- > Souad ya Souad! > Je ne sais pas si tu as recu Alain Finkelfraut en > consultation dans ton cabinet de psychoterapeute, > mais comment as-tu pu diagnostiquer sa > "neurasthenie et sa paranoia"?... > > Il y a un passage de son interview que personne > n'a releve: sa famille a souffert du racisme > pro-nazi de la France de Vichy. Mais il n'en veut > pas a la France, car il sait que la Republique > possede des ressources d'auto-critique qui lui > permettent d'aller au dela de cette periode > sombre, de cette "nuit et brouillard" qui a pollue > son Histoire. > > La conclusion de Finkelfraut est que seul le > respect des lois de la Republique pourra instaurer > un climat de lutte contre les discriminations. > > En cela, il s'oppose aux fondamentalistes (de tous > bords!) pour lesquels la notion meme de > Republique, et les regles de l'action democratique > sont totalement etrangeres. > > > Tout cela est bien joli, mais je ne le crois pas. Finkielkraut est visiblement aujourd'hui sur la seule emprise de l'émotion et non de la raison. Je pense qu'il est vraiment atteint d'une maladie mentale... Laquelle? Peut-être une lepénisation fulgurante et cancéreuse... Je lui propose quelques mois de retraite au soleil du Sénégal... Re: Finkielkraut, les "noirs" et les "arabes"
Auteur: siryne
Date: le 24 novembre 2005 à 16h20
Finkielkraut et sa vision personelle de l’esclavage
10 juin 2005 par Paul Draszen « Les victimes antillaises de l’esclavage qui vivent aujourd’hui de l’assistance de la Métropole, mais passons... » Contrairement aux apparences, il ne s’agit pas d’une déclaration de Jean-Marie Le Pen, de Bruno Golnich ni de Bruno Maigret. Nous imaginerions pourtant sans peine ces propos sortir de leur bouche tout comme nous imaginerions les réactions qu’ils auraient suscité : indignation, condamnation, poursuites judiciaires... Ces propos n’ont donc pas été tenus par l’un des ténors de l’extrême droite. Ils ont tout simplement été tenus par l’un de nos « donneurs de leçons médiatiques », le célèbre et incontournable Alain Finkielkraut. Ne soyons pourtant pas injustes avec lui. Ne faisons pas preuve de mauvaise foi en oubliant le contexte de ses propos comme Pierre-André Taguieff, BHL, Alexandre Adler ou Finkielkraut lui-même savent si bien le faire à l’égard de ceux qu’ils qualifient trop facilement d’antisémites. Notons aussi que ces propos n’ont eu pour échos que l’indifférence des médias traditionnels. Visiblement, ces derniers se soucient bien plus de savoir si un Noir peut librement se déhancher et absorber des boissons alcoolisés comme tout un chacun dans une boîte de nuit que de dénoncer des actes et des propos racistes pourtant intolérables même et surtout s’ils sont tenus par des personnalités supposées respectables. Revenons à notre philosophe qui a tenu ces propos sur la Radio de la Communauté Juive (RCJ), qui comme son nom l’indique est à destination de la communauté Juive. Ce contexte est si important que Finkielkraut lui-même a tenu à le préciser a posteriori et suite au tollé que son intervention a suscité au sein de la communauté Noire et sur Internet. « Quand je vais sur une radio juive, je me dis : « je vais sur une radio juive ». Aujourd’hui, on ne peut plus se dire ça. Quand je vais n’importe où, je suis potentiellement suivi par le monde entier. » Une telle déclaration n’est-elle pas tout simplement la reconnaissance explicite d’un double discours ? Même si RCJ est une radio communautaire, comme il en existe beaucoup d’autres, toute personne juive et non juive disposant d’un poste de radio est en mesure de l’écouter et d’enregistrer ses programmes. Une personnalité aussi médiatisée qu’Alain Finkielkraut connaît suffisamment bien le fonctionnement de la radio et des médias en général pour ne pas être surpris par la vitesse à laquelle une information ou des propos peuvent circuler et dépasser l’auditoire d’origine. Pourtant, Alain Finkielkraut paraît être gêné par ce phénomène qui semble nuire au double discours qu’il reconnaît tenir. Le premier semble destiné à l’ensemble de la communauté française tandis que le second serait réservé à la communauté juive. Ceci est bien étrange car il n’y a pas si longtemps, un intellectuel basané de confession musulmane, Tariq Ramadan pour ne pas le nommer, a subi et continue à subir un formidable lynchage médiatique au motif qu’un double discours lui était reproché : le premier pour l’ensemble de la communauté française et le second pour la communauté arabo-musulmane. Ajoutons à ceci que ce double discours, reconnu par Alain Finkielkraut, est empreint d’un communautarisme habituellement combattu et condamné avec vigueur par tous les grands défenseurs de la laïcité et pourfendeurs du communautarisme. Cette fois-ci, ceux-ci sont restés désespérément muets. Ne devraient-il pas pourtant le condamner comme le fut l’islamologue suisse ? Visiblement il y a une subtilité qui nous échappe et qui pourtant est suffisamment importante pour justifier cette différence de traitement. Mais comment donc Finkielkraut en est-il arrivé à tenir de tels propos ? C’est une fois de plus la faute de Dieudonné saurait-on tenté de dire. Notre philosophe réagit à l’agression, étrangement passée inaperçue dans les médias, dont l’humoriste a été victime en Martinique et surtout au soutien que les martiniquais lui ont apporté. « Et en plus, Dieudonné évidemment, en a profité en Martinique mais peut-être n’aurait-il pas eu besoin de cela pour jouer 2 soirs de suite à guichet fermé devant une foule surexcitée. » Notre donneur de leçon est visiblement agacé par cette publicité dont bénéficie Dieudonné en Martinique. Et c’est ainsi que Finkielkraut en arrive à cette fameuse phrase : « Les victimes antillaises de l’esclavage qui vivent aujourd’hui de l’assistance de la Métropole... » À écouter notre philosophe et humaniste, ce n’est pas normal que Dieudonné puisse avoir du succès. Non seulement Finkielkraut ne peut accepter que les martiniquais lui aient permis de faire salle comble deux soirs de suite, mais il n’accepte pas plus le fait qu’ils lui aient manifesté massivement leurs soutiens notamment après l’agression dont Dieudonné a été l’objet. Comment expliquer cela ? C’est un peu comme le succès de Dieudonné au Zénith à Paris, il surprend et exaspère ses adversaires. Pour la métropole, Finkielkraut et consorts ont trouvé comme explication que les spectateurs du Zénith étaient des antisémites. C’est à cette occasion que le grand BHL nous a gratifié d’un article sur Dieudonné en fils de Le Pen. Mais pour la Martinique, Finkielkraut n’a pas pu ou pas osé traiter les martiniquais d’antisémites comme les spectateurs du Zénith. Il a préféré choisir un autre type d’attaque qui reprend d’ailleurs des arguments appartenants aux mouvements racistes et à l’extrême droite. Ainsi les martiniquais soutiendraient Dieudonné et lui feraient un énorme succès car ils seraient des assistés. On retrouve ici l’image du noir (et plus généralement du non occidental) qui serait oisif et qui passerait le plus clair de son temps à profiter du soleil, de la plage et de la nourriture voir de la boisson. De ce fait le martiniquais n’aurait rien de mieux à faire que soutenir un personnage comme Dieudonné. Mais le « festival Finkielkraut » ne s’arrête pas là. Il lui faut aller au bout de son raisonnement et exprimer pleinement ses idées. Il poursuit donc en donnant une analyse, assez rapide d’ailleurs, de la traite négrière en rappelant les trois axes qui l’ont constitué, et qui nous sont d’ailleurs souvent rappelés en ce moment, à savoir l’axe occidental, l’axe arabe et l’axe africain. Les précisions qu’il nous donne sont très importantes car ce qui ressort de son « analyse » c’est que « l’homme blanc » a certes été un esclavagiste mais a fini par se laisser gagner par l’esprit des lumières, expression qu’il serait d’ailleurs fort intéressant de définir, en devenant abolitionniste. Notre philosophe insiste sur le fait que l’homme blanc n’a pas été le seul à pratiquer l’esclavage, il y a eu les Arabes, « méchants Arabes » devrait-on dire pour suivre le courant de notre philosophe et de ses amis et enfin il y a également eu les Africains. Les Africains, cette précision sur laquelle certains historiens reviennent aujourd’hui avec beaucoup d’insistance pour nous expliquer que des noirs ont participé à l’esclavage comme si cela permettait de minimiser l’importance de ce crime contre l’humanité qu’est l’esclavage. Que penserait Finkielkraut si un intellectuel noir ou arabe insistait pour rappeler qu’il y a eu des juifs qui ont collaboré et participé à l’extermination des juifs pendant la deuxième guerre mondial ? Ce type d’information permet-il de minimiser l’importance de ce crime contre l’humanité ? Bien sûr que non ! Alors pourquoi le faire quand il s’agit des noirs ? Que penser donc de ces propos et de ces idées exprimés par Finkielkraut ? Un regrettable dérapage ? Un malentendu ? Ou simplement l’expression du fond de sa pensée ? Notre philosophe nous propose sa propre explication. Par ses propos, ce qu’il dénonce c’est le fait d’avoir une aide, d’en dépendre mais dans le même temps de critiquer celui qui fournit cette aide : « Mais ce que je n’aime pas, c’est que l’on puisse...méconnaître cette réalité et jouer sur les deux tableaux de la subversion, de la colère, de la révolte, et de la subvention, si vous voulez. Et ça, cette dualité subversion/subvention, c’est un phénomène très contemporain, qui est le lot de nombreuses révoltes aujourd’hui, eh bien, je le dénonce partout où je le reconnais, aux Antilles comme ailleurs. » « Donc, je ...ne veux pas dire que les Antillais sont des assistés, il y a une aide, cette aide existe, elle est légitime, mais que ceux qui en bénéficient, que ces bénéficiaires fassent le procès délirant d’une France toujours esclavagiste et toujours coloniale : non. Ils se mentent à eux-mêmes. » Il ne faut donc pas critiquer la main qui te nourri serait-on tenté de dire. Voici un discours pour le moins colonialiste ! Alors peut-être n’était ce qu’un regrettable dérapage de la part de notre philosophe, après tout cela peut arriver à tout le monde même à un intellectuel de sa pointure. Pourtant un événement postérieur à ce « dérapage » vient semer le doute dans nos esprits. Il s’agit de la fameuse pétition contre « le racisme anti-blanc ». Il est évidemment important de dénoncer toutes les formes de racisme. Mais la formulation de cette pétition est pour le moins étrange. Il y est question de racisme anti-blanc et anti-français. Il est donc sous-entendu que les français sont des blancs. Par extension les noirs (et les beurs) ne peuvent donc pas être des français. Ce raisonnement est non seulement très inquiétant mais parfaitement raciste ! Il ne fait pas de doute qu’un racisme anti-blanc existe, tout comme il existe un racisme anti-noir, anti-juif, anti-musulman, anti-asiatique et malheureusement tant d’autres. Tout comme il ne fait pas de doute que ceux qui subissent le plus de discrimination notamment à l’embauche, dans la recherche d’un logement, dans les rapports avec l’administration sont ceux qui n’ont pas la peau blanche, qui ont un patronyme typé, parle avec un accent et ont des origines étrangères. La question que nous devons nous poser c’est pourquoi ce racisme anti-blanc et anti-français est-il dénoncé maintenant ? Est-ce un hasard s’il intervient à la suite de la dernière affaire Dieudonné ? Est-ce un hasard s’il fait suite au soutien qu’une part importante de la communauté noire a apporté à Dieudonné après son agression en Martinique et ses lynchages médiatiques à répétition ? Est-ce un hasard s’il intervient à un moment où la communauté noire réclame que l’esclavage soit considéré et traité au même titre que la shoa ? On ne peut s’empêcher de se poser toutes ces questions et bien d’autres. Tout comme nous aimerions savoir ce que Finkielkraut et ses amis pétitionnaires, dont Bernard Kouchner, avaient en tête quand ils ont eu l’idée de cette pétition. Quel est leur objectif avoué ou non avoué ? Pour revenir sur Bernard Kouchner, on ne peut constater qu’il ne cesse de nous décevoir depuis qu’il a soutenu la guerre en Irak et qu’il a fait un rapport pour le moins complaisant sur les activités de la société TOTAL en Birmanie. Les propos de Finkielkraut et cette pétition sont réellement troublants et s’apparentent à une dérive des plus ignobles et détestables. Comment et pourquoi des personnes telles que Finkielkraut et Kouchner, pour ne citer qu’elles, qui étaient connues pour leur humanisme et leur ouverture d’esprit, ont pu se retrouver dans une telle situation qu’ils semblent parfaitement assumer ? Est-ce un choix politique ? Est-ce un choix communautariste ? Est-ce un choix raisonné ou passionnel ? Bien sûr nous ne pouvons donner de réponses certaines à ces questions mais nous pouvons exprimer une grande inquiétude quand des personnalités connues qui disposent d’une image et d’une renommée comme celle de Bernard Kouchner et d’Alain Finkielkraut soutiennent des idées et des propos qui n’ont rien à envier à l’extrême droite. Ce que l’on n’accepte pas d’un Megret, d’un Gollnish ou Le Pen nous ne devons pas l’accepter d’un Kouchner ou d’un Finkielkraut. Ce que tout citoyen qui se dit tolérant, démocrate et respectueux des valeurs républicaines se doit de combattre ce n’est pas un Le Pen mais les idées d’un Le Pen. siryne Re: Finkielkraut, les "noirs" et les "arabes"
Auteur: Souad Sifaoui
Date: le 24 novembre 2005 à 16h21
Israël
La querelle Finkielkraut-Brauman Après la seconde Intifada, le conflit israélo-palestinien s'est exporté en France. Un affrontement idéologique a vu le jour entre ceux, comme Rony Brauman, qui pensent qu'il n'est pas permis de critiquer l'Etat hébreu sans être taxé d'antisémite et les autres, tel Alain Finkielkraut, qui sont convaincus de l'émergence, dans notre pays, d'un antisémitisme nouveau paré du visage de la bonne conscience. Nous avons tenté de les faire dialoguer. Débat animé par Marie-Françoise Leclère et Elisabeth Lévy Depuis le début de la seconde Intifada en septembre 2000, le conflit israélo-palestinien est un « marqueur » idéologique en France. Les hostilités entre « pro-palestiniens » et « pro-israéliens » se conjuguent aux empoignades sur islamophobie et judéophobie. Des camps se sont formés, dont Rony Brauman et Alain Finkielkraut peuvent apparaître comme les porte-étendards. Simultanément praticien et analyste lucide de l'humanitaire, ex-gauchiste nourri au lait antitotalitaire, « extrémiste de la démocratie », Brauman, qui vient de participer à un ouvrage collectif publié par La Découverte (1), ne cache pas sa réserve à l'égard du projet sioniste. Pour ce juif de l'exil choisi, la nécessaire dénonciation de l'antisémitisme en France ne saurait empêcher la critique radicale de la politique israélienne. Quant à Finkielkraut, défenseur passionné de l'universalisme principiel qui a fait de lui un Français emblématique, il est aujourd'hui l'avocat inquiet de la singularité juive. Dans « Au nom de l'Autre », il s'interroge sur l'innovation que constitue un « antisémitisme qui s'exprime dans la langue de l'antiracisme » (2). Sur ce champ de bataille que sont les médias, les coups échangés ont presque fermé toute possibilité d'échanges d'arguments. On peut se féliciter qu'ils aient accepté de se parler. La rencontre est difficile. Elle tourne souvent à la confrontation. Le fait qu'elle a eu lieu témoigne pourtant de la persistance d'un monde commun - LE POINT : Vous étiez en phase durant la guerre en Yougoslavie. Depuis que le conflit du Proche-Orient et ses retombées en France ont enflammé le champ des idées, vous ne vous êtes guère parlé, sauf pour vous affronter devant les caméras ou les micros. Pourriez-vous, chacun à votre tour, exposer vos griefs envers l'autre ? RONY BRAUMAN : Le principal reproche que je ferai à Alain Finkielkraut, concernant la politique israélienne, est de s'intéresser plus à la critique de la critique qu'aux faits eux-mêmes. Vous élaborez savamment sur les usages idéologiques des mots tels qu'occupation, ou colon, et vous renvoyez toute critique d'Israël à un mouvement général de bannissement des juifs. Résultat, vous passez par pertes et profits la situation réelle, concrète du terrain, l'occupation elle-même, pour focaliser l'attention sur les discours plus ou moins pertinents et la terminologie parfois malsaine. Mais la réalité de l'oppression est cruellement absente de votre propos. ALAIN FINKIELKRAUT : Il se déverse aujourd'hui, dans le monde arabo-musulman, des flots de haine antijuive. Du Maroc au Pakistan, on accuse ceux qu'on n'appelle plus les sionistes, mais les juifs, d'écraser la Palestine et de dominer le monde. Cette vague n'épargne pas la France où des synagogues sont incendiées pour la première fois depuis 1945 et où l'injure « sale juif » sévit dans les cours d'école. Ce que je reprocherai à Rony Brauman, devant un tel phénomène, c'est de contribuer à la délivrance d'un permis de haïr, en retraduisant systématiquement le conflit israélo-palestinien dans la langue de l'antiracisme et en accusant d'islamophobie les rares personnes qui dénoncent publiquement ce phénomène. Votre discours est à la fois celui de la dénégation et celui de l'autorisation de ce qu'il dénie. Si les Israéliens, et les juifs qui les soutiennent, sont des nazis ou des racistes, la haine des juifs s'impose. Quand Etienne Balibar affirme que la « barrière de sécurité » sépare un peuple de détenus d'un peuple de gardiens de camp, il nous invite à ne jamais pleurer la mort d'aucun gardien de camp. Qui va verser des larmes sur ce qui arrive à un Mengele ? Le mur est un problème, son tracé est un scandale, mais ce n'est pas un mur de l'Apartheid. L'Apartheid, c'est une idéologie de l'inégalité des races. Il n'y a pas d'idéologie de ce type en Israël. R. B. : Vous voyez bien ! Nous avons à peine commencé la discussion que déjà vous renvoyez l'ensemble du propos dans ces grandes généralités : le monde islamique, le racisme, l'antisémitisme sans équivalent depuis 1945. Quant au mur de l'Apartheid, cette expression n'est pas de moi, mais je ne la trouve pas scandaleuse. Oui, il y a un racisme institutionnalisé en Israël, d'ailleurs la commission ORR elle-même a parlé de discrimination instituée. Peut-être qu'Etienne Balibar manifeste une outrance inacceptable lorsqu'il parle du mur de l'Apartheid. Mais ce qui m'intéresse, c'est le mur. Et je voudrais savoir si c'est là l'idée d'Israël que vous avez défendue dans vos livres. Cette citadelle surarmée continue à déposséder de manière quotidienne la population palestinienne, de plus en plus poussée vers le nihilisme : je rappelle que près de 50 % de la Cisjordanie et 15 % de la bande de Gaza sont aujourd'hui sous contrôle israélien. Si ce n'est pas l'idée que vous vous faites d'Israël, peut-être pouvons-nous nous accorder sur une critique minimale. L. P. : Considérez-vous, Rony Brauman, qu'Israël est fondé sur une idéologie raciste ? R. B. : Historiquement, le sionisme est à la fois un mouvement de libération nationale et un mouvement colonial. La démarche coloniale se traduit notamment par la transparence des sujets de tout territoire colonial. On dirait que les fondateurs d'Israël n'ont pas vu qu'il y avait des Palestiniens en Palestine. Comme le disait l'un des premiers dirigeants du Mapam (gauche socialiste), de retour d'un voyage en Galilée : « C'est une terre aride. Je n'ai vu que des cactus, des rochers et des Bédouins. » Aujourd'hui, les conséquences de cette cécité apparaissent de façon éclatante et sanglante. Si la Palestine avait été une terre vide, le projet sioniste aurait correspondu au rêve des pionniers travaillistes. Seulement, ce n'était pas le cas. Et pourtant, jusqu'à la première Intifada, les Palestiniens n'avaient aucune existence politique. Aujourd'hui, en Israël, nombre de modérés reconnaissent que le sionisme est dans une impasse. Je ne vous provoquerai pas en citant Michel Warschawski (3), mais c'est aussi le point de vue du travailliste Avraham Burg ou de Meron Benvenisti, qui, lorsqu'il était adjoint au maire de Jérusalem, a organisé le grignotage des quartiers arabes. A. F. : En 1947, lorsque le plan de partage de la Palestine mandataire a été voté par l'Onu, on a dansé de joie dans les rues de Tel-Aviv pendant que du côté arabe on se préparait à la guerre. Reste qu'il s'agissait bien d'un partage avec les Palestiniens, pas avec les Esquimaux ! Je vous rappelle également qu'en 1948 la Palestine a finalement été annexée : par la Jordanie. Et tout le monde s'en fichait, à commencer par les Arabes. Faut-il en conclure que c'est la haine d'Israël qui constitue les Palestiniens comme Palestiniens ? R. B. : Mais le nationalisme juif aussi a été réactif ! A. F. : « Si je t'oublie Jérusalem », c'est bien plus ancien que la création d'Israël. R. B. : D'accord, mais il faut se demander pourquoi les juifs de Damas ou de Beyrouth qui vivaient à une journée de marche de Jérusalem se contentaient d'invoquer Jérusalem sans jamais y mettre les pieds. A. F. : La liturgie, ça compte dans la vie des hommes. Si l'Etat juif est une monstruosité et si, de surcroît, la liturgie juive suscite l'ironie, cela veut dire que les juifs n'ont pas de place dans l'ordre du monde. R. B. : Mais de quoi parlez-vous ? Et à qui ? A. F. : On ne peut pas discuter d'Israël en oubliant la situation faite aux juifs dans le monde et en France. Celle-ci est très inquiétante et ceux qui s'expriment dans l'espace public doivent avoir à coeur de ne pas l'aggraver. R. B. : Mais ne l'aggravez-vous pas vous-même en faisant de tous les juifs qui ne sont pas d'accord avec vous des « caniches des goys » ? A vous entendre, tous les juifs aujourd'hui seraient considérés comme des chiens, sauf Rony Brauman... A. F. : Ne déformez pas mon propos. J'ai dit que, pour Le Monde diplomatique et pour Télérama, tous les sionistes sont des chiens, presque tous les juifs sont sionistes et donc des chiens, sauf Rony Brauman, ce juif qui sauve l'honneur. R. B. : Le « négationniste new look », c'est cela ? A. F. : J'ai employé cette formule dans un débat sur France Culture lorsque vous avez postfacé « L'industrie de l'Holocauste », ce livre terrifiant publié par l'éditeur Eric Hazan à La Fabrique. La thèse de son auteur, Norman Finkelstein, est que la singularité de la Shoah a été montée de toutes pièces par les juifs pour justifier la politique répressive d'Israël et pour escroquer les autres peuples. Au cours de ce débat où j'étais seul contre tous, je vous ai montré une version de cet ouvrage publiée par les faurissoniens de La Vieille Taupe. Ce livre a été une providence pour les négationnistes. Alors, bien sûr, cela ne fait pas de vous un des leurs, mais vous auriez dû être ébranlé par cette publication. R. B. : Qu'un texte auquel mon nom est associé soit utilisé par ces gens monstrueux me révolte forcément. Mais n'importe quel écrit peut être instrumentalisé par n'importe qui. La véhémence, le radicalisme de Finkelstein, qui sont à mon sens les principales faiblesses de son livre, peuvent se prêter à une telle récupération, mais cela n'a rien à voir avec ce qu'il dit sur le fond. Finkelstein est un rescapé, ses deux parents aussi. A partir d'une telle histoire personnelle, on peut difficilement prêter le flanc à l'accusation de complaisance pour la secte faurissonienne. Et puis votre argument est stalinien. Quand on dénonce avec la véhémence qui est la vôtre le manichéisme et le simplisme - et sur ce point, je suis prêt à vous rejoindre pour critiquer le « camp » dans lequel je suis bien obligé de me situer -, on ferait bien de s'abstenir de telles méthodes. A. F. : Précisément, la tentation totalitaire, c'était la réduction de la politique à la morale et la réduction de la morale à l'affrontement de deux forces : l'humanité partagée entre la souffrance des opprimés et la cruauté des oppresseurs. La politique, disait Robespierre, c'est la guerre de l'humanité contre ses ennemis. Nous étions sortis de là et je pensais que c'était pour de bon. Et cela recommence à propos d'Israël. Or il n'y a pas dans le monde de situation qui devrait mieux éveiller, s'il en restait quelque chose, notre sensibilité tragique. Deux droits, deux nations s'affrontent, prises dans un engrenage infernal. Dire cela, ce n'est pas diluer les responsabilités, mais c'est au moins accepter la complexité du problème. Michael Walzer dit qu'il y a quatre guerres, et c'est cela, le tragique, quatre guerres : celle que des Palestiniens livrent pour fonder leur Etat, celle que des Palestiniens mènent pour faire disparaître Israël, celle que des Israéliens font pour défendre leur pays et celle que d'autres Israéliens poursuivent pour le Grand Israël. Voilà la situation : quatre guerres auxquelles s'ajoutent les conflits intérieurs qui minent les deux sociétés. Mais en France, particulièrement au sein de l'extrême gauche qui donne le « la », on ne veut pas entendre parler de ces quatre guerres. Israël est l'unique coupable, point. Eh bien, moi, je ne parlerai de la situation que quand on acceptera de parler avec moi des quatre guerres. Si nous nous entendions sur cette base minimale, nos deux sensibilités pourraient se rencontrer. Oui, la mienne est plus soucieuse d'Israël et la vôtre plus soucieuse des Palestiniens. Mais je plaide aussi pour un Etat palestinien. L. P. : Mais il ne s'agit pas du même ! Rony Brauman est justement favorable à un Etat binational dans lequel Juifs et Arabes vivraient ensemble, ce qui, pour vous, Alain Finkielkraut, marquerait la fin du sionisme. A. F. : Un Etat binational reviendrait à faire disparaître Israël comme Etat juif. C'est bien le sens de la revendication du droit au retour en Israël pour les réfugiés palestiniens de 1948. Si telle est votre ambition, s'il s'agit de mettre fin au mal du sionisme dans un Etat binational, alors, effectivement, nous ne nous rencontrerons jamais. R. B. : Je défends cette idée dans le livre de La Découverte, mais d'une certaine façon je trouve cela déplacé. Après tout, je ne suis ni israélien ni palestinien. Surtout, cette discussion est très théorique : la solution binationale est aujourd'hui parfaitement irréaliste et le seul objectif raisonnable est le retrait d'Israël dans ses frontières d'avant 1967. Maintenant, à terme, on peut espérer la création d'un Etat binational avec une citoyenneté partagée par deux peuples qui ont le goût, le désir, l'histoire de cette terre. En attendant, l'Etat actuellement réservé aux Palestiniens, ce sont quatre bouts de terre séparés les uns des autres. Ce n'est pas un Etat. A. F. : Vous acceptez, vous l'avez écrit, le « fait national israélien », mais pour vous un Etat juif est une aberration et l'Etat binational lui serait moralement supérieur. Il faut un singulier aveuglement devant la réalité politique du monde arabe pour parler en ces termes. Il faut avoir oublié qu'il n'y a pratiquement plus de juifs dans le monde arabe et que ceux qui restent, comme à Casablanca, risquent le poignard ou la bombe. Mais, au-delà de nos divergences idéologiques, je crois qu'un Etat juif est de moins en moins acceptable dans un monde où l'on dit sur tous les tons que la plus belle réalisation de l'humanité, c'est le métissage. Pour être les contemporains de leur temps, Palestiniens et Israéliens devraient, à l'image des Européens, se mélanger les uns aux autres. Et voilà ces juifs qui veulent rester juifs et former un Etat juif. Il y a quelque chose d'incompréhensible dans cette insistance millénaire d'un peuple qui veut continuer à exister en tant que peuple. R. B. : L'Etat juif tel qu'il se joue aujourd'hui, c'est simplement un Etat non arabe. J'en veux pour preuve la dernière loi raciste votée à 80 % au Parlement israélien et interdisant aux conjoints d'Arabes israéliens et à leurs enfants d'obtenir la nationalité israélienne. Et elle ne s'applique pas aux immigrés non arabes. Je ne parle pas de philosophie, je ne suis pas dans le ciel des idées où aime se promener Alain Finkielkraut, mais dans la glaise, dans la routine du quotidien, dans les mesures législatives, dans les discours politiques qui sont tenus là-bas. L. P. : Mais vous êtes d'accord avec Alain Finkielkraut pour récuser, s'agissant du conflit israélo-palestinien, la comparaison avec le nazisme ? R. B. : Je trouve cette analogie, que je n'emploie jamais, absurde, trompeuse, fallacieuse. On ne peut raisonner sans comparer, mais la comparaison doit avoir un minimum de capacité heuristique. Cela dit, vous le savez comme moi, l'insulte « nazi » est devenue une espèce de métaphore du mal. J'ai crié CRS, SS, comme vous, d'ailleurs... A. F. : Oui, mais j'apprends de mes erreurs. R. B. : Moi aussi, et je ne pourrais plus proférer aujourd'hui une telle insanité. Mais nous savions parfaitement à l'époque que nous n'avions pas face à nous des gardiens d'Auschwitz. On se traite de nazi ou de collabo à la Knesset, le Parlement israélien, et le Likoud, le parti d'Ariel Sharon, a autrefois travesti Yitzhak Rabin en officier SS. Et moi, j'ai grandi avec le slogan « Arafat = Hitler », beaucoup de juifs l'ont entendu à la table de Yom Kippour. Ce type de référence est inutilement ignoble, mais on ne peut pas en inférer un bannissement radical et universel d'Israël. A. F. : Notre monde est obsédé par la mémoire du nazisme et il faudrait faire un bilan de cette obsession. Ne nous a-t-elle pas conduits à dépeupler l'univers pour n'y voir, dans toutes les situations, que l'affrontement du bourreau et de sa victime ? On ne parle plus d'Israël autrement que dans les termes de l'antinazisme. De ce point de vue, il ne faudrait pas oublier des événements récents comme la conférence de Durban. Ce n'est pas rien, Durban, ce n'est pas un repas de Yom Kippour ! Tous les pays du monde se réunissent pour discuter du racisme et trouvent un double bouc émissaire, Israël et l'Occident. Des pays esclavagistes en toute impunité dénoncent la traite des Noirs, ou le racisme aux Etats-Unis. Le Soudan, la Libye, Cuba stigmatisent Israël, régime d'apartheid. Qu'est-il arrivé à la religion de l'humanité pour qu'elle se déchaîne ainsi sur Israël exclusivement ? Et ne m'objectez pas qu'il s'agit de mots en l'air. Il s'est cristallisé à Durban un immense mouvement contre le racisme et pour l'antisémitisme des peuples. Et j'aimerais que notre MRAP ne devienne pas une succursale de ce MRAP-là. Face à ce déchaînement, il faut prendre position. Pour la vérité, pour le salut des juifs, et aussi pour le salut des Palestiniens. En effet, si Arafat n'a même pas voulu émettre de contre-proposition à Camp David, c'est parce qu'il est à la tête du mouvement national le plus choyé, le plus dorloté de l'Histoire et que cela lui plaisait davantage que de gérer prosaïquement un petit Etat à côté d'Israël. C'est la radicalité dorée de leurs dirigeants et de leurs partisans qui a fait le plus de mal aux Palestiniens. R. B. : Vous ne manquez pas de culot ! Comme si les souffrances des Palestiniens n'étaient pas le fait de l'armée israélienne ! La conférence de Durban a cristallisé un ensemble de problèmes qui minent actuellement les pays du tiers-monde, en particulier le monde arabo-musulman. On ne peut pas échapper à cette réalité-là - et je ne l'ai pas découverte à Durban. Mais sur les 160 résolutions adoptées à Durban, 7 ou 8 concernent Israël. Que ce vacarme indécent ait couvert le reste n'autorise pas à réduire Durban à cela. Si on veut envisager les choses dans leur complexité, comme vous ne cessez de m'y inviter, faisons-le partout où c'est nécessaire, et pas seulement quand cela permet de diluer la critique. L. P. : Revenons au front secondaire : la France. Pour vous, Alain Finkielkraut, un certain type de critique d'Israël est le masque de l'antisémitisme. De façon symétrique, vous estimez, Rony Brauman, que l'accusation d'antisémitisme, aussi réel soit celui-ci, vise souvent à faire taire les critiques d'Israël. R. B. : Je suis tout à fait prêt à convenir que la montée d'un antisémitisme nouveau a été négligée parce qu'il était source d'embarras et de gêne. Il n'en est pas moins vrai également que, avec un certain retard à l'allumage mais avec une ardeur et une clarté qui sont au-delà de tout soupçon, l'antisémitisme de certains jeunes Beurs comme celui de l'islamisme radical sont régulièrement dénoncés. Au risque de me répéter, nous devrions nous concentrer sur ce qui se passe entre Méditerranée et Jourdain plutôt que sur les banlieues de Grenoble ou Paris. A. F. : Mais les deux sont liés. Sinon, pourquoi un militant israélien comme Michel Warshawski viendrait-il en France dénoncer « les camelots de la judéophobie » ? Et comment jugez-vous les propos d'Eric Hazan lorsque celui-ci écrit, dans « votre » livre, que moi et d'autres formons « la Star Academy du sionisme français » ? Et vous signez avec lui ! Si vous savez ce qu'antisémitisme veut dire, vous devez retirer votre nom de cet ouvrage. R. B. : Vous savez ce qu'est la polémique, non ? Il n'y a pas dans ce livre la moindre marque de complaisance vis-à-vis de l'antisémitisme. A. F. : De la polémique ? Pourquoi, en ce cas, avoir hurlé au retour de la bête immonde à chaque écart de langage de Le Pen ? S'il parlait de « la Star Academy sioniste française », on programmerait immédiatement « Nuit et brouillard » à la télévision ! A travers vous, Rony Brauman, je voudrais m'adresser à tous les gens d'extrême gauche qui font assaut de vigilance antifasciste. Le grand malheur de la gauche, disait Orwell, est qu'elle est antifasciste et qu'elle n'est pas antitotalitaire. Cela n'a jamais été aussi vrai. Et c'est Israël qui paie les pots cassés. Ce sont les juifs qui paient. R. B. : Le grand malheur des intellectuels, ou leur grande faiblesse, disait également Orwell, c'est d'être beaucoup plus fascinés par le pouvoir que par la justice. Vous êtes effectivement fasciné par la puissance, au point de dire que les Palestiniens souffrent d'abord des insanités proférées à Durban et d'un discours antiraciste complètement dévoyé. Sur le dévoiement de l'antiracisme et pas mal d'autres terrains, je suis prêt à vous suivre. Mais vous oubliez qu'on continue à pourrir la vie des Palestiniens, que la colonisation se poursuit... A. F. : Et vous, vous oubliez les coups terribles portés au camp de la paix en Israël par le lynchage de deux soldats israéliens dans un commissariat de Ramallah et par les bombes humaines. Ces attentats ne disent pas non à la colonisation, mais à la présence juive en terre d'islam. L. P. : Il semble impossible de faire coïncider vos analyses. N'est-ce pas parce que chacun appréhende une partie de la réalité et souffre plus pour certaines victimes que pour d'autres ? Ne devez-vous pas dénoncer simultanément les attentats suicides et la souffrance infligée aux Palestiniens, être solidaires des juifs de France quand ils sont attaqués et critiquer Israël quand c'est légitime ? Pour employer la formule un peu naïve mais réconfortante de l'Union des étudiants juifs de France, est-il possible d'être à la fois sioniste et pro-palestinien ? R. B. : Mais oui, l'antisémitisme en France, les attentats suicides en Israël, l'occupation, tout cela peut être traité de manière décente sur les plans intellectuel et moral. Si on défend deux Etats pleinement souverains, le sionisme et le nationalisme palestinien peuvent trouver leur place côte à côte. Le jeu de la politique, ce sont les slogans. A nous, qui avons la chance de pouvoir nous exprimer dans l'espace public, de réintroduire de la complexité. A. F. : J'ai participé à la réunion de l'UEJF organisée sous ce titre : « Sioniste et pro-palestinien ». Et je n'ai pas été cité dans le compte rendu du Monde parce que ça ne collait pas avec l'image à laquelle on veut m'assigner. Il fallait d'autant plus me cantonner à l'islamophobie que l'antisémitisme que je dénonce sévit dans le monde arabe et musulman. C'est un détail, mais il est révélateur. Je suis pour deux Etats, mais on ne veut pas m'entendre. Et puisque je me refuse à mettre sur le même plan les terroristes et les « colons », on refuse d'entendre ma condamnation de la colonisation. La nuance est devenue intolérable à l'antisionisme dominant. Alors, oui, on doit pouvoir simultanément critiquer ce qu'on dit d'Israël et ce que fait Israël. Encore faut-il qu'il reste quelques oreilles pour entendre cela |