Ferries : la fin des espoirs marocains
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Ferries : la fin des espoirs marocains
Pa. C.
05/05/2012, 11 h 24 | Mis à jour le 05/05/2012, 11 h 27
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À bord des navires, comme ici sur le Bni Nsar, c’est le coup de massue.
À bord des navires, comme ici sur le Bni Nsar, c’est le coup de massue. (Photo V. DAMOURETTE)

"Tout le monde s’attendait à ce que ce soit difficile. Mais sur les bateaux, tous voulaient croire à une intervention salvatrice des autorités marocaines, du roi, de qui sais-je encore… Or, rien n’a été fait. Et les équipages ont pris un sacré coup de massue", déplore Pascal Pouille, inspecteur du syndicat international du transport ITF. Sur les trois ferries où quelque 200 marins “vivent” depuis quatre mois (cinq pour le Bni Nsar) tout espoir est, en effet, enterré depuis hier.

L’information selon laquelle les autorités marocaines ont décidé de confier la ligne aux Italiens de GNV - notifiée au port de Sète - a vite fait le tour des navires, doublée de la perspective, non encore officielle mais fort probable, d’une liquidation de la Comanav ferries-Comarit dès la semaine prochaine. Et Pascal Pouille, coordinateur France-Maroc-Espagne pour l’affaire Comarit, s’est rapproché des Affaires maritimes (de la DDTM, rue Hoche à Sète, NDLR), "pour essayer de faire en sorte que, quoi qu’il arrive, ça se passera dans le calme ; qu’il n’y aura aucun débordement".

"Il faut s’assurer que les marins seront payés"

Dans la mesure où il est aujourd’hui certain que la compagnie GNV va “débarquer” courant mai, le déplacement du Marrakech, du Bni Nsar et du Biladi dans un “coin” du port, où ils seraient moins gênants, n’en sera que plus délicat. "Puisqu’à bord, chacun sait qu’un déplacement au fond du port, c’est l’oubli assuré", explique Lilian Torrès (FO-ITF). Alors, dès hier, les marins ont décidé d’organiser des rondes, 24 heures sur 24, à bord des bateaux, de manière à décourager toute tentative de remorquage des ferries. Qui, du reste, ne devrait pas intervenir.

En demandant la tenue d’une réunion réunissant l’administrateur (des Aff’mar), le chef de cabinet du préfet, les responsables du port, les syndicats et représentants des marins, le représentant d’ITF Pascal Pouille veut in fine s’assurer "que tout sera fait, si les bateaux sont vendus, pour que les marins soient payés. Ce qui sera difficile vu la valeur des navires." Sauf si le port de Sète passe l’éponge sur ce qui, de droit, lui revient. Ce qui devrait être un des sujets de la réunion programmée lundi à 10 h aux Affaires maritimes.



ce n est pas la peur de la peine qui rend l homme bon,mais l amour de la justice
Salam,

Quelle honte cette histoire !
Aucun soutien des autorités marocaines pour ces marins, on dirait que tout ce qui les intéresse c'est de mettre en place une ligne, coûte que coûte, pour ramasser le plus possible de devises des MRE.

Le summum du ridicule, c'est que maintenant on espère que le port de Sète passe l'éponge sur ce qui lui revient comme dettes pour que les salariés puissent être payés de la vente des bâteaux !

Encore une fois, quelle honte !
Les oubliés du Bni Nsar
OLIVIER SCHLAMA
10/05/2012, 06 h 00
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Un bateau fantôme : par économie, de rares pièces sont éclairées quelques minutes par jour ; les toilettes sont condamnées ; il n’y a plus une goutte d’eau potable ni un souffle de ventilation.
Un bateau fantôme : par économie, de rares pièces sont éclairées quelques minutes par jour ; les toilettes sont condamnées ; il n’y a plus une goutte d’eau potable ni un souffle de ventilation. (© D.R)

Un relent puissant, incommodant, envahit tout. Des narines aux semelles. Logique, mardi, ont été raclés les derniers décilitres de fuel. Cet or noir sert à tout sur le Bni Nsar, l’un des trois ferries avec le Biladi et le Marrakech saisis par la justice et immobilisés à Sète depuis cinq mois pour des montagnes de créances. La situation est critique.

"On est à la dérive !"
Des matelots

Plus que la suie, une colère rentrée colle à la peau de 200 marins qui se sentent "oubliés", dont 42 (41 Marocains et un Sénégalais) sur le Bni Nsar. Un bateau fantôme : par économie, de rares pièces sont éclairées quelques minutes par jour ; les toilettes sont condamnées ; il n’y a plus une goutte d’eau potable ni un souffle de ventilation. Les cambuses sont vides. Pour éviter le block out définitif, on a bricolé d’ingénieux branchements pirates formant de dangereuses “araignées” dans les coursives.

Le cuistot ne peut plus préparer que des sandwiches. Et pourtant, d’immarcescibles sourires barrent les visages dans l’ex-mess des officiers, désormais QG de crise. Taper une belote. Raconter une blague. Même dans cette détresse, tous restent incroyablement calmes. Pas un mot de trop. Dignes dans leur indignation.

"Partir sans argent ? Ce serait la merde !"

"On a tous des crédits. Nos familles vivent dans la précarité. Partir sans argent ? Ce serait la merde !", lance Mohamed Negad, 30 ans qui s’insurge contre les autorités marocaines qui n’ont rien fait. "C’est une terrible déconfiture", maugrée un matelot visionnant sur son ordinateur une manifestation devant les locaux de la compagnie à Casablanca. "Outre les salaires, les cotisations n’ont pas été réglées depuis trois ans", grimace un marin. La plupart imaginaient un dénouement rapide. En vain. Sur Facebook, un groupe d’officiers publie articles et lettres de soutien. "Personne ne dort", souffle un matelot. Dami, 37 ans, garçon d’entretien, retient une larme : "Ma femme a accouché il y a trois semaines et est obligée de vivre chez ses parents..."

Révolte

La révolte toujours calme, Haddou Sekiri, 41 ans, trois enfants, veille. A tout. Surtout à la santé mentale de l’équipage. Chef mécanicien, il est aussi le bras droit de galère du commandant. Pour garder le cap entre les mille et une rumeurs savamment distillées par la compagnie. "On s’est organisés. Grâce au syndicat ITF des marins inquiets, on peut aller en ville mais on le fait peu." Peur que le bateau appareille à la hâte "et de tout perdre". Longtemps entretenu, le navire se dégrade à vue. D’une voix blanche, le Berbère Haddou Sekiri dit : "On fait tout pour ne pas déprimer, y compris des parties de pêche à la dorade. Sinon, c’est la descente aux enfers." Pour tous, le début de la fin, c’était en 2009 lors de la vente de la compagnie, jadis publique. Sans que l’on sache comment la dette a atteint une somme colossale, 200 M€. "On est à la dérive", crient Kacem, matelot, 34 ans d’ancienneté et Farissi, maître graisseur, 33 ans, dont seize passés sur un navire.

"Je n’ai plus un sou depuis le 13 octobre 2011", explique Harouna, officier mécanicien de 32 ans, né à Dakar, douce voix serrée par l’émotion. "Ma famille ne sait pas ce que je vis ici. C’est impossible à raconter."



ce n est pas la peur de la peine qui rend l homme bon,mais l amour de la justice
ce n'est pas a l'etat marocain de venir en aide aux societés privées ...

le maroc doit bien sur prevoir une ligne pour que les marocains se rendent chez eux , dans leur pays, le reste ça ne le concerne pas.



assalam o alykoum
la société privée don t tu parle est marocaine et son patron abdelmoula fraichement élu PARLEMENTAIRE au PJD DOIT PRENDRE SES RESPONSABILITÉS.
LES MARINS sont marocains et le droit marocain doit les défendre contre les abus des patrons.
c est une honte de voir des marins hautement qualifiés subir cette situation sans aucun soutien de la part de leur patron et du gouvernement marocain.ni même des marocains qui ont bien profiter de leur services pendant des années



ce n est pas la peur de la peine qui rend l homme bon,mais l amour de la justice
cette année ,on va au bled à pied,voici les dernières info

Ferries bloqués : la liaison vers le Maroc dans le brouillard
MARC CAILLAUD
11/05/2012, 14 h 27 | Mis à jour le 11/05/2012, 15 h 59
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La vie à bord des navires immobilisés est suspendue aux livraisons de fuel.
La vie à bord des navires immobilisés est suspendue aux livraisons de fuel. (VINCENT ANDORRA)

Brouillard sur la reprise de la liaison vers le Maroc. On pensait que l’horizon s’était enfin éclairci. Que les Italiens de GNV allaient reprendre en licence la liaison Sète-Tanger à compter du 26 mai. Et que les quelques 200 marins marocains du Bni Nsar, du Marrakech et du Biladi seraient rapidement rapatriés. Avec, outre un billet d’avion, une aide exceptionnelle pour chacun, accordée par l’État français.

Et voilà qu’une information, révélée avant-hier par France 3 et non encore confirmée par les autorités marocaines et le port de Sète, a de nouveau jeté le trouble dans ce dossier décidément imprévisible : la Comanav-Comarit, pourtant promise à une liquidation judiciaire pour cause d’endettement abyssal, n’aurait pas jeté l’éponge.

Elle pourrait obtenir un rééchelonnement de sa dette qui lui permettrait de continuer à exploiter la ligne, suspendue depuis quatre mois, concernant Sète-Tanger. Qu’adviendrait-il alors de la licence provisoire, d’une durée d’un an, obtenue par GNV ? La compagnie italienne maintiendrait-elle son offre, quitte à se retrouver en concurrence avec son homologue marocaine, ce qui semble difficilement envisageable ? Mystère.

Mais on serait curieux d’assister à la réunion prévue aujourd’hui en Italie entre les dirigeants de GNV et le syndicat ITF. Objet des discussions : le transfert d’une partie du personnel de la Comanav-Comarit…

"Aucune demande de rapatriement reçue"
La préfecture

Pour les équipages bloqués au port depuis respectivement cinq (Bni Nsar) et quatre mois (les deux autres), le coup n’est en effet plus le même. Car si leur employeur revenait dans la partie, certains espèrent ainsi conserver leur poste. Même si la priorité, pour tout le monde, c’est le versement des arriérés de salaires.

En tout cas, "nous n’avons encore reçu aucune demande formalisée de rapatriement", indiquait-on hier en préfecture. Il est vrai que les marins et leur syndicat ont mis un préalable : pas question de repartir les mains vides. Ni même avec des promesses : ils demandent un accord signé. Et ils se disaient prêts, dans le cas contraire, à s’opposer au déplacement du Biladi et du Marrakech sur d’autres quais du port de commerce, pour laisser place, à Orsetti, au premier ferry de GNV.

En attendant, la situation à bord des navires devient intenable. Et ce feuilleton, compliqué, commence, tant chez les équipages, au Port, à la Région, en ville que parmi les usagers habituels des ferries, à devenir désespérément long…
Fuel : aujourd’hui ou demain ?

Faute de fuel, « je vais déclarer le Bni Nsar inhabitable », menaçait hier, dans nos colonnes, son commandant, Jacques Casabianca. Les navires sont toujours en attente du précieux gazole qui permet de faire fonctionner les cuisines, la chaudière, les sanitaires… La livraison, qui devrait être payée par l’armateur, devrait intervenir aujourd’hui, selon FO. Ou demain, selon la préfecture. Rien de certain là aussi…



ce n est pas la peur de la peine qui rend l homme bon,mais l amour de la justice
salam

j'arrive pas bien a comprendre comment on peut etre deficitaire sur cette activitée

a chaque traversée environ 300 vehicules , + environ 1000 passagers

pour un itineraire d'environ 50 km et ce plusieurs fois par jour

il y aurait encore des magouilles que ça ne m'etonnerait pas, ce serait bien de voir

le bilan de l'entreprise pour comprendre
comment l'état marocain peut il laisser ses compatriotes ( je parle des employés qui sont toujours bloqués a ce jour sans ressources ) dans une galère pas possible , pas de rémunération pendant des mois laisser l'équipage livrer à eux mêmes !! c'est inacceptable et en plus combien de millions de personnes voyagent , combien de bénéfice et à ce jour et ont nous parlent de déficit ??? ou va cet argent ?
à ce jour souci sur le voyage en bateau, ensuite les vols et demain ça sera quoi ??? pour aller au maroc on devra voyager par le continent asiatique via l’Indonésie pour arriver sur le territoire marocain !
c'est désolant de voir cela de nos jours les MRE ne sont considérés que lorsque l'euro fonctionne bien au maroc sinon c'est dans les oubliettes ...
espérons qu'une solution soit trouvée pour laisser les gens aller passer leur vacances en famille surtout quand il s'agit de famille nombreuses avec enfant .
est ce que la société italienne sera tenir le cap ? a voir ...
bonjour à tous

je vien de recevoir un mail de l agence EUROMER voici une copie.

Madame, Monsieur, bonjour,

Nous avons le plaisir de vous informer de l’ouverture des réservations pour les nouvelles lignes

Sète – Tanger & Sète – Nador
NOUVELLE COMPAGNIE - NOUVEAUX FERRIES

Premier départ le 28 mai
Réservez votre traversée sur [www.euromer.com] dés à présent et profitez des ‘’meilleurs prix’’ !

Toute l’équipe d’Euromer & Ciel Voyages est à votre disposition,

Tel. 04.67.65.95.11 – 04 67 65 67 30

quoi en penser ? FAUDRAIT PEUT DÉJÀ REMBOURSER LES GENS AVANT
source midi libre
Bloqués 4 mois à quai, les 3 ferries marocains devraient être déplacés
AFP
15/05/2012, 18 h 55 | Mis à jour le 16/05/2012, 09 h 38
1 réaction

Trois ferries marocains, bloqués depuis le 4 janvier dans le port de Sète après une saisie ordonnée par la justice, devraient être déplacés, a annoncé cet après-midi l'Établissement public Sète-Port Sud de France, gestionnaire du port.

Reprise rapide de la ligne

"Ils devraient être déplacés "selon les ordres du commandant du port, pour permettre la reprise rapide de la ligne entre Sète et le Maroc", précise-t-il dans un communiqué.

L'opérateur italien Grandi Navi Veloci devrait relancer la liaison entre Sète et le Maroc (Tanger et Nador) à partir du 28 mai, a précisé Marc Chevallier, président du port au journal d'information économique La Lettre M. Le tribunal de commerce de Montpellier avait décidé en janvier la saisie conservatoire des trois car-ferries de l'armement marocain Comanav-Comarit, en raison d'impayés (de travaux notamment).

200 marins abandonnés à leur sort

Depuis, quelque 200 marins étaient abandonnés à leur sort. Lors d'un conseil d'administration extraordinaire lundi, les administrateurs de l'EPR Sète-Port Sud de France "ont décidé à l'unanimité de renoncer au caractère privilégié de la créance du port (130.000 euros à ce jour) au profit de la créance salariale des marins", indique le communiqué. Cette décision permettra aux marins de récupérer leurs salaires sur le produit de la vente des navires."

200 000 passagers par an

En clair, pour débloquer le dossier, le port accepte de passer de "premier créancier à second créancier", précise M. Chevallier, afin notamment d'"apaiser la détresse des 200 marins". "Ça fait plus de quatre mois que ça dure", rappelle-t-il. "La saison arrive, et la réouverture de la ligne Sète-Tanger-Nador est fondamentale pour l'économie portuaire et régionale.

L'arrêt de cette ligne est un drame: ce trafic de 200 000 passagers par an induit du travail sur le port et en-dehors". Le trafic du port de Sète a reculé de 6,38 % au 1er trimestre; à 888 005 T au lieu de 948 472 au 1er trimestre 2011.

Si les vracs liquides augmentent de 14,44%, tous les autres trafics chutent nettement: - 22,29% pour les vracs solides, - 20,96 % pour les marchandises diverses (dont - 39% pour les marchandises conteneurisées). Le nombre de navires a baissé de 29,25 % (375 au lieu de 530).



ce n est pas la peur de la peine qui rend l homme bon,mais l amour de la justice
 
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