Le dernier pas de l'Iran?
Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, campe sur ses positions dans le bras de fer qui l'oppose à la communauté internationale sur le dossier nucléaire. "Dans l'affaire nucléaire, nous sommes prêts pour accomplir le dernier pas et j'espère que nous allons organiser d'ici à la fin de l'année [iranienne qui se termine en mars 2007] la grande fête de la confirmation du droit nucléaire de l'Iran", a déclaré M. Ahmadinejad, lors d'un discours à Baneh, rapporté l'agence semi-officielle Mehr.


Un peu plus tard, dans une intervention (à Saghez, autre ville du Kurdistan iranien), il a expliqué : "Grâce à Dieu, nous allons accomplir le dernier pas pour maîtriser complètement l'énergie nucléaire." "Le peuple iranien ne renoncera pas à son droit de maîtriser l'énergie nucléaire", a-t-il poursuivi. Il a ajouté que le slogan "l'énergie nucléaire est le droit absolu de l'Iran" est le "secret de la victoire et le peuple doit répéter ce slogan tous les jours".

PAS D'ACCORD PARMI LES "SIX"


L'Iran fait tourner actuellement deux chaînes de 164 centrifugeuses chacune pour l'enrichissement d'uranium, selon un rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Les responsables iraniens ont affirmé ces dernières semaines qu'ils comptaient installer jusqu'à 3 000 centrifugeuses à l'usine de Natanz (sud), d'ici à la fin de cette année iranienne. L'uranium de Natanz est enrichi à un taux ne dépassant pas 5 %, qui le destine à un usage civil. Il faut pousser l'enrichissement à des taux beaucoup plus élevés, idéalement 90 %, pour obtenir la matière première d'une bombe nucléaire. L'Iran risque des sanctions internationales en raison de son refus de suspendre l'enrichissement d'uranium.

Pour cela, il faudrait que les grandes puissances parviennent à s'entendre. Les six pays – Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne, Allemagne – chargés du dossier du nucléaire iranien à l'ONU n'ont pas réussi à se mettre d'accord mercredi sur les moyens de sanctionner Téhéran pour son refus de suspendre l'enrichissement d'uranium, ont indiqué plusieurs diplomates. "Nous n'avons fait aucun progrès aujourd'hui", a déclaré l'ambassadeur des Etats-Unis à l'ONU, John Bolton, après la sixième réunion informelle en trois semaines des ambassadeurs de ces six pays.
 
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