Dépression : témoignage
Du site Al-Kanz - Témoignage autour de la dépression

Le vertige de mort chez le croyant dépressif

La dépression me piège dans une spirale vicieuse. Je souffre dans mon corps de douleurs, de fatigue, de sommeil chaotique, d’appétit perturbé, de troubles psychosomatiques – sensations épuisantes. Je souffre dans mon cœur de la diminution du plaisir et du repli envers autrui, d’une vie devenue terne et sans consistance, sans couleurs, sans éclat. Je souffre dans mon intellect du manque d’attention bloquant ma mémoire, ma concentration, mon apprentissage. Quelles ambitions nourrir alors que je me sens écrasée ? La dépression désorganise tout mon quotidien. Y compris hélas mon élan vers Dieu. J’ai fouillé et interrogé, je n’ai guère trouvé de références chez nos savants à ce sujet, du moins, dans les langues que je connais. Les incertitudes me tenaillent sur le plan factuel – ce que j’omets ou commets – et aussi sur le plan spirituel. Pourquoi m’envoyer cette pathologie qui paralyse littéralement ma pratique et souille ma foi ? Quel est le sens des épreuves qui s’interposent dans l’adoration de la créature vers le Créateur ?

Dis : « Ô Mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde d’Allah. Car Allah pardonne tous les péchés. Oui, c’est Lui le Pardonneur, le Très Miséricordieux ».
Coran, sourate 39, verset 53


S’il est bien un verset que je ressasse dans ma dépression, c’est celui-ci. Car la dépression détruit le goût de la joie, l’optimisme, la confiance en soi et, finalement, l’espoir, tous les espoirs. La dépression est le désespoir, la certitude que seuls des ennuis m’attendent et que je serai incapable ou indigne de les surmonter, que mes péchés me condamnent sans recours. Cet état terrifiant, je l’ai compris, n’existe pas dans la gamme des sentiments humains habituels ; seuls ceux affectés de facteurs génétiques, métaboliques et psychiques à la fois risquent de traverser ces affres. C’est dommage quant à la solitude implacable qui s’abat sur un dépressif ; c’est également réjouissant de savoir que l’incompréhension de notre entourage renvoie à leur santé indemne sur ce plan. Faut-il alors dire « al hamduliLlah » ou « al hamduliLlah ‘ala kulli hal » ["louange à Dieu" ou "louange à Dieu en toutes circonstances" NDLR]? Je ne sais plus comment accueillir cette dépression dans ma foi : le bien et le mal se brouillent. Quel sens attribuer à ce phénomène ?

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