En octobre 1963, le Maroc et l'Algérie entrent dans une longue période de conflits territoriaux et diplomatiques. A l'origine des rivalités : les frontières transformées par plusieurs décennies de colonisations française et espagnole. Jusqu'à aujourd'hui, chacun des deux pays a sa propre version des événements qui se sont déroulés en 1963. Selon le Maroc, l'Algérie aurait déclenché la " guerre des sables " dès le mois de septembre lorsqu'elle décida d'envoyer des troupes et des chars à Tarfaya afin d'inciter la population à se révolter contre l'autorité du roi. L'armée algérienne aurait dans le même temps attaqué plusieurs avant-postes du territoire marocain. L'Algérie, de son côté, a attribué au Maroc la responsabilité du déclenchement de la " guerre des sables " car l'armée royale, dirigée alors par le général Driss Ben Omar, aurait établi des garnisons le long de la frontière contestée. Le conflit algéro-marocain a atteint son paroxysme le 25 octobre 1963 lorsque le Maroc captura environ 200 soldats Algériens dans la région de Hassi-Beida. Toute la médiation de l'empereur d'Ethiopie, Hailé Sélassié, a été nécessaire pour apaiser les tensions et décider d'un cessez-le-feu bilatéral le 30 octobre à Bamako (Mali). Il n'a en réalité été effectif que quelques jours plus tard, après de violents accrochages dans la région de Figuig. " La guerre des sables ", aux responsabilités partagées mais non reconnues, a été la base des futures hostilités sur un problème encore plus délicat, celui du Sahara.