Les concepteurs et intégrateurs de solutions et services informatiques face à...
Les concepteurs et intégrateurs de solutions et services informatiques face à un énorme potentiel

Le secteur des NTIC est actuellement en pleine effervescence au Maroc, en dépit des turbulences au niveau mondial. Plus particulièrement, les entreprises spécialisées dans l’intégration de solutions et de services informatiques ont le vent en poupe. Néanmoins, de l’avis des professionnels, pour de plus importantes avancées, il est impératif de surmonter des handicaps tels que l’analphabétisme, la cherté du matériel et des communications, et un appui financier quasi-inexistant.

Vers le Hard ou le Software? Où ranger les concepteurs et intégrateurs de solutions et de services informatiques, vu l'envergure du secteur? Plutôt vers le Hardware que les contenus, nous a indiqué cet opérateur, ce dont nous nous sommes contentés dans cette enquête. Dans tous les cas, qui est mieux placé qu'un intégrateur de solutions et de services informatiques pour optimiser une quelconque installation informatique au sein de l'entreprise? Si la réponse paraît triviale, il n'en demeure pas moins qu'il reste nécessaire aux opérateurs de se concentrer sur un certain nombre de créneaux dans leurs métiers de base pour éviter de se disperser, a soutenu M. Saïd Wahbi, Directeur Général de Wincor Nixdorf Casablanca. A ce sujet, il a déclaré que : "Qui embrasse trop mal étreint. Donc, nous avons segmenté notre marché, et nous travaillons dans cette direction sans nous disperser". D'autant plus qu'actuellement, c'est un secteur en totale ébullition, contrairement à ce qui se passe aux États-Unis d'Amérique, où le secteur des NTIC connaît un certain ralentissement. D'autant plus que les nouvelles technologies GSM de la troisième génération n'ont pas produit les fruits escomptés, il y a eu des opérations de fusions-absorptions qui n'ont pas bien fonctionné, sans omettre la récente débâcle- le dépôt de bilan de World Com, ... a indiqué M. Franck Eurvin Responsable Régional Cisco Systems Afrique du Nord.
Le contexte marocain est particulier, le tissu économique y est constitué de 90% de PME/PMI, donc beaucoup de petites structures, généralement familiales, avec une vision d'entreprise assez limitée, a noté pour sa part M. Khalid Karraz, General Manager de Success Technology. En réalité dira-t-il la philosophie des NTIC n'est pas encore entrée dans les mœurs. En témoignent les récentes statistiques qui révèlent que 70% des entreprises de cet ensemble ne sont pas encore outillées en informatique (pas d'accès internet, pas de réseaux, ...), d'où un potentiel énorme à exploiter dans ce secteur. C'est ce qui a incité certains cadres marocains, qui étaient à l'étranger, à retourner au bercail. Mais pour des résultats tangibles, il faut des mesures allant dans le sens d'incitations fiscales, ont mentionné les professionnels. Surtout que c'est un secteur qui fait travailler indirectement énormément d'entreprises. "Il faut souligner que nous ne travaillons pas directement vers les clients finaux, mais avec des partenaires à valeur ajoutée (Intelcom, CBI, IBM Maroc, IB Maroc, Distrisoft, Wanadoo, Maroc Telecom, ...)", nous a encore déclaré M. Eurvin.

Franchir le pas
Afin de déterminer la configuration du secteur au Maroc, on distingue, selon M. Wahbi, quatre branches dominantes: la banque, l'administration, le grand secteur privé (Cosumar, ONE, etc.), et le marché domestique. Sur cette dernière composante, le marché est encore trop étroit, car il rencontre un certain nombre de handicaps, poursuit-il. "Pour faire du domestique, il faut de l'Internet, or aujourd'hui, les coûts des communications sont trop élevés, par rapport aux moyens dont dispose la grande masse de la population. Aussi, pour un décollage plus conséquent, il y a toujours une couche moyenne, une couche tampon au niveau de la population, or nous pensons qu'au Maroc, si elle existe, elle demeure trop endettée" a-t-il déclaré. De plus, cet opérateur avisé soutient qu'il y a le handicap de l'analphabétisme qui avoisine les 50%, et qui touche plus particulièrement la femme rurale. Et pour illustrer son propos, il signale qu'il y a 544 millions d'internautes à travers la planète, dont seulement 500.000 au Maroc, soit un rapport effarant! Il craint que si on n'y prend garde, le fossé numérique s'élargira davantage.
M. Wahbi reconnaît tout de même que des efforts sont réalisés et la volonté y est, avec l'objectif d'atteindre 10 millions d'internautes en 2010, soit le tiers de la population marocaine. Les professionnels du secteur reconnaissent le travail extraordinaire effectué par l'Administration des Douanes et Impôts Indirects. Il y a des taux presque nuls de dédouanement pour aider le pays à s'informatiser, ce qui est tout à fait louable. Relativement à la disponibilité des compétences, ils trouvent qu'il faut accentuer les efforts d'adaptation entre les cursus et les besoins dans le monde du travail, malgré les mesures au niveau de l'Éducation Nationale. Dans le même ordre d'idées, Cisco Systems est en train de mettre en place la Cisco Network Academy, qui permettra un transfert de compétences, à travers une dizaine de centres de formation, concernant l'enseignement des télécommunications avec tous les outils Multimédia, Intranet, Internet et autres, apprend-t-on. Pour ce qui est du soutien financier, M. Karraz trouve que les institutions financières ne jouent pas le jeu, et la dizaine de capital-risqueurs sur le marché n'ont participé qu'à très peu de projets. Mais avec la libéralisation du marché, avec l'attribution de la deuxième licence fixe, il y aura sur le marché d'autres services à meilleure valeur ajoutée et à moindre coût, d'où un équipement informatique massif des PME-PMI, conclut-il.
Dans le secteur, des PME-PMI marocaines aussi bien que des filiales de multinationales arrivent à accomplir un excellent travail.
Wincor Nixdorf est, selon ses dirigeants, leader mondial dans les technologies de l'information et de l'intégration de solutions et services informatiques pour les secteurs de la Banque, de la Distribution et de la Poste. La filiale marocaine de Wincor Nixdorf détient plus de 80% de parts de marché dans les GAB, 65% dans les équipements dans les équipements des agences bancaires. Avec un chiffre d'affaires évoluant de 10 à 15% par an, qui a atteint quelque 200 millions de Dhs, en 2001, Wincor Nixdorf affiche une excellente santé financière. Wincor Nixdorf a un portefolio produits et solutions de cinq segments importants, à savoir la partie GAB ou cash ou nous avons plus de 80% de parts de marché. Et, il y a le non cash qui comprend tout ce qui est borne d'information interactive (multimédia), où un important marché se présente devant nous. En plus de tout cela, il y a la partie relative à tout ce qui est hardware ou périphériques (PC, serveurs, ...). Enfin, il y a la partie "solutions". A cela il faut ajouter la division horizontale qui englobe le service après-vente et la maintenance, avec un réseau de 12 centres ou agences techniques (six en cours d'ouverture) au Maroc. Mme Nathalie Rocamora, Responsable Marketing et Communication de Wincor Nixdorf, a pour sa part mentionné que l'entreprise s'affirme comme un partenaire de choix car elle place le client au centre de ses préoccupations afin de le satisfaire de manière optimale. Une synergie avec la clientèle, dont le canevas est contenu dans les dix objectifs stratégiques 2001-2002, résume parfaitement cette politique. Avant de conclure que: "nous avons réussi, après un important travail interne, à instaurer une culture "gagnant-gagnant" avec nos partenaires. Et aujourd'hui, une solution monétique est composée de hardware, de solutions, de produits, de conseils, de bases de données, et de SAV. Il revient au Directeur de Projet d'intégrer tous ces éléments au service des clients. Donc, notre portefeuille produits nous impose une intégration déjà interne chez nous".
La société Success Technology, qui est une société marocaine de conseil et d'ingénierie réseaux, spécialisée en architecture des systèmes d'information, intervient sur des projets d'envergure pour la réalisation ou la refonte des architectures de réseaux d'entreprise LAN et WAN. Ce générateur de solutions informatiques, a un contrat d'exclusivité avec Allied Telesyn International (ATI), un constructeur mondial de solutions réseaux, sur le Maghreb et l'Afrique francophone. D'ailleurs, en septembre prochain aura lieu un Séminaire-Revendeurs pour la région. En gros, Success Technology, c'est trois pôles: l'architecture réseaux, la sécurité et la qualité de service, et le consulting. Elle n'a pas disparu parce qu'elle s'est positionnée comme une société d'expertise en ingénierie réseaux, et exploite des niches bien particulières. En 2001, 35% du chiffre d'affaires ont été réalisés sur le consulting. La partie ATI passe par les Value Added Reseller (VAR). Toute la partie cash and carry, est sous-traitée. M. Khalid Karraz, le General Manager de cette entreprise, qui a déjà effectué un parcours de 25 ans en France, est membre fondateur de CJD. Cette société compte des clients prestigieux tels que Maphar du groupe Sanofo-Synthélabo, Gilette, Air Liquide, la SGMB, Payma Mobiles, Kraft Food, Chaabi Leasing, ... La certification ISO est prévue pour la rentrée prochaine.
Quant à Cisco Systems, dont la genèse émana de la nécessité d'interconnecter des universitaires disposant d'ordinateurs différents (Mac, PCs, Dec, ...) et situés dans différents bâtiments, d'où l'invention en 1984 du concept de routeur pour interconnecter des sites avec des protocoles de communication différents, par un couple d'universitaires à Standford. Ce qui donna naissance à Cisco Systems. "Contrairement à nos principaux concurrents (Alcatel, Nortel, ...) qui sont plutôt monolithiques, étant présents seulement sur le marché des opérateurs, et très touchés par la crise qui secoue les opérateurs à l'échelle mondiale, nous sommes présents à part égale sur les marchés de l'entreprise et des opérateurs, signale M. Franck Eurvin. Et dans le marché des opérateurs Cisco arrive avec de nouvelles technologies, qui sont en forte croissance, telles que Internet, IP, ... Alors que les concurrents travaillent sur des technologies traditionnelles (la voix). Et au niveau de l'entreprise, c'est le leader incontesté de toutes les infrastructures de communication d'entreprises, que ce soit le réseau WAN (interconnexion des entreprises), ou le réseau LAN (réseau local), avec respectivement 92% et 65% de parts de marché. A cela il faut ajouter la sécurité (VPN et Firewall), le Sans Fil ou Wireless, la Téléphonie sur IP (Applications et Architectures), le Stockage, Ethernet Longue Distance (LRE), ... Du fait des difficultés actuelles, Cisco Systems a renforcé ses parts de marché. Pour l'exercice qui s'achève en fin juillet, le chiffre d'affaires sera d'environ 20 milliards de $, donc sans croissance par rapport à l'année dernière. Mais pendant cette période difficile, la société a amélioré sa profitabilité et ses parts de marché et dispose, fait exceptionnel, de 21 milliards de $ de cash. Cisco Systems qui a effectué un certain nombre de rachats de sociétés, a eu une politique différente de celle d'autres firmes. Généralement ce sont des échanges d'actions qui ont eu lieu et non des paiements cash. C'est la grosse différence.
Daouda MBaye

Trois questions à M. Saïd Wahbi

* En tant qu’intégrateur de solutions et de services informatiques, sur quels segments réalisez-vous des opérations conséquentes?

D’abord, c’est avec l’Administration, dont le meilleur marché reste celui de la Poste. Cette dernière vient d’ailleurs de conclure un contrat-programme avec l’État. Un travail colossal est en train d’y être effectué pour anticiper les changements. Au niveau du grand privé, la plupart des décisions relatives aux NTIC viennent de l’extérieur, d’où une informatique très intéressante. Concernant les guichets automatiques de banques (GAcool, nous équipons 13 banques sur 15. Avec plus de 1.000 GAB, le Maroc est un pays bien doté, par rapport à ses pairs africains. Les statistiques nous permettent de savoir qu’aux États-Unis d’Amérique, il y a un GAB pour 1.200 habitants, or au Maroc nous avons un GAB pour 30.000 habitants. Mais il y a beaucoup d’avancées, les chiffres sont significatifs. Déjà, il y a au Maroc 1.200.000 porteurs de cartes de crédit. Rien qu’en 2001, pas moins de 33.000.000 de transactions, qui ont porté sur 22 milliards de Dhs cumulés, ont été effectuées.
Sur le plan de la sécurité, nous disposons, en cas de trafic d’un système qui explose et met une couleur sur tout l’argent qui est en caisse (noir, bleu, rouge, ...).

* Exportez-vous des produits et services?

Wincor Nixdorf Maroc est un centre de compétence pour le Maghreb et l’Afrique francophone. Nous pouvons vendre soit directement, soit que l’Allemagne nous appelle pour installer des solutions parce que les coûts sont plus intéressants.

* Comment sentez-vous l’avenir du secteur ?

L’avenir est très prometteur. C’est d’autant plus vrai qu’il n’y a que 15% de la population marocaine qui est bancarisée, d’où un potentiel énorme à exploiter, ou d’énormes réserves.


La Nouvelle Tribune - 31 juillet 2002


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qu'en est-il le marché en 2006?
merci
This is the question ??? il faudra demander à la nouvelle tribune de reprendre son enquête mais avoir des chiffres exacts au Maroc est une utopie.



"Le sage a honte de ses défauts, mais n'a pas honte de s'en corriger" (Confucius)
 
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