Madame F porte désormais le niqab et non pas la burqa comme l’affirme la DDASS. Mais cette dernière ne pouvait pas le savoir étant donné que l’entretien que ses agents ont eu avec Madame F s’est déroulé à son domicile et qu’elle était alors « habillée à l’européenne » (sic). Elle leur a sûrement expliqué comment elle s’habillait à l’extérieur mais ils ont imaginé un « visage grillagé » (sic). Leur imagination les a-t-elle mené consciemment ou non à faire un lien avec les femmes d’Afghanistan que l’on voit dans les médias ? La responsable du bureau de la nationalité qui rencontre Madame F dans son bureau ne fait pas cette erreur et ne relève donc pas ce « grillage ». Mais elle décrit avec minutie (longueur, couleur etc) la tenue avec laquelle Madame F s’est présentée. L’importance qui est donnée dans les différents rapports à la tenue vestimentaire non seulement de Madame mais également de Monsieur (totalité du rapport des services de police, plusieurs paragraphes dans les rapports des services sociaux et administratifs) suppose que pour être français il est préférable d’être habillé à la convenance des autorités administratives que de savoir s’exprimer dans la langue du pays dont on souhaite acquérir la nationalité. A tel point que le rapport tient à préciser que Monsieur est vêtu d’un pantacourt resserré au dessus des chevilles mais surtout que sa barbe est « d’une largeur approximative de deux mains » !!!! A partir de quelle taille la barbe serait acceptable pour qu’une conjointe puisse obtenir la nationalité française ?