Les chiites déçus, les Kurdes satisfaits des élections en Irak
Les chiites déçus, les Kurdes satisfaits des élections en Irak
Par Mariam Karouni et Alister Bull

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BAGDAD (Reuters) - L'Alliance irakienne unifiée (AIU), principale liste chiite, parrainée par le grand ayatollah Ali Sistani, est, comme prévu, arrivée première aux élections du 30 janvier en Irak, mais s'est déclarée déçue de ne pas avoir atteint la majorité absolue que beaucoup lui prédisaient.


Deuxième avec 25,7%, l'Alliance kurde peut se frotter les mains car elle devrait obtenir 69 sièges, sur un total de 275, à la nouvelle Assemblée nationale irakienne.


Ces résultats ont provoqué des scènes de liesse à Kirkouk, où des centaines de Kurdes sont descendus dans les rues, ont tiré en l'air en signe de joie et klaxonné, d'autant plus que dans la région de Tamim, qui englobe cette ville de 800.000 habitants, ils obtiennent 60% des suffrages au Conseil provincial.


L'Alliance kurde regroupe les deux principaux mouvements politiques des Kurdes irakiens, l'UPK et le PDK, qui ont fait alliance à cette occasion après des années de rivalité, et dont la stratégie d'union a semble-t-il payé.


La nette victoire kurde dans cette région inquiète les deux autres communautés - les Arabes et les Turcomans - qui ont dénoncé les résultats et parlé d'irrégularités.


Au niveau national, avec 4,075 millions des 8,55 millions de suffrages exprimés, l'AIU recueille 48,2% des voix, a annoncé dimanche la commission électorale, ce qui devrait lui permettre de remporter environ 130 sièges à l'Assemblée nationale transitoire, alors qu'il lui en aurait fallu 138 pour avoir la majorité absolue.


"Nous attendions mieux que ce pourcentage-là", a reconnu le cheikh Houmam Hamoudi, numéro deux de l'AIU et candidat sur la liste. "Nos calculs nous donnaient davantage. Nous nous attendions à avoir 50%, au moins cela aurait-il été acceptable. Mais moins de 50% ?"


Quelques heures avant l'annonce des résultats officiels, qui ont pris deux semaines à être collectés et recoupés, l'AIU disait avoir été informée par des responsables de la commission électorale qu'elle allait obtenir 60% des suffrages, soit la même proportion que le nombre de chiites dans la population.


Hamoudi a déclaré que l'annonce tardive des résultats soulevait questions et doutes. "Nous allons demander aux membres de la commission comment ils ont traité un certain nombre d'urnes à Mossoul et dans d'autres lieux, avec lesquelles ils ont dit avoir eu des problèmes."


LES SUNNITES TRÈS FAIBLEMENT REPRÉSENTÉS


Derrière l'AIU et l'Alliance kurde vient, en troisième position, la "Liste irakienne" du Premier ministre Iyad Allaoui, un chiite laïque, qui a récolté 1,168 millions (13,8%). Ce score devrait lui valoir 37 sièges.


La liste présentée par le président irakien Ghazi Al Yaouar arrive ensuite très loin derrière, avec 1,8%, soit 150.000 voix. Ce sera le principal parti sunnite représenté à l'assemblée, et il ne devrait pas obtenir plus de cinq sièges. Le parti laïque dirigé par l'ancien homme d'Etat sunnite Adnan Pachachi ne devrait quant à lui pas même être représenté au parlement.


Le taux de participation, qui n'avait pas été rendu public jusque-là, s'établit à 58,3% des électeurs inscrits, a précisé la commission, confirmant la faible participation de la communauté sunnite.


Dans la province à prédominance sunnite d'Anbar, seuls 2,0% des électeurs (3.803 personnes) se sont rendus aux bureaux de vote. Dans celle de Salahaddine, également à forte majorité sunnite, 29% des inscrits ont pris par au vote. Dans celle de Ninawa, à population mixte sunnite et kurde, la participation n'a été que de 17%.


L'Assemblée élue le 30 janvier sera chargée de désigner un nouveau président, deux vice-présidents, et un Premier ministre, ainsi que de rédiger une nouvelle constitution pour le pays, que les électeurs seront appelés à ratifier en octobre prochain.


Aucun des acteurs politiques irakiens ou de leurs alliés étrangers n'ont estimé publiquement souhaitable de tenir la communauté sunnite, toute puissante sous l'ancien régime de Saddam Hussein, à l'écart du processus politique irakien, de crainte d'un conflit interconfessionnel.


Quoi qu'il en soit, même s'ils ne sont pas associés à la rédaction de la future constitution, les sunnites auront le dernier mot au moment de l'adoption de la future constitution, car il suffira qu'elle soit rejetée dans trois des 18 provinces du pays pour ne jamais entrer en vigueur.
tu parle des election dans le nouvel etat americain?



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