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Des associations et des syndicats dénoncent "l'arbitraire policier"...
Le Monde, France


C'était le 20 février. Une trentaine de prostituées du bois de Vincennes avaient investi l'ANPE du 12e arrondissement à Paris, pour dénoncer le "harcèlement policier" dont elles estimaient être quotidiennement victimes.

"La police veut nous virer. Ils mettent sans cesse des contraventions sur nos camionnettes. On s'en sort plus", déclarait Angélique, 68 ans. Une autre montrait une liasse de "PV" récoltés au cours des deux précédents mois. Deux étaient dressés le 13 février : le premier à 10 h 50, le second à 11 heures.


Un rapport intitulé Des prostituées face à l'arbitraire policier, rédigé par des associations et des syndicats, a été rendu public jeudi 22 juin. Il accuse "certains policiers", ainsi que "la justice" d'avoir un comportement "intolérable", "méprisant", "scandaleux", "discriminatoire voire raciste" à l'égard des prostituées des bois de Vincennes et de Boulogne.

Ces accusations se fondent sur quarante témoignages anonymes de prostituées françaises et étrangères, recueillis de novembre 2005 à avril 2006 par la commission nationale Citoyens-Justice-Police, créée par la Ligue des droits de l'homme (LDH), le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP), le Syndicat des avocats de France (SAF) et le Syndicat de la magistrature (SM).


VOL DE L'ARGENT DES PASSES


D'après le rapport, la loi sur la sécurité intérieure du 18 mars 2003, qui pénalise le "racolage passif", doit permettre de lutter contre le proxénétisme, mais elle aboutit surtout à une plus grande répression des prostituées, "fragilisant" et "paupérisant" davantage celles-ci.

Selon les commanditaires du rapport, cette loi a causé une multiplication des "injures sexistes et racistes", des vols de l'argent des passes, des violences à l'encontre des prostituées, des cas de "subornation de témoins", ainsi que des gardes à vue "abusives" au cours desquelles les prostituées seraient "menottées" puis "fouillées au corps avec déshabillage total", souvent par des hommes. Des constatations similaires ont été faites par d'autres associations, comme Cabiria à Lyon et Grisélidis à Toulouse.

"On s'interroge sur le rôle de cobaye sécuritaire des prostituées, affirme Eric Alt, du SM. Nous allons demander aux parlementaires de saisir la commission nationale de déontologie et de sécurité."

Nicole Borvo, sénatrice (PCF) de Paris, et deux députés de Paris, Martine Billard (Verts) et Jean-Marie Le Guen (PS), ont accepté de le faire. Selon M. Le Guen, "Il est scandaleux de voir que, pour des raisons d'ordre public, le poids de la répression porte sur les prostituées", estime-t-il.

Les syndicats policiers ne partagent pas ces points de vue. "Ce rapport n'est pas objectif, juge Jean-René Doco, secrétaire national du Syndicat national des officiers de police. Même s'il y a des dérives, on ne peut pas toujours diriger des attaques infondées sur la police nationale." "Il est étonnant de voir des associations dites de défense des droits de l'homme outrepasser leur rôle et perdre leur objectivité, estime Jean-Claude Delage, secrétaire général du syndicat policier Alliance. La police est républicaine. Elle ne harcèle pas. Elle applique la loi. S'il y a des dérives, il faut les dénoncer, car elles sont très durement sanctionnées."

Le 10 avril, cinq policiers de Saint-Denis, poursuivis pour vols et agressions sexuelles sur des prostituées, ont été condamnés à des peines allant de dix-huit mois à quatre ans de prison ferme.

Les prostituées de Vincennes cherchent à se protéger du "harcèlement" dont elles affirment être l'objet. Pour cela, certaines d'entre elles souhaitent adhérer à la CGT. Une première rencontre avec ce syndicat a eu lieu le 22 février.


Mustapha Kessous
Article paru dans l'édition du 24.06.06
"La police veut nous virer. Ils mettent sans cesse des contraventions sur nos camionnettes. On s'en sort plus", déclarait Angélique, 68 ans


il est temps de leur reconnaitre un statut social car êtresur le trottoir à 68 ans, ce n'est pas humain
Citation
doudoul'tala a écrit:
"La police veut nous virer. Ils mettent sans cesse des contraventions sur nos camionnettes. On s'en sort plus", déclarait Angélique, 68 ans


il est temps de leur reconnaitre un statut social car êtresur le trottoir à 68 ans, ce n'est pas humain


Je me demande si elle a encore tout simplement des clients, à cet âge !!



Modifié 1 fois. Dernière modification le 23/06/06 22:07 par andi espoir.
 
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