News Forum MediaTIC Islam Yabiladies Rencontres العربية Connexion
Amnesty International dénonce le carnage en Syrie
Amnesty International dénonce le carnage de la répression en Syrie

Amnesty International rend public aujourd’hui son 50e rapport sur la situation des droits humains dans le monde. L’ONG dénonce particulièrement les crimes contre l’humanité perpétrés en Syrie. Elle lance un appel pour l’adoption d’un traité fort sur le commerce des armes.

En 2011 des millions de personnes sont descendues dans la rue et ont soulevé « une gigantesque vague d’espoir de liberté et de justice », souligne Amnesty International dans son 50e rapport sur la situation des droits humains dans le monde, que l’ONG rend public aujourd’hui. Ces exigences massives de changement en Afrique du Nord et au Moyen-Orient imposent de faire de 2012 « l’année de l’action ».

Amnesty a dans sa ligne de mire le traité sur le commerce des armes, à l’ordre du jour de la conférence des Nations unies en juillet prochain, et les pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU « qui sont les plus gros fournisseurs d’armes de la planète ». Ce traité que l’ONG veut « fort » sera « une épreuve de vérité pour les responsables politiques ». Ces derniers seront-ils désireux de placer le respect des droits humains au-dessus du profit et de leurs propres intérêts ?

Si « le vent tourne pour la tyrannie et l’injustice dans le monde », le respect des droits humains reste un immense chantier à conquérir. La liste est longue des assassinats, arrestations intempestives, disparitions forcées, discriminations, violences et répressions en tous genres perpétrés par les forces de sécurité sur tous les continents.
101 pays pratiquent la torture

Sur les 155 pays et territoires étudiés au cas par cas, Amnesty en recense 91 qui restreignent la liberté d’expression et 101 qui pratiquent la torture et les mauvais traitements. Elle dénonce tout particulièrement les violations des droits fondamentaux en Syrie, qui, par leur gravité et leur ampleur, s’apparentent à des crimes contre l’humanité.

Sakher Hallak, médecin syrien, a été arrêté à Alep le 25 mai 2011. Quelques jours plus tard son corps odieusement meurtri était restitué à sa famille, les yeux arrachés, les organes génitaux mutilés, les côtes, bras et doigts cassés. Sakher Hallak a payé de sa vie le fait qu’il avait signé une pétition appelant les médecins de son pays à soigner les blessés, rapporte Amnesty International.

Des cas comme celui de Sakher Hallak mort sous la torture, Amnesty en détaille toute une série grâce à ses très nombreux contacts et aux enquêtes qu’elle mène auprès des réfugiés dans les pays voisins, l’ONG ayant, comme nombre d’autres, essuyé un refus des autorités syriennes pour entrer dans le pays.
Des disparitions par milliers

Militants politiques, dissidents, journalistes, blogueurs, personnels soignants, imans, militants des droits humains ou encore soldats qui avaient refusé de tirer sur des manifestants syriens gonflent les rangs des milliers de personnes arrêtées lors de manifestations, parmi les membres des cortèges pour des funérailles ou encore lors de perquisitions à leur domicile. Nombre d’entre eux restent détenus au secret et torturés.

Les disparitions forcées sont si nombreuses qu’elles se comptent probablement en milliers. Tout comme les manifestants froidement tués par des tireurs embusqués : plus de 4 300 en 2011 selon Amnesty, les Nations unies avançant le nombre de 5 000, le chiffre serait aujourd’hui de plus de 12 000 selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, qui représente l’opposition syrienne.

Face à un tel carnage, Amnesty dénonce l’incapacité du Conseil de sécurité de l’ONU à assurer sa mission de gardien de la paix mondiale et réclame que la situation en Syrie soit déférée à la Cour pénale internationale, afin qu’elle ouvre une enquête pour crimes contre l’humanité.

---------------------------------------------------------------------

La peine de mort régresse dans le monde

Il y a trente-cinq ans, en 1977, quand Amnesty a entamé son combat contre la peine de mort, seuls 16 pays avaient aboli la peine capitale. Aujourd’hui 141 pays sont abolitionnistes en droit ou en pratique. Cependant, restent 21 pays qui ont procédé à des exécutions l’an dernier, l’Arabie saoudite, la Corée du Nord, l’Iran et la Somalie pratiquant même des exécutions publiques. Et, fin 2011, 18 750 personnes étaient sous le coup d’une sentence capitale dans le monde.

L’Iran et la Chine y recourent « avec frénésie ». Au moins 360 exécutions ont été signalées par les autorités iraniennes l’an dernier ; selon Amnesty, il faut en ajouter 274. En Chine, où les statistiques sur le sujet restent secrètes, les exécutions se compteraient en milliers chaque année. Aux États-Unis l’Illinois est devenu le 16e État abolitionniste, mais 43 hommes ont été exécutés en 2011. Sur le continent européen, seule la Biélorussie applique encore la peine de mort et a exécuté deux hommes.

MARIE VERDIER
[www.la-croix.com]
 
Facebook