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Mustapha El Khalfi et la réforme de l'audiovisuel : Vers la fin de la télémagouille?

Tribune

Ali Najmi
Analyste de la communication publique

Depuis sa nomination,  le plus jeune des ministres du gouvernement Benkirane multiplie sorties médiatiques, visites aux chaines de télévisions du secteur public et rencontres avec des « journalistes électroniques » triés sur le volet. Les plus avertis sur les ravages de l’incompétence et de la corruption dans les medias marocains, suivent avec beaucoup d’intérêt Mustapha El Khalfi dans sa bataille contre cette « télémagouille » qui banalise les pots de vin tarifés et le « publireportage » politique et économique.

La tâche du ministre de la Communication sera rude pour lutter, non seulement,  contre l’avidité sans limites des « agents » de ces transactions presque généralisées mais aussi contre la partialité rédactionnelle instituée. La « caste des corrompus » ne comprend pas seulement des hauts responsables tels que des directeurs des programmes, chefs de rédaction mais aussi des rédacteurs, producteurs, réalisateurs, cadreurs… L'économie de rente y est plus systématique mais plus discrète qu’ailleurs. Et richesse excessive de certains journalistes et producteurs audiovisuels intrigue même les correspondants étrangers à Rabat.

L’arbre du Ramadan qui cache la forêt

Les services de Monsieur El Khalfi s’attaquent aux cahiers des charges de la SNRT et de Soread 2M ainsi qu’à la grille des programmes, ô combien symbolique, du mois de Ramadan. Même si on peut douter de la constitutionnalité de ces immixtions et de la pertinence même d’un ministère chargé de la Communication dans un système démocratique, l’action de celui-ci, a,  au moins,  le mérite de remettre en cause les pratiques de la « caste » qui monopolise le secteur et exclut les porteurs de nouvelles dynamiques.

Cette démarche honorable et espérée suppose une expertise probante et impartiale et doit bannir toute approximation ou aventure avant d’adopter toute stratégie. L’aventure est d’abord dans la mise à l’écart de la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle, qui est par excellence, l’instance régulatrice de l’audiovisuel et garante de son indépendance. Peut-on vraiment assainir l’audiovisuel marocain sans impliquer cette institution et la renforcer dans son rôle en mettant ses membres devant leurs responsabilités ? La composition de la HACA, l’exercice effectif de ses prérogatives et  son indépendance sont évidemment plus prioritaires que la grille du mois de Ramadan.

Les interventions politiques ont tué la télévision publique

En fait, de quels autres maux souffrent l’audiovisuel marocain ? De toute apparence, de la gangrène qui ronge le secteur en l’absence de contrôles des attributions des marchés et de productions de programmes ainsi que des sympathies rédactionnelles. Mais on oublie le fondamental dans une démocratie qui se respecte : à force d’interventions depuis l’indépendance du Maroc, nos médias publics n’ont jamais été un véritable « quatrième pouvoir » qui contrôlerait les pouvoirs politiques en confondant, presque toujours, communication publique et communication politique.

La priorité de Monsieur El Khalfi devrait également être la création de conditions nécessaires garantissant au secteur public le rôle de contre-pouvoir, accompagnateur et acteur digne et objectif de notre « conscience collective ». L’avenir de la démocratie au Maroc en dépend. Et l’interventionnisme direct, le plus innocent, ne peut que reproduire les schémas propagandistes qui ont sclérosé ces médias et formé des journalistes « de services » qui piétinent les fondamentaux de la profession et nourrissent la corruption.

La constitutionnalité de la démarche, la place du HACA, celle du « quatrième pouvoir », la lutte contre la corruption ne sont pas les seules préoccupations des responsables et observateurs. La question des ressources humaines est déterminante. Malgré l’apparition de certains apprentis conseillers en stratégie audiovisuelle au Maroc, qui sont généralement des aigris de la SNRT et 2M, des fois complices ou reclus du système, la rareté des compétences est un handicap pour tous les opérateurs. Combien de bons programmateurs, d’analystes, de médiateurs, de débatteurs, de présentateurs, de grand-reporters, d’animateurs a-t-on « fabriqué » depuis l’indépendance ? Très peu !

La formation, talon d’Achille du PAM

L’autre priorité c’est donc la formation de nouvelles compétences et surtout le renforcement des capacités télévisuelles et radiophoniques voire journalistiques des ressources en place. La rareté de compétences confirmées, le lancement de nouvelles chaines en 2014 et l’absence de cycles de formation et les approximations des chaines publiques qui « meublent », par des jeunes, le plus souvent  inexpérimentés,  affectent notre identité collective et discrédite ces medias confrontés à une concurrence rude sur le satellite.

L’audiovisuel public doit être une source d’information indépendante et plurielle et garantir aux citoyens des programmes éducatifs, culturels et des divertissements répondant aux critères qualitatifs les plus élémentaires. Il doit rendre compte des politiques publiques visant l’amélioration de son quotidien en tant que contre-pouvoir et non comme un faiseur d’opinion publique.  Le Ministère de Monsieur El Khalfi va-t-il favoriser ce positionnement déterminant pour notre jeune démocratie en devenir ? Entrera-t-il ainsi dans l’Histoire comme « libérateur » des médias au Maroc du joug de la corruption, du publi-reportage politique et de la télémagouille ?

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Adieu le spectacle
Auteur : virtua1
Date : le 04 avril 2012 à 17h26
Ce ministre finira par rendre nos télés tellement ennuyeuses que personne ne voudra les regarder ,une autre i9ara2e Marocaine.
Indépendantes nos chaines de télévision?
Auteur : JAMRIS
Date : le 03 avril 2012 à 15h13
La question évoquée mais qui demande un approfondissement est celle du rapport de la TV aux pouvoirs politique et financiers: les pressions sont réelles mais le nouveau gouvernement doit rompre avec tout interventionnisme.

La tentation est là au nom de la réforme ou motivée par un vendetta de ceux et celles qui ont fait parti du système avant de le renier et qui se positionnent aujourd'hui comme conseillers.
Un Bon Conseil Mr le Ministre
Auteur : abdo447
Date : le 03 avril 2012 à 10h14
Le meilleur service que vous pouvez rendre aux marocains Mr le Ministre c'est de Procéder à une Fermeture définitive des deux Chaînes de Télévision : 2M et RTM

C'est une Honte et une Insulte à tous les Marocains instruits et cultivés ces deux Chaînes marocaines dont le Niveau est PLUS BAS que TERRE.

Ça fera des économie de salaires, de budget et d'électricité !!!
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