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Croissance économique : polémique entre le gouvernement Benkirane et Bank Al Maghrib

A quelques jours de la célébration des 100 jours de l’équipe Benkirane, une nouvelle polémique vient de naitre. Elle concerne cette fois les prévisions de la croissance économique de 2012. Ses protagonistes : le wali de Bank Al Maghrib et une partie du gouvernement.

Idriss Azami et Nizar Baraka (DR)

Le taux de croissance économique en 2012 est donc au cœur d’une polémique entre la Banque centrale et le gouvernement. Lundi, le wali de cette institution financière, l’a revue à la baisse. Les 4,2% figurant sur le projet de loi de finances, en cours d’examen en commission à la Chambre des représentants, n’est plus à l’ordre du jour. Ils passent à la trappe. Abdellatif Jouahri soutient qu’elle ne pourrait en aucun cas dépasser 3%. La raison évoquée est « La matérialisation des risques qui pèsent sur la performance du secteur agricole, ainsi que l'affaiblissement anticipé de l'activité dans les pays partenaires, devrait en effet ramener la croissance à moins de 3% pour le PIB global et entre 3% et 4% pour sa composante non agricole » explique une dépêche de la MAP.

Le gouvernement se devait de répliquer et de préférence par un ministre issu des rangs du PJD. C’est Mustapha Khalfi, ministre de la Communication et de surcroît un des hommes de confiance de Benkirane, qui s’est chargé de cette mission. Jeudi, lors de son point de presse hebdomadaire, il a souligné que l’exécutif a pris acte des pronostics du wali de Bank Al Maghrib, précisant que le gouvernement est entrain de les étudier. Ce qui ne l’a pas empêché pour autant de se dire convaincu de la pertinence des prévisions de croissance économique (4,2% ndlr) figurant sur le projet de loi de finance 2012.

Azami contre Jouahri

Cette polémique autour de la croissance a pris une place de choix lors de l’examen du projet de la Loi de finances à la commission des finances à la Chambre des représentants. Hier, les députés ont interpellé les ministres Baraka et Azami sur cette différence entre le gouvernement et Bank Al Maghrib. Apparemment agacé par ces questions, le PJDiste, Idriss Azami Al Idrissi, ministre délégué auprès du ministre de l’économie et des finances chargé du Budget, c’est son titre, a lancé aux députés que les indicateurs sont de la responsabilité du gouvernement et non du Bank Al Maghrib. L’istiqlalien Nizar Baraka s’est tenu tranquille. Et pour cause, mardi devant des patrons français et marocains, il a repris à son compte le chiffre de Abdellatif Jouahri ; c’est-à-dire 3% de croissance économique.  

Le CMC le 1er à pronostiquer une baisse du PIB

Bien avant cette polémique et bien avant même que l’équipe Benkirane n’ait adopté son projet de loi de finance 2012, le Centre marocain de conjoncture (CMC) a publié, début janvier, une étude soutenant que la croissance du PIB durant cette année serait modeste. Ce think-thnak spécialisée en économie, dirigé par Habib Malki, membre du bureau politique de l’USFP, l’a estimé à 3,2%. A l’époque, le gouvernement parlait avec enthousiasme de 5%. Un pavé jeté dans la marre, juste quelques jours après l’installation du gouvernement. C’est-à-dire une semaine après l’euphorie de la désignation.

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