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Le dessein de l’offre politique marocaine se précise

Le mouvement porté par Fouad Ali El Himma, ancien ministre délégué au ministère de l’Intérieur, et son label MTD (Mouvement de Tous les Démocrates), constitue un appel d’air sur la scène politique nationale, très en berne depuis les dernières élections législatives. Structuré en association, ce courant qui regroupe des personnes d’horizons divers aurait pour but de réconcilier le politique avec le citoyen.
Qui s’en plaindra ! En 2007, l’association «2007, Daba», présidée par le publicitaire Noureddine Ayouch, s’était engagée dans la bataille de la réconciliation politique avec comme objectif de doper le taux de participation aux consultations législatives 2007. Pour cela, des subventions et autres dons avaient été débloqués pour soutenir l’initiative.

Affichages et spots publicitaires, conférences, séminaires,… avaient été organisés sur l’ensemble du territoire. Malheureusement, le résultat (environ 37% de participation) était loin de l’ambition (70%) exprimés par les artisans de 2007, Daba. Soupe à la grimace pour l’équipe de Nourredine Ayouch et douche froide pour tous ceux qui ont cru à un sursaut citoyen. Sacré coup d’épée dans l’eau.

Néanmoins, il semblerait que le «concept» bénéficie d’une seconde vie. En effet, au lendemain des législatives (et de son élection comme député), Fouad Ali El Himma, reprend l’initiative et se lance dans le recrutement pour constituer une équipe à même de reprendre le flambeau. Entrepreneurs, financiers, «gauchistes» de la première heure, migrants politiques,…emboîtent le pas. Fort de son aura (et de sa proximité avec le Souverain), Fouad Ali El Himma ratisse large au sein de la communauté dirigeante du pays. Cela suffira-t-il ?

Autre «effet» de la démarche du MTD, l’offre politique. Fraîchement élu au Parlement, Fouad Ali El Himma désigne son «adversaire» politique lors d’une interview télévisé (sur la chaîne 2M) : le parti «islamiste» du PJD. Il s’appuyait sur la «mauvaise foi du PJD qui dénonçait l’utilisation de l’argent lors des élections alors que le scrutin s’était déroulé convenablement». En clair, un discours de mauvais perdant. Néanmoins, ce n’était qu’un prélude au bras de fer et aux discours à distance entre les deux courants.

Tout cela se traduit aujourd’hui par un Maroc pris en tenaille entre un Fouad Ali El Himma, qui se veut le leader des démocrates et le parti du PJD, taxé d’ultra conservateur, mais surtout de «dangereux» pour les…démocrates. Pas d’opposition politique droite/ gauche au Maroc, mais un face à face entre des Hommes aux conceptions « différentes » de la définition d’un démocrate (le PJD se définit comme un parti démocrate).

N’est-il pas risqué d’opposer idéologiquement les marocains sur la notion de démocrates alors que le pays fait l’apprentissage de la démocratie ? Etre démocrate, c’est quoi ? Respecter autrui y compris dans sa différence politique, sociale, culturelle, religieuse. Stigmatiser une catégorie de la population comporte des risques comme la mise sous tensions de groupe d’individus. Pas sûr que cela soit profitable à l’intérêt général.

Créer un plateforme destinée à rassembler le plus grand nombre sur la base d’une idéologie, d’un paradigme ou d’un projet, ne doit pas faire l’économie d’une réflexion de fond sur la conduite et la gestion d’un mouvement de population. D’autant plus que les années de «plomb» ont favorisé la radicalité à défaut de l’ouverture sur le monde extérieur ainsi que la sous culture avec un système éducatif contre productif. Ces réalités devraient conduire les acteurs du jour à plus de modération et de pondération.

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