Gouvernance au Maroc : L'heure des comptes a sonné

Tribune

Fatiha Daoudi
Juriste
 Juriste et militante activiste des droits humains ...

Une conférence sur la problématique de la gouvernance au Maroc à travers des cas précis a eu lieu à Rabat le 07 mars 2012 à l'initiative de l’Instance nationale pour la protection des biens publics, de l’Association des télé-communicants marocains et de l’Association marocaine de lutte contre la corruption.

Trois cas de mauvaise gouvernance y ont été exposés. Ils touchent des secteurs ou des institutions de premier plan. On a pu, ainsi, écouter des témoignages sur le manque de transparence chez Maroc Télécom, l'opérateur historique de télécommunications ; sur les dérives au sein du premier investisseur marocain qu’est la Caisse de dépôt et de gestion ainsi que sur le non respect des droits des bénéficiaires des terres collectives et sur la manipulation de celles-ci.

Ces trois exemples sont édifiants car les témoignages sont étayés et s'appuient sur des références précises. Les intervenants ont, ainsi, illustré le non respect des règles de bonne gouvernance. Bonne gouvernance qui, comme il est connu, a pour piliers la responsabilisation des décideurs et son corolaire la reddition de comptes, la transparence et l’accès à l’information, l’état de droit et l’approche participative. Les règles de bonne gouvernance ont pour but de mettre fin à la décision centrale et verticale et de promouvoir l’efficience.

Au-delà de cette conférence, ce qui interpelle c’est la détermination d’un nombre croissant d’individualités prêtes à dénoncer les gabegies, preuves à l’appui, là où elles se trouvent. Ces personnes n’ont plus besoin d’une affiliation à une association, à un parti politique ou un syndicat pour exprimer leurs opinons. Les nouvelles technologies de communication et internet leur ont ouvert un champ de bataille contre les abus de pouvoir et la gabegie.

Cette agora satellitaire fait fonction de « markez » quartier général) de résistance contre ces deux ennemis, nouveaux colonisateurs et vampires du pays.

Société civile et individualités se retrouvent dans cette lutte pour l’intérêt du « Watan » (patrie), pour réclamer des comptes aux décideurs publics qui, souvent, n’ont pas assimilé les règles de bonne gouvernance et affichent avec morgue le mépris du citoyen.

Cette résistance n’est pas sans nous rappelée les « wataniyounes » (résistants) purs et durs du temps du protectorat. Même si ces derniers, à de rares exceptions, se sont dilués dans l’exercice du pouvoir.

Ainsi donc, plus de cinquante ans après l’indépendance du Maroc et au deuxième printemps nord-africain, de nouveaux « wataniyounes » sont là. En faire abstraction serait faire preuve d’un manque de lucidité pour ne pas dire d’un autisme politique. Ceux qui croient continuer à gérer la chose publique comme avant se trompent.

La reddition des comptes pointe son nez chez nous. Enfin !

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2 commentaires
IL EST TEMPS
Auteur : Danouni
Date : le 07 juin 2012 à 23h58
Il est temps qu'au Maroc la justice sociale et la justice face à l’impôt voient ENFIN le Jour.

Les Magouilles et la corruption a permis aux + fortunés, aux + puissants de détourner les lois à leur profit.

Benkirane ne fait pas peur aux + pauvres ce qui montre bien d'où vient le problème.

Cela fait des décennies que les RIPOUX au Maroc passent entre les mailles de la justice.
Dernière modification le 07/06/2012 23:58
ttransparence et justice
Auteur : laroussi_42
Date : le 15 mars 2012 à 19h51
La transparence et la justice seront les piliers et la base de tout changement si changement il y aura..La chose publique sera gérée de la même façon que précédemment avec un léger voile pour nous montrer qu’il y a changement, alors que le fond restera le même et c' est vrais qu’il y a de nouveaux loups qui ont fait apparition dans le paysage politique. Lors de la constitution du dernier gouvernement, c’était à couteaux tirés que les sièges ont été octroyés. Dans l’actuel ,c’ est exactement à l’ identique, les partis qui participent au gouvernement sont en position de force ; donc exigeants pour l obtention des portefeuilles qu’ ils souhaitent , pour protéger et défendre leurs intérêts , et ce n’est malheureusement pas dans le but de faire évoluer le pays qui est leurs derniers soucis .Dans l’état actuel des choses ,l’intérêt personnel PRIME et ce à tous les niveaux…..
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