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Economie

Benelafdil : "L'amélioration du climat des affaires au Maroc est un chantier ouvert"

Jeudi dernier, nous vous annoncions le bon classement du Maroc dans le dernier rapport Doing Business 2012 (voir article). Nous avons alors contacté Hamid Benelafdil, un responsable directement concerné par ce classement. En effet, le Directeur du Centre régional d’investissement de Casablanca est sensible à tout ce qui peut aider à dynamiser l’investissement au Maroc et notamment dans la capitale économique. Interview.

Hamid Benelafdil - Directeur du CRI de Casablanca

Yabiladi : 21 places de mieux dans le rapport Doing Business 2012, la semaine dernière c’était ambiance de fête au sein des autorités marocaines en charge de la question de l’investissement ?

Hamid Benelafdil : Effectivement, le «Doing Business 2012: Entreprendre dans un monde plus transparent» a positionner le Maroc en tant que pays qui a le plus amélioré sa réglementation et son environnement des affaires par rapport aux 182 économies considérées dans le rapport. Ceci a permis au Royaume de grimper au 94ème rang contre le 115ème en 2011.
C’est une ambiance de satisfaction pour tous les Marocains. Gagner 21 places en l’espace d’un an est la consécration de tous les efforts déployés par l’administration marocaine visant à améliorer le climat des affaires dans notre pays.
Par ailleurs, il y a lieu de signaler que cet exploit peut être éphémère si les efforts ne sont pas doublés pour maintenir l’attractivité du Maroc sur l’échiquier international car l’amélioration de l’environnement des affaires est un processus continu et de longue haleine, et le classement est relatif par rapport aux efforts faits par les autres pays.

 

Concrètement, comment expliquez vous cette soudaine et enthousiasmante  amélioration du classement du Maroc ? Il y a-t-il eu des actions particulières au niveau des réglementations et process au Maroc qui ont permis ce bond qualitatif ?

H.B : Cette nette amélioration s'explique par la mise en place en 2008 de la commission régionale Doing business Casablanca vu que le rapport prend comme référence la capitale économique du pays concerné, en plus de la mise en place en 2010 du CNEA  (comité national de l’environnement des affaires) au niveau gouvernemental.
Ces deux commissions travaillent en parfaite symbiose avec comme objectif commun d’améliorer en continu l’attractivité du Maroc. Le travail des ces deux commissions s’est focalisé dans un premier temps sur une batterie de 4 indicateurs à savoir :  

 - la simplification du processus de délivrance des permis de construire via l’activation efficiente du rôle des guichets uniques depuis mi-2010. Le Maroc a monté d’un rang par rapport à 2011 (75 face à 76).

 - l’allégement des procédures administratives concernant le paiement des taxes et impôts pour les sociétés et ceci en renforçant  les services en ligne pour la déclaration et le paiement des impôts sur les sociétés et de la taxe sur la valeur ajoutée.  Cet allégement a permis au royaume de passer au 112ème rang au lieu de 148 en 2011.

 - le renforcement de la protection des actionnaires minoritaires en leur permettant d'accéder à l'ensemble de la documentation non confidentielle de la société au cours d'un procès. 56 bonnes places de gagnées et le Maroc passe de la 153ème position à la 95ème.

 - La diminution des coûts et procédures liées à l’import et à l’export de marchandises a également fait gagner au Maroc 5 rangs en passant du 48 à 43ème rang.

 

Sur le terrain de l’investissement, que peut-on espérer de ce bon point dans le climat des affaires ?

H.B :  Le rapport “Doing Business” est un document consulté par la communauté des affaires à l’échelon international. Cette année avec le gain des 21 places dans son édition 2012, le rapport « Doing Business » permet au Maroc de gagner en visibilité au niveau mondial et par conséquent son attractivité s’est accrue. En outre, ce même rapport a placé le Maroc parmi les pays les plus réformateurs de l’année ce qui témoigne de sa volonté de faire de  l’amélioration de l’environnement des affaires une priorité nationale.

 

Malgré les côtés positifs, il demeure des lacunes à combler. Certains critères d’évaluations ont même régressé depuis le rapport précédent. Quelles sont les réformes en cours ou qui devraient être envisagés pour continuer sur cette lancée positive ?

H.B : En effet, l’amélioration est un chantier ouvert, les efforts ont été concentrés cette année sur une partie des indicateurs (qui sont au total au nombre de 10) qui ont abouti à ce résultat. D’autre part, l’édition actuelle couvre les réformes entamées entre juin 2010 et mai 2011.

D’autres réformes sont intervenues juste après, notamment concernant l’indicateur création d’entreprise qui a été touché par deux principales mesures à savoir :

 - L’annulation du capital minimum,

 - La non exigence de l’attestation de blocage si le capital est de moins de 100 000 Dhs.

Ces deux mesures auront un impact positif sur le prochain classement du Maroc, toute chose étant égale par ailleurs.

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1 commentaire
Mr Hamid Benelafdil = pragmatique et homme de terrain
Auteur : berhoc
Date : le 24 october 2011 à 21h07
Homme de pédagogie, Hamid Benelafdil, est l'homme de terrain par excellence et il a toujours su s'orienter vers les disciplines pointues. Avec ce Mr, je ne m'inquièterai jamais par rapport aux classements prochains du Maroc.
Dernière modification le 24/10/2011 21:09
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