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Zineb, l’organisatrice de la rupture du jeûne à Mohammedia reste introuvable

Zineb El-Rhazoui, soupçonnée d’être responsable de l'organisation de la tentative – avortée – de rompre le jeûne du ramadan en public à Mohammedia, n’a pas donné de signe de vie depuis le jeudi 17 septembre, selon l’AFP, qui cite l'Association marocaine des droits de l'Homme (AMDH).
« Zineb El-Rhazoui ne s'est pas manifestée depuis jeudi dernier et sa famille affirme elle aussi n'avoir plus de nouvelles d'elle », a déclaré à l'AFP la présidente de l'AMDH, Khadija Ryadi. Bien qu’elle ait reçu une convocation orale de la police, cette dernière affirme ne pas avoir de nouvelles de la journaliste. « Cette fille n'a pas été interrogée jeudi et elle ne se trouve pas chez la police à Mohammedia ou ailleurs au Maroc », a déclaré à l'AFP une source policière, proche de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN). Où se trouve-t-elle donc depuis 5 jours ?

La seule personne ayant reconnu avoir eu des contacts avec Zineb El-Rhazoui est son amie pédopsychiatre, Ibtissam Lachgar. Le dernier contact (téléphone et messages électroniques) entre elles d’après Ibtissam Lachgar remonte au jeudi. « Zineb m'a dit ce jour-là qu'elle ne savait toujours pas si elle devait répondre ou non à la convocation de la police. Je n'ai plus eu de nouvelles depuis, son téléphone portable étant constamment fermé. ».

Pour rappel, les deux femmes sont à l’origine du « Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (Mali) », un collectif présent sur Facebook mais n’ayant aucune existence légale selon les autorités. Objectif, défendre au Maroc « toutes les libertés. Toutes, même celles qui choquent comme la défense des homosexuels et la liberté du culte », expliquait au téléphone, Zineb El-Rhazoui, jointe par téléphone par Le Monde avant sa disparition.

Pour l’heure, plusieurs informations circulent concernant son sort. Pour Khadija Ryadi, citée par l’AFP « des informations contradictoires circulent sur Zineb. On ignore si elle a disparu d'une manière illégale ou si elle se cache pour éviter la tension liée à ses récentes activités ». Par ailleurs la militante des droits de l’Homme ajouta que son organisation avait saisi le ministère de la Justice. Quant à Ibtissam Lachgar, elle avait également confié à l’AFP que Zineb « ne voulait voir personne », compte tenu de l’évolution des événements. « Je ne veux pas me montrer. Je pense à rester cloîtrée dans un appartement », aurait-elle ajouté.

« Il est possible qu'elle soit entrée en clandestinité pour échapper à la tension créée par la dénonciation de l'attitude des non-jeûneurs » de son groupe « alternatif », a expliqué à l'AFP Mourad Bekkouri, un avocat spécialiste des courants islamiques. L'avocat de Zineb El-Rhazoui, Me Abderrahim Jamaï est resté injoignable selon l’agence de presse française.

Le dimanche 13 septembre, Zineb El-Rhazoui se serait rendue en compagnie de quelques membres du Mali à la gare Mohammedia. Le groupe voulait selon leur dire, se rendre « dans un espace non clos, mais dans une relative discrétion », à l'extérieur de la ville pour rompre le jeûne. Leur dessein a été empêché par les forces de l’ordre dès l’arrivée en gare puisqu’ils ont été réembarqués dans le train pour Casablanca. L’objectif visé par cette action du mouvement est l’abrogation de l’article 222 du Code pénal. Ce dernier prévoit que : « Celui qui, notoirement connu pour son appartenance à la religion musulmane, rompt ostensiblement le jeûne dans un lieu public pendant le temps du Ramadan, sans motif admis par cette religion, est puni de l’emprisonnement d’un à six mois » ainsi que d’une amende.

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