Le gouvernement espagnol désavoue les « voix » opposées au vote des Marocains

Le vote des Marocains d’Espagne aux élections locales est loin de faire l’unanimité dans la classe politique espagnole, surtout auprès des partis nationalistes qui ne cessent de monter au créneau pour dire non à cette nouvelle donne. Une attitude discriminatoire et anticonstitutionnelle, dixit la secrétaire d’Etat espagnole à l’immigration.

Anna Terron, secrétaire d'Etat espagnole à l'immigration

La secrétaire d’Etat espagnole à l’immigration, Anna Terron rappelle à l’ordre les élus locaux espagnols opposés au vote des Marocains lors des élections municipales en Espagne. Dans un entretien accordé à Europa Presse, elle déclare ne « pas comprendre ces voix » qui se lèvent contre le vote des Marocains. « Empêcher ou imposer des restrictions à l'accès des ressortissants marocains résidant en Espagne au vote lors des élections municipales serait une discrimination pour des raisons liées à l'origine qui est interdite dans la Constitution », a précisé la secrétaire d’Etat.

Anna Terron a par ailleurs fait remarquer que « les personnes ayant résidé pour une longue période en Espagne font preuve d'un comportement électoral très similaire à celui des autochtones », comme en témoigne les dernières élections municipales du 22 mai dernier. Il est « important d'étendre ce doit à toutes les communautés résidant en Espagne » a-t-elle également ajouté. Non sans préciser que l'octroi du droit de vote aux immigrés est une manière de montrer qu'ils ont les mêmes droits et devoirs que le reste des citoyens, ainsi que de les impliquer davantage dans la gestion de la chose locale.

Craintes justifiées ?

Cette sortie fait suite à la levée de boucliers qui a suivi l’annonce, le 5 juillet dernier, par la chef de la diplomatie espagnole, Trinidad Jiménez, de la possibilité des Marocains d’Espagne de pouvoir participer aux élections municipales espagnoles, après l’approbation populaire de la nouvelle constitution marocaine. C’est à Ceuta, enclave espagnole dans le nord du Maroc, que les premières voix opposées à cette nouvelle donne s’étaient fait entendre. Guillermo Martínez, porte-parole du gouvernement autonome de Ceuta, avait  fait part, deux jours après la sortie de Jiménez, de la préoccupation  de l’exécutif de l’enclave disputée contre le Maroc.

La participation des Marocains d’Espagne aux élections municipales « augmenterait les différences, et compliquerait la gestion » avait, de son côté, objecté le maire nationaliste de Salt (Catalogne), Jaume Torramadé, quelques jours après avoir annoncé son intention de réduire le nombre d’immigrés dans sa ville. Sur les ondes de la radio catalane RAC1, le nouvel élu avait argué que l’influence de l’électorat étranger, dans une ville comme Salt, peuplée à 45% d’immigrés dont les trois quarts sont d’Afrique du nord, serait trop important pour être négligé. Non sans manifester sa crainte de conflits religieux qui découleraient de ce vote.  

Il faut rappeler, qu’en dépit de l’annonce par les autorités fédérales de la possibilité des MRE de participer à la vie politique des municipalités espagnoles, le dernier mot revient au Parlement ibérique. Et ce, une fois que les gouvernements des deux royaumes voisins auront procédé à la signature de l’accord. Mais le temps ne presse pas, les prochaines élections municipales espagnoles n’auront lieu que dans quatre ans.

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