Transfert de compétences : Des médecins MRE s’unissent pour le Maroc [Magazine]

Un colloque médical des Marocains du monde aura lieu le 25 juin, à Paris, à l’invitation du ministère des MRE, dans le cadre du programme Fincome. Premier du genre, il va initier la mise en réseau des quelque 1400 médecins marocains résidant en France. Objectif : faire profiter le Maroc des compétences de ces médecins.

Le ministère chargé des MRE, dans le cadre des réseaux thématiques du programme Fincome, en partenariat avec l’Association Médicale d’aide au Développement entre l’Auvergne et le Maroc (AMDAM) et plusieurs associations médicales, organise, le 25 juin, à Paris, à la maison du Maroc, le premier colloque médical des Marocains du monde. Aziz Amar, président de l’AMDAM, espère accueillir 200 personnes. L’objectif est de faire se rencontrer des médecins qui poursuivent souvent, de façon similaire, mais chacun de leur côté, des actions ponctuelles, au Maroc, de solidarité, d’humanitaire, de formation de médecins...

La décision de réunir les professionnels de la santé originaires du Maroc part d’un constat fort : 1400 médecins spécialistes marocains ont fait leurs études au Maroc et sont venus travailler en France quand le Maroc n’en compte que 9000. « Des années 1980 à 2000, les médecins marocains qui sont arrivés en France ont décidé d’y rester. Après 2000, les conditions pour venir exercer en France sont devenues plus restrictives », explique Aziz Amar. Au total, près de 5000 Marocains travaillent dans le secteur médical en France.

«  Il existe là une expertise très forte mais mal exploitée par le Maroc », affirme le président de l’AMDAM. Selon lui, l’une des premières fonctions du réseau médical des Marocains du monde pourrait être de demander la modification de l’une des règlementations du Conseil national de l’ordre des médecins du Maroc qui interdit aux médecins MRE d’exercer au Maroc. « Beaucoup d’entre eux ont envie de réaliser des missions médicales au Maroc ; le cadre institutionnel doit leur permettre de participer à cette migration circulaire », soutient Aziz Amar. Aujourd’hui, les coopérations avec la France restent ponctuelles. Le partenariat entre le CHU de Strasbourg et de Fès est exemplaire. « Il y a trois ans, un volet santé a été ajouté à la coopération entre les villes de Strasbourg et Fès », explique Nora Oulehri, médecin urgentiste à Strasbourg. Le partenariat porte essentiellement sur les urgences : la mise en place du système d’urgences pré-hospitalières (SAMU et SMUR) au CHU de Fès, la formation de médecins urgentistes, ainsi que la mise en place d’un plan de secours en cas de crise.

Pour Nora Oulehri, le réseau pourrait servir à mettre en place au Maroc des opérations de sensibilisations aux premiers gestes en cas d’accident cardiaque, par exemple. Aussi, « le réseau pourrait nous permettre de mettre en oeuvre des actions médicales de façon beaucoup plus souple que par ce partenariat qui suppose un système d’autorisations d’une lourdeur incroyable », suggère Nora Oulehri. A l’opposé, Aziz Amar pense que « les actions de solidarité, de co-développement, de transfert de technologies devraient bénéficier d’un cadre formel ». Souplesse ou formalisation, un subtil équilibre devra être trouvé le 25 juin, à Paris.

Cet article a été précédemment publié dans Yabiladi Mag n°8

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1 commentaire
bof
Auteur : atbir93260
Date : le 24 juin 2011 à 20h24
Et si les marocains fortunés (y en a bcp) investissent dans le pays au lieu de transférer les devises vers l'étranger. Cela permettra de créer la richesse et d'embaucher bcp de monde, arrêtons la mendicité sous toutes ses formes
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