En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour une meilleure utilisation de nos services. En savoir plus.X

Religion Publié Le 07/12/2016 à 16h40

Maroc : Face à la propagande extrémiste au sein de l'armée, 100 « morchides » recrutés pour la mise à niveau de l’orientation religieuse

Le 14 mai dernier, à l’occasion du 60e anniversaire de la création des Forces armées royales, le roi Mohammed VI avait donné ses instructions pour une mise à niveau de l’orientation religieuse dispensée aux unités des FAR. Sept mois plus tard, le ministère des Habous et des affaires islamiques lance un concours pour le recrutement de 100 «morchides» destinés aux casernes de l’armée.

Le ministère des Habous et des affaires islamiques a mis le cap sur les mosquées installées dans les casernes des Forces armées royales (FAR). Le département d’Ahmed Toufiq compte déployer dans ces lieux de culte 100 «morchides». A cet effet, un concours est lancé pour le recrutement des religieux.

Après un examen oral devant les membres d’une commission, les élus suivront une formation d’une année, moyennant le paiement d’une indemnité mensuelle de 2 000 dirhams à l’Institut Mohammed VI de formation des imams morchidines et morchidates de Rabat, inauguré par le souverain en mars 2015. Les futurs imams assumeront leurs nouvelles fonctions début 2018. Auparavant, ils devront signer un document par lequel ils s’engagent à être mis à la disposition de l’armée. Le concours, précise le ministère, est ouvert uniquement aux hommes détenteurs de la nationalité marocaine.

Combattre le radicalisme au sein de l’armée

Bien avant le lancement de ce concours, des religieux ayant le grade de fonctionnaire ou de contractuel du département des Habous et des affaires islamiques faisaient le tour des casernes militaires pour prêcher les vertus de l’islam modéré, lors des prières du vendredi et à l’occasion de leçons hebdomadaires. Avec cette opération, la tutelle entend passer à un niveau supérieur à travers le renforcement de sa présence dans des lieux hautement sensibles, loin d’être à l’abri de la propagande des groupes islamistes radicaux.

Même si le nombre de militaires marocains arrêtés dans le cadre de démantèlements de cellules terroristes demeure faible, la direction des FAR et le ministère des Habous optent pour une politique préventive. Pour mémoire, en 2011, dans le cadre de l’opération Amgala, du nom d’une localité située à 200 km à l’est de Laâyoune, les services de renseignements marocains avaient arrêté cinq soldats accusés d’avoir facilité l’introduction d’importantes quantités d’armes et de munitions au Maroc au profit d'un groupe proche d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). A l’été 2006, le démantèlement du groupe «Ansar Al Mahdi» avait également permis l’arrestation de trois gendarmes et d’un policier.

Le lancement de ce concours intervient presque sept mois après l’«Ordre du jour» adressé par Mohammed VI, chef suprême et chef d’Etat-major général des FAR, à l’occasion du 60e anniversaire de la création de l’armée. «Nous avons à cœur de prémunir tous les membres de nos Forces armées royales contre les influences perverses et les polarisations contraires aux constantes religieuses de la nation marocaine», avait déclaré le monarque. Et d’annoncer le lancement d’«une mise à niveau de l’orientation religieuse dispensée aux différentes unités de notre armée [visant] à améliorer la qualité de l’encadrement de proximité dont elles bénéficient, et ce, en coordination avec le ministère des Habous et des affaires islamiques».

Article modifié le : 07 .12.2016 à 16h35
Soyez le premier à donner votre avis...