Les responsables socialistes espagnols boudent le Polisario

Une réunion prévue cette après-midi entre une délégation du Polisario et des responsables du Parti Socialiste espagnol a été suspendue. Une divergence sur l’ordre du jour serait à l’origine du désaccord. La réunion un moment reportée, devrait finalement être annulée.

Une délégation du Polisario est, depuis lundi 14 février, en mission en Espagne rapportent plusieurs médias espagnols. Selon Bouchraya Beyoun, représentant de l’organisation indépendantiste sahraouie en Espagne, la délégation du Polisario devrait rencontrer plusieurs responsables des partis politiques espagnols.

Cette tournée devait donc débuter ce lundi à Madrid par une réunion avec des représentants du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) d’où est issu l’actuel Premier ministre espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero. La rencontre programmée pour cette après-midi n’a finalement pas eu lieu : les deux parties n’ont pas pu s’entendre sur l’ordre du jour.

La délégation du PSOE, qui devait être conduite par Marcelino Iglesias, secrétaire à l’Organisation, avait envisagé, pour cette rencontre, de servir de médiateur entre le Polisario et l’USFP, parti socialiste marocain, rapporte le quotidien espagnol El Pais sur son site. Les agences de presse EFE et Europa Press précisent également que le PSOE envisageait de renforcer ses relations avec le Polisario.

Le Polisario, pour sa part, a fait savoir hier qu’il envisageait plutôt de recevoir l’appui des socialistes espagnols pour l’organisation d’un référendum sur l’autodétermination des provinces du sud.

Cette situation cocasse aurait vraisemblablement amené Marcelino Iglesias à renoncer à assister aux débats, deux heures et demie seulement avant la rencontre prévue cette après-midi. Dans un bref communiqué, le PSOE a fait savoir qu’Iglesias n’assisterait pas à la rencontre, le Polisario ayant décidé à la dernière minute d’en modifier l’ordre du jour.

Elena Valenciano, secrétaire à la Politique internationale du PSOE, devait donc conduire la délégation socialiste à la place de Marcelino Iglesias. Devant son absence, les représentants du Polisario ont décidé de repousser la rencontre avec les socialistes espagnols. Aucune date n’a été avancée. EFE précise d’ailleurs que le PSOE envisagerait d’annuler la rencontre.

Le PSOE prudent

La réaction des responsables du PSOE ne surprend pas tellement. Ces derniers mois, le gouvernement espagnol s’est en effet montré favorable à des rapports stables avec Rabat. Les déclarations du ministre espagnol à la Présidence, Ramon Jáuregui (PSOE), en janvier dernier, l’ont d’ailleurs rappelé. Il avait non seulement conseillé au Polisario d’accepter la proposition marocaine, mais également assuré que le gouvernement espagnol, conduit par le PSOE, aimerait jouer un rôle déterminant dans la résolution du conflit sur le Sahara.

Le rôle qu’entend jouer l’Espagne semble donc assez loin des prérogatives du Polisario. Les déclarations d’Iglesias le confirment. Il a rappelé l’importance du voisin marocain : « je pense que (…) nous devons faire très attention (…) aux décisions que nous prenons par rapport au Maroc. »

Il s’avère donc que s’asseoir avec des responsables sahraouis pour discuter de l’autodétermination des provinces sud n’aurait pas servi les rapports cordiaux entre l’exécutif espagnol et le Makhzen.  Les représentants du Polisario, par contre, trouvent « incompréhensible » la réaction des socialistes espagnols, rapporte Europa Press. Boucharya Beyoun a d'ailleurs estimé que c'était à l'ONU de jouer le rôle de médiateur.

La délégation sahraouie n’entend pas déroger à son agenda qui prévoit des rencontres avec tous les partis représentés au parlement espagnol, selon les déclarations de Boucharya Beyoun à Europa Press. Tous savent désormais à quoi s’attendre. Le Parti populaire (PP) serait le prochain sur la liste de la délégation sahraouie, qui a prévu une rencontre ce mardi.

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