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Chronique de Bouchta Jebli : Né un 1er janvier

Une amie franco-marocaine m’a rappelé une chose importante en ce début d’année. Le jour de l’an est la date d’anniversaire de nombreux papa et maman zmagris.

En effet, à défaut de date précise pour leur naissance, l’administration du Maroc sous protectorat dans les années 40 et 50, indiquait seulement l’année, d’ailleurs elle aussi souvent approximative. Cela donnait des situations assez cocasses. Un gaillard, pubère, le duvet sur le menton, inscrit par son père en école primaire... L’instituteur interloqué vérifiait à deux reprises le livret de famille qui certifiait bien que ce jeune adolescent n’avait en fait que 7 ans.

Toute une génération de Marocains a vécu sans aucune date d’anniversaire... jusqu’à leur arrivée en Europe. En France par exemple, tout ceux qui n’ont pas d’indication précise au niveau de leur date de naissance, auront d’office le jour de l’an comme jour d’anniversaire. Sympa ! « Bounani, et bounani versaire ».

Certains donc fêtent leur anniversaire le 1er janvier, d’autres plus philosophes vous répondrons que pour eux, c’est tous les jours un anniversaire. Mais c’était toujours à l’occasion de ce premier jour de l’année, que Ali Bichklet racontait à ses enfants les anecdotes de ses débuts en tant qu’immigré dans le Midi de la France. Comme celle par exemple où il apprit pour la première fois à monter à vélo. Imaginez-vous le pauvre Ali, né en 1946 à Zhiliga, patelin à la densité de 0,1 vélo au km2.

Le patron a mis à disposition de vieux vélos à toute la bande de zmagris fraîchement arrivés, pour faire le trajet entre l’étable - qui leur servait de dortoir - et les vergers de pêches et de prunes. Quel spectacle pour les Gaulois du pays que de voir une horde de moustachus en pantalon patte d’éléphant, chevelure crépue mode chou3kaka de Chewbacca dans la Guerre des étoiles, essayer de faire du vélo pour la première fois. Ali Bichklet nous raconta que lorsqu’il réussit à dompter l’animal, il ressentit un sentiment de profonde fierté. Enfin il était devenu l’égal des Français puisqu’il a réussi à faire du vélo. Adieu H’mar, bonjour bichklet.

Sauf que faire du vélo c’est bien, encore faut-il pouvoir s’arrêter. Ne sachant pas à quoi servent les freins, c’est dans un mur qu’il est venu s’encastrer. Un peu de sang, quelques bosses, et des moments inoubliables à raconter à ses proches restés au pays, puis plus tard à sa descendance. Des enfants et petits enfants qui écoutent, amusés par le vécu de leurs parents, des étrangers dans un pays qui est pourtant familier pour cette nouvelle génération.

Et c’est cette deuxième génération qui doit aujourd’hui penser à rendre hommage à ces chibanis. S’il fallait une date pour fêter cette première génération de zmagris, ce serait sans l’ombre d’un doute le 1er janvier, le jour symbolique de leur naissance. Plus importante que la fête des mères ou des pères, cette journée (ça tombe bien elle est fériée) rendrait hommage à ces immigrés ayant su garder leur dignité. A ces immigrés qui ont lutté contre la misère sans tomber dans la mendicité. A ces immigrés qui ont détruit leur santé pour subvenir aux besoins de leurs proches. A ces immigrés qui ont soutenu leurs familles restées au pays, soulageant ainsi un Maroc qui ne pouvait venir en aide aux plus démunis. A ces immigrés qui ont tout fait pour que leurs enfants réussissent dans leurs études, leurs vies professionnelles. A ces immigrés qui ont fait de leurs enfants des femmes et hommes à la double culture. A ces immigrés qui n’ont jamais coupé les ponts avec leur culture d’origine, leurs racines, tout en s’imprégnant des valeurs positives du pays d’accueil. A ces immigrés qui ont fait grandir toute une génération éduquée, consciente, citoyenne ici et là bas.

Snif ! C’était la séquence émotions. Voilà, j’ai fait couler mon khôl. Bah quoi ? Vous ne saviez pas que les hommes aussi étaient coquets. Voilà votre curiosité enfin assouvie, Bouchta Jebli est un Marocain au regard ténébreux, des yeux rehaussés par une touche de noir antimoine. Dommage que mes yeux se croisent. Foutu strabisme !

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chibanis
Auteur : anfa66
Date : le 03 février 2011 à 14h07
penser vous que le plus important pour eux de dedouanner un vehicule alors qu'il sont arceler par les service de la caf et cram et maintenant la secu qui les accuse de fraude
mais ces vrais il n'ont pas droit a la parole il sont seul en france pas rebeu comme dise certain penser que nos parent aurait pus ce trouvait a leur place on serai la bas a attendre qu'il revienne pour nous aider aux bled

on oublie trop vite nos ancetre et de ce qu'il etait
fier mais je pense que ne ce sent fier que en portant les signe de notre apartenance religieuse

bravo pour l'oublie
Un hommage n'est jamais vain..
Auteur : DAK_9265
Date : le 03 février 2011 à 13h15
Merci Bouchta pour cet article à l'empreinte émotionnelle forte et qui n'oublie pas de nous rappeler qu'à la misère et aux adversités de la vie, il n'y a qu'un juste comportement. Celui de la dignité qu'ont affichées nos anciens, parfois avec trop de discrétion, mais la juste discrétion qui permet aux jeunes pousses de grandir à l'abri. Celui aussi du courage d'aller en terre inconnu, pour si ce n'est se forger un destin pour soit, au moins pour d'autre ici et la bas ne pas se sacrifier en vain.
Oui Bouchta, je n'ai pas ton élégance gracile, mais à défaut de khôl, de chaude larme, ont glissé sur mes joues de bonhomme en lisant tes lignes et pensant à tout nos "papa’s rebeux"...
quelle reconnaissance de l'Etat??
Auteur : spv
Date : le 01 février 2011 à 10h54
A ces immigrés qui ont détruit leur santé pour subvenir aux besoins de leurs proches. A ces immigrés qui ont soutenu leurs familles restées au pays, soulageant ainsi un Maroc qui ne pouvait venir en aide aux plus démunis



en guise de remerciements meme pas le droit de dedouanner un véhicule gratuitement.
nos pauvres retraités qui ont tant galéré.
A quoi bon ?
Auteur : chtichleuh
Date : le 01 février 2011 à 10h38
A quoi bon ? Nos parents ne fêtent pas leurs anniversaire, sauf si la famille fait partie d'une classe bourgeoise occidentalisé.
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