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Les RME et les législatives de 2007 : Réalités et Enjeux

La décision royale, formulée à l’occasion du 30è anniversaire de la Marche Verte, rend effective la participation des marocains résidant à l'étranger, aux élections législatives de 2007.
Cette décision se conforme aux exigences démocratiques de l’égalité dans la citoyenneté, ainsi que dans la pratique des droits politiques et civils, pour tous les Marocains.
Attendue depuis longtemps, l’initiative royale va permettre de rapprocher, d’avantage, ces milliers de marocains de leur pays d’origine. Elle leur confère le droit d’élire des représentants et de prendre part, par conséquent et sans intermédiation, à la prise de décision et à la gestion de leurs affaires.

En effet, Il est inconcevable de décider et d’élaborer des politiques à destination des ces expatriés sans les y associer. Répondre à une multiplicité de leurs attentes par des événements conjoncturels, comme lors du retour au pays, est ressenti comme une déconsidération de leurs apports, une dépréciation de leurs différentes formes de contribution au développement du Maroc.

Ces élections permettront, donc, de relier les Marocains de l’étranger aux instances du pouvoir, de faire entendre leurs aspirations et aussi d’agir pour la mise en œuvre de stratégies d’approches, aux multiples situations auxquelles ils sont confrontées.

Il est à avouer que beaucoup d’enjeux et d’espoirs se portent sur ces élections. Les perspectives d’un Maroc ambitieux et dynamique guidé par un jeune roi, la conjoncture régionale et internationale qui font prendre conscience, aux Marocains, de réelles nécessités comme la cohésion et la solidarité nationale, l’intégrité territoriale, la consolidation des libertés et des acquis démocratiques.

Cependant, outre les pré-requis de transparence, de l’exigence de responsabilité et d’équité attendue de ces élections, une question d’ordre de « faisabilité » reste posée.
Elle est tributaire de certaines réalités qui risquent d’atteindre aux objectifs d’une authentique représentation parlementaire. En font partie la quasi-absence des partis politiques marocains au sein de ces expatriés, apolitiques pour la plupart. L’activisme actuel de ces partis, auprès des marocains de l’étranger, répond plus à des échéances électorales qu’à des programmes politiques avérés. Le discrédit de certaines associations et organismes, inopérants, issus généralement de l’ «auto-proclamation» est aussi une donnée non moindre.

Ces faits sont à prendre en compte pour apporter à ces élections leur lot de réalisme et d’authenticité. Sans quoi elles renforceraient le sentiment de l’impasse politique et de l’éternel retour des situations d’échec. Surtout pour des générations de Marocains, jeunes aspirant à des partenariats et à des modes d’échanges nouveaux avec leur pays d’origine.

Préalablement à la conformation de ces élections, la révision du code électoral aura à définir un planning d’avancement à échéances mesurables. Elle pourra s’élaborer, dans le cadre de concertations élargies, impliquant des compétences et des expertises disposant de la connaissance des spécificités humaines, culturelles et « techniques » des pays concernés par ces élections.

Ce préalable est nécessaire pour cerner les faisabilités et les contraintes associées, susceptibles de générer des formes de « freins », « phénomènes de résistances culturelles » ou de « contestabilités » à prévoir par le biais de scenarii.

La complexité ici est de parvenir à engendrer la « fédération » et la convergence des points de vue au niveau des acteurs politiques et associatifs concernés. L’intérêt général et les principes supérieurs de la cohésion nationale devront primer pour un Maroc stable, et fort de toutes ses composantes unies.

De cette concertation et convergence d’idées, découlera la nomenclature juridique de ces élections allant de l’organisation jusqu’à l’établissement des listes électorales, en passant par les conditions de recevabilité et les attributions confiées aux distinctes commissions.

Il est à rappeler qu’un découpage consulaire fait partie de l’ « existant étatique » dans les pays étrangers, concernés par les élections. Il a été certainement établi sur la base de concentrations géographiques des Marocains expatriés. Cet existant pourra servir d’apports et d’appuis à exploiter, qu’ils soient logistiques ou dans le cas d’établissement de collèges électoraux.

Bien au-delà de ces aspects intelligibles, demeure le poids de l’histoire et celui des responsabilités qui doit interpeller la conscience de tout un chacun. Il est question d’avenir et de générations en attente de nouvelles approches de gouvernance. Le sens à donner à ces élections est d’aller de l’avant, de déconstruire les archaïsmes et de réinventer les synergies capables de doter le Maroc de structures de référence, à tous les échelons.

Docteur Mounir FERRAM
Enseignant et chercheur universitaire à Paris
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