Athlétisme marocain : Le pire est à venir selon Aziz Daouda

Le pire est à venir ? C’est ce qui semble ressortir de l’entretien, publié hier par le site magharebia.com, avec Aziz Daouda, actuel directeur technique de la Confédération africaine d’athlétisme (CAA) et ancien secrétaire général puis directeur technique de la Fédération royale marocaine d’athlétisme (FRMA). L’occasion été ainsi donnée à ce cadre de l’athlétisme continental de revenir sur la piètre prestation des athlètes marocains lors des derniers Mondiaux de Berlin en Allemagne, ainsi que sur le pourquoi du « déclin de l’athlétisme national » constaté depuis plusieurs années.
Pour tenter d’apporter une explication face à l’échec de l’athlétisme marocain à Berlin, Aziz Daouda a préféré mettre en avant le mot – plein de sens – de « malaise », pour ne pas dire « problème ». Et ce malaise est loin d’être le fruit d’un simple accident de parcours ou d’une malchance hasardeuse. En effet, selon le directeur technique de la CAA, « c’est la troisième année successive durant laquelle l’athlétisme marocain est descendu aux enfers ». Une « règle des trois enveloppes », à laquelle les dirigeants de l’athlétisme national sont bien habitués. Il appuya son argumentation en affirmant : « Quand on perd une fois, on trouve mille et une raisons pour expliquer son échec, alors on l’attribue à ses prédécesseurs. Quand on perd deux fois, on attribue son échec à l’environnement. Quand on perd trois fois, il faut bien tirer les leçons qui s’imposent ».

Des leçons, Dieu sait qu’il y en a beaucoup à tirer de la participation des nationaux aux derniers Mondiaux d’athlétisme. Malgré la sélection de tout un contingent de 21 athlètes, les uns aussi doués et expérimentés que les autres, aucune médaille n’est venue briller dans la besace marocaine.

Aziz Daouda y voit un échec, suite à un problème de « management » de l’athlétisme national. Un problème de gestion qui, d’après le directeur technique de la CAA, n’est pas étranger aux facteurs qui ont poussé les deux athlètes marocains (Jamal Chetbi et Meriem Alaoui Selsouli) à se livrer au dopage, lors des compétitions de Berlin. « Le dopage est un moyen de contourner sa faiblesse. Les athlètes qui se dopent sont dans un état de désespoir avancé et ne croient plus au système et aux moyens mis à leur disposition » commente t-il, avant d’ajouter : « quand en plus vous percevez des signaux plutôt bizarres autour de vous, alors vous êtes même encouragés dans cette voie ».

Aziz Daouda ne voit pas encore le « bout du tunnel » dans lequel est entré cette discipline qui n’a plus ses lettres de noblesse. Il pense que « seule une réforme profonde du management peut sauver notre athlétisme, s'il y a quelque chose à sauver, et tant que la génération actuelle n’est pas aux abîmes ».

En guise de message aux jeunes athlètes, il leur demande de suivre le chemin balisé déjà par les anciennes générations, dont il a été témoin, et qui « n’ont jamais eu recours à quoi que ce soit d’illicite pour réaliser des performances historiques ». Des exploits, dont Daouda pense qu’ils ont tendance, de nos jours, à être « oubliés et banalisés » par la mémoire collective du Maroc.

Quand la jeunesse perd ses repères dans le présent, le passé est toujours là pour les lui rappeler. Une renaissance de l’athlétisme s’impose donc au Maroc, si on veut redonner couleur au blason – déjà terni - du Royaume. A bon entendeur…Salam !

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