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Financement islamique : comment ça marche ?

La finance islamique est apparue dans les années 70 pour se développer très rapidement jusqu’à concerner des centaines d’institutions spécialisées à ce jour. Elles sont implantées principalement en Asie et au Moyen Orient, mais également en Europe et aux Etats-Unis. Au Maroc, nous n’avons toujours pas de banques islamiques, par contre des produits dits «alternatifs» seront proposés dans nos banques à partir du mois de juillet. Décryptage.
En Islam, l’usure et toutes les transactions y afférent sont strictement interdites. Les lois islamiques interdisent de verser ou de percevoir un intérêt et exigent que toutes les transactions financières se fondent sur une activité économique réelle.
Ainsi, la monnaie en Islam se limite à la réserve de valeur et au moyen d’échange; elle ne peut pas être une marchandise et ne peut pas «croître» sans apport de travail.

La finance islamique ne se base pas seulement sur le profit, mais également sur le principe de solidarité. La notion de risque y est très importante : toutes les parties à une transaction doivent en partager les risques, c'est-à-dire non seulement les bénéfices mais aussi les pertes éventuelles. De plus, les échanges doivent absolument être tangibles et les transactions ne peuvent évidemment concerner les activités contraires à la Chariâa, comme les jeux de hasard, l’alcool...

Les Institutions financières islamiques ont une double vocation commerciale et financière.
Les principaux outils financiers vont dans les deux sens.


Les instruments financiers principaux

Moudaraba : Un contrat entre le propriétaire du capital et l’entrepreneur. La banque confie une somme d’argent à l’entrepreneur pour l’investir, en contrepartie d’une part dans le bénéfice éventuel de l’affaire.

Moucharaka : Les deux parties signataires du contrat participent et au capital et à la gestion de l’affaire. Les bénéfices sont répartis selon des ratios déterminés, tandis que les pertes sont supportées à hauteur de la participation de chacun

Mourabaha : Le client ordonne à la banque d’acquérir un bien particulier; celle-ci lui revend le bien en question (devenu propriété de la banque), moyennant une marge bénéficiaire. Le paiement se fait comptant ou sur plusieurs échéances.

Ijara : Un contrat portant sur la mise à la disposition du client d’un bien ou d’un service en contrepartie d’une rémunération prédéfinie. Le client peut s’engager à acquérir le bien en question à terme.

Salam : Un contrat de vente avec livraison différée de la marchandise. La banque intervient comme acquéreur avec paiement comptant d’une marchandise qui lui sera délivrée à terme par le partenaire. La Chariâa interdit en principe les transactions portant sur des biens inexistants au moment de la conclusion du contrat, mais l’exception a été faite pour le salam par nécessité, à condition que le prix, la date de livraison et les caractéristiques exactes de la marchandise soient connus d’avance.


Tels sont les principaux instruments utilisés en finance islamique. Concernant les frais que peut prélever la banque, ils ne sont valables en Islam que s’ils sont fixes, quel que soit le montant de la transaction, dans le but de couvrir les frais administratifs et autres.
D’autres formules de financement sont créées mais sont normalement avalisées par un ensemble de savants. Il est cependant clair que certaines banques collent l’étiquette «Halal» à des offres sans fondement islamique réel…

Au Maroc, trois de ces outils seulement sont autorisés pour le moment, à savoir «Ijara», «Mourabaha» et «Moucharaka». Cette ouverture au financement islamique, longtemps rejetée de manière catégorique, a été motivée par le fait qu’une part importante des marocains évite les offres bancaires classiques, étant donné leur non-conformité à la loi musulmane.
Cependant, les banques islamiques ne sont pas encore autorisées au Maroc, pour des raisons de compétitivité sans doute…Reste à noter que les solutions financières qui répondent à la Chariâa ne devraient pas être moins chères que les produits classiques.

Certaines voix s’élèvent dans le monde musulman pour affirmer que les formules dites islamiques ne sont en fait que des produits classiques déguisés...Quoiqu’il en soit, cela n’empêche pas les clients de recourir à ces offres, nécessité oblige. Après tout, c’est sur les savants de la communauté que retombe la responsabilité.

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