Maroc : Récolte céréalière en chute de 38% cette année

Les professionnels l’avaient vue venir. Depuis le début de l’année, ils annonçaient une campagne agricole difficile cette année et leur prévisions se sont avérées. Les chiffres sont tombés pour la culture céréalière et le constat reste marquant.

« La production définitive des trois principales céréales au titre de la campagne agricole 2011-2012 s’est établie à 51 Millions de Quintaux sur une superficie de près de 5 Millions d’hectares (Ha), soit un rendement moyen de 10.1 Qx/Ha », indique un communiqué du ministère de l’Agriculture rendu public lundi 9 juillet. En comparant ces chiffres à ceux de l’année dernière, l’on se rend compte que « la production et le rendement des céréales ont diminué respectivement de 39.1% et 38% », précise le communiqué, ajoutant que les superficies plantées, quant à elles, n’ont reculé que de 1.5%. Cette baisse importante est due au déficit pluviométrique enregistré au cours des mois de février et mars derniers. En pleine période de sécheresse, les professionnels et des responsables gouvernementaux avaient vu le mal venir.

Avec un tel déficit, l'Etat sera obligé d’importer de grandes quantités de blé. Déjà, en mai dernier, les importations de céréales pour la campagne 2011-2012 s’élevaient à 52,5 millions de quintaux, dont 47% de blé tendre, avait indiqué l’Office national interprofessionnel des céréales et des légumineuses (ONICL). Et si les importations grimpent, cela aggravera davantage le déficit de la balance commerciale du pays qui importe déjà la quasi-totalité de son pétrole. 

Selon le ministère, la production de l'année 2011-2012 s'est établie sur une superficie de près de 5 millions d'hectares, principalement des zones « favorables » et irriguées. Pour soutenir les agriculteurs marocains, l'Etat a débloqué une enveloppe budgétaire de 1,35 milliard de dirham (123 millions d'euros) dont une grande partie a été réservée à la préservation du cheptel, avait déclaré à AFP le ministre de l'Agriculture, Abdelaziz Akhennouch.

Une stratégie s’impose

C’est bien là un coup dur pour l’agriculture nationale en particulier et pour l’économie en général, puisque ce secteur représente environ 15% du PIB et emploie près d'un Marocain sur deux. Les aléas climatiques constituent désormais un véritable problème pour l’agriculture marocaine. En pleine sècheresse en mars dernier, Najib Akesbi jugeait que la mise en place d’une « véritable stratégie anti-sécheresse » par Maroc s’avère urgente. « Une stratégie dans laquelle il faudrait mettre en place un nouveau modèle de production. Par exemple, des variétés de blé moins fragiles qui résistent mieux à la sécheresse, pourraient être privilégiées, alors que les céréales représentant au total 70% de la campagne agricole marocaine », préconisait-il. Ceci, afin de « permettre au PIB national de moins dépendre du PIB agricole et des pluies ».

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1 commentaire
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Auteur : mmeeehhhh
Date : le 15 juillet 2012 à 02h34
Le blé sert à rien, il vaut mieux avoir des dirhams.
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