Saint-Etienne : Inauguration de la Grande mosquée marquée par des heurts entre fidèles et police

Des heurts ont eût lieu mardi matin lors de l’inauguration de la Grande Mosquée Mohammed VI de Saint-Etienne entre des manifestants, venus notamment protester contre le départ de l’imam Mohammed El Adly, et la police. Cette confrontation marque le point d’acmé de tensions qui opposent depuis plusieurs semaines déjà le Rectorat de la mosquée à la communauté des fidèles stéphanois.

L'inauguration de la Grande Mosquée de Saint-Etienne ne s'est pas faite dans le calme et a été marquée par des heurts entre les fidèles et la police

On la savait imminente. Mardi matin, l’inauguration de la Grande Mosquée Mohammed VI de Saint-Etienne a finalement eût lieu après plusieurs années de prorogations incessantes. En la présence des autorités civiles et religieuses de Rhône-Alpes et du ministre marocain des Habous, Ahmed Toufiq, cette journée inaugurale est venue consacrer un travail de longue haleine, qui a duré huit ans, et récompenser une patience mise à rude épreuve, celle des fidèles stéphanois, qui attendaient depuis plus de vingt ans l’ouverture de ce nouveau lieu de culte. Et pourtant, plutôt que de susciter le contentement, l’inauguration de la mosquée a été marquée par la violence, en témoigne les heurts qui ont opposé les fidèles stéphanois à la police présente sur place pour l'occasion.   

Trois griefs : l'éviction de l'imam, le nom de la mosquée et le manque de transparence

Hier matin, près de cinquante manifestants originaires de plusieurs pays du Maghreb ont en effet franchi les barrages du dispositif policier déployé aux abords de l'édifice religieux afin d’exprimer leur indignation et leur colère contre le Rectorat de la mosquée. A l’origine de cette contestation principalement, la révocation de l’imam Mohammed El Adly, rappelé au Maroc après 17 années de service à la tête de l’imamat de Saint-Etienne.

« On l'accuse de radicalisme, c'est faux. Il était apprécié y compris par les non-musulmans pour ses qualités humaines », a assuré une manifestante venue de Lyon au journaliste de l'AFP sur place.

Toujours est-il que les autorités religieuses qui l’employaient lui ont préféré le nouvel imam, Khalid El Asri, un Marocain francophone de 37 ans membre de la délégation des affaires islamiques de la région de Rabat. La journée d’inauguration était d’ailleurs pour ce dernier l’occasion de sa première prise de fonction.

Parmi les autres motifs de protestations des manifestants, le nom donné à la mosquée. Une femme marocaine déclarait hier à l'AFP être contre le fait que l’on donne à la mosquée le nom du roi du Maroc car pour elle, ce choix révèle « un signe de conservatisme et de manque d'ouverture vis-à-vis des non-Marocains ». 

La question du manque de transparence dans la gestion de la mosquée, notamment en ce qui a trait à son financement, était également au cœur des protestations des manifestants. Comme le rappelle un reportage de France 3 à cet effet, son coût aurait été quasiment décuplé en huit ans, passant de 1,2 millions d’euros au départ à plus de 8 millions d’euros aujourd’hui. Sans la participation de Mohammed VI, qui a financé 5 des 8 millions d'euros du projet, il est d'ailleurs fort probable que le lieu de culte n’aurait jamais vu le jour.  

M. Toufiq :  « l'imam a été révoqué dans la légalité »

L’implication du souverain marocain a été soulignée par son ministre des Affaires islamiques, M. Toufiq, dans un communiqué adressé au Rectorat de la Grande Mosquée. Il y précise notamment que la mosquée a été édifiée avec le soutien du roi « à la demande de l'association cultuelle qui gérait le projet » et que « ce soutien a été octroyé en toute transparence ». Le communiqué rajoute par ailleurs que « la mosquée […] promeut un islam du juste milieu dans le respect des valeurs du pays d'accueil ». une réflexion vraisemblablement en résonnance avec les accusations de radicalisme portées à l'encontre de l’imam El Adly.

Toujours est-il qu'en ce qui concerne ce dernier, le ministre marocain assure que tout a été fait dans la transparence et la légalité pour le révoquer : « ce sont des affaires administratives sur lesquelles la préfet et les autorités de Saint-Etienne peuvent s’enquérir (…). C’est dans les normes, dans les règles. On ne révoque personne pour rien. (…) On est dans la légalité. Dans la justice. » a-t-il déclaré sur France 3. 

 Reportage vidéo du LeProgrès.fr

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A vrai dire ...
Auteur : Kenzadalil
Date : le 23 juin 2012 à 18h42
SM Mohammed VI a bien voulu "aider " à la construction de cette mosquée, parce que la communauté lui a demandé son aide financière !! Imaginez le contraire.. qu'il ait refusé par exemple... ça aurait été pire !! Ceci dit, "tous les musulmans " pourront y faire leurs prières, et non seulement les marocains !! sauf évidemment si certains cherchent la petite bête !!!


naïveté
Auteur : wikette
Date : le 23 juin 2012 à 16h05
je ne suis pas naïve, nous avons écrit cette lettre pour demander le financement au Roi qui a accepté de recevoir Le Recteur.
Suite à ça, nous lui avons demandé, par écrit toujours (les lettres sont les preuves) si on pouvait donner son nom à cette Mosquée pour l'honnorer de son gros financement qui a permis d'achever les travaux.
Il n'y a ni Makhzen ni rien.
C'est de l'initiative de la direction de la Mosquée que même avant ces lettres, le Roi ne connaissait même pas l'existence de celle-ci ou encore du projet.
Quand les représentants du maroc sont venus sur place, ils étaient stupéfaient de cet édifice culturel et mot pour mot, ont dit qu'ils n'auraient jamais cru trouver un tel lieu de culte en France. Ils étaient sous le charme et ont dit que des choses positives sur cette Mosquée et le Roi a donc accepté qu'on lui donne son nom.
sakki
Auteur : wikette
Date : le 23 juin 2012 à 16h00
je n'ai jamais manifesté et je ne suis pas d'accord avec celles qui ont manifestées et en aucun cas je défends cet imam.
J'ai juste donné les raisons pour lesquelles ces femmes manifestaient.
Quand je dis que j'étais sur place, c'est que j'étais à l'innauguration en tant qu'invité et non du côté du scandale.
@WIKETTE
Auteur : Danouni
Date : le 23 juin 2012 à 08h07
Je te trouve bien naïve.

Ce qui caractérise le Makhzen marocain c'est le secret et la subtilité.
merci si vous étiez la ba
Auteur : sakki
Date : le 22 juin 2012 à 15h44
moi 2 mois avant , nous avions organisé un voyage de Nîmes à St Etienne avec un groupe d'enfants pour les faire découvrir cette merveille sachant qu'elle va être inauguré
je peux confirmer que l'IMAM a perdu son contrat moral et le sens du mot tolérance, restant avec lui toute la journée il a perdu le droit de réserve, et le sens commun de certaines interprétations des sorates
je ne dis pas plus
Dernière modification le 22/06/2012 15:47
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