Législatives : La diversité à l'Assemblée, mais sans les Marocains

Après la victoire hier, dimanche 17 juin, du Parti socialiste lors du second tour des législatives, le temps est venu pour les 577 députés élus de faire leur entrée à l'Assemblée nationale. Une entrée historique puisque 9 élus issus de l'immigration vont y siéger. Une histoire qui se fera, toutefois, sans élus franco-marocains.

9 élus issus de l'immigration vont faire leur entrée à l'Assemblée Nationale

Les socialistes sont les grands vainqueurs des élections législatives françaises. Hier, lors du second tour, le PS a raflé la majorité absolue à l’Assemblée nationale, soit 314 sièges contre 228 pour l’UMP, d'après les estimations du site 20 minutes. Quant au FN, il a réussi à avoir deux sièges à l’Assemblée nationale. La majorité PS permet de faire entrer à l’Assemblée plusieurs élus issus de l’immigration, mais aucun Franco-marocains.

Les Franco-marocains privés de siège...

Pourtant deux Franco-marocains avaient réussi à passer le cap du premier tour des élections législatives. Il y avait tout d’abord Mounir Satouri, candidat d’Europe Ecologie Les Verts, dans les Yvelines. Né dans le quartier de Derb Ghalef à Casablanca, il a été battu hier, dimanche 17 juin, par son concurrent de l’UMP Jean-Marie Tétart. Ce dernier a remporté le siège avec un score de 56,83% contre 43,17% pour Mounir Satouri.

La seconde candidate franco-marocaine qui était arrivée au second tour est Souad El Manaa, pour le PS dans l’Orne, département de Basse-Normandie, où elle est responsable commerciale dans la ville de l’Aigle. Agée seulement de 32 ans, Souad El Manaa est née à Essaouira et est arrivée en France âgée de quelques années. Elle a été également battue par une candidate de l’UMP Véronique Louwagie. 60% contre 40%.

Celle qui l’a vraiment échappée belle est Najat Vallaud Belkacem, la ministre des droits de la femme et porte-parole du gouvernement Ayrault. Avant d’être nommé ministre, elle devait se présenter pour les Législatives dans le Rhône. Hier, le PS a perdu dans cette circonscription face à l’UMP. Si Najat Belkacem s’y était présentée en plus d’être ministre, elle aurait d’une part perdue l'élection, mais aurait également été obligée de démissionner du gouvernement. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait indiqué que si un élu PS perdait aux Législatives, il devrait démissionner du gouvernement.

...et 4 Franco-algériens élus !

Néanmoins, malgré l’absence de ces deux candidats franco-marocains, l’Assemblée nationale change de couleur et s’ouvre un peu plus à la diversité. Au total, 9 députés d’origine maghrébine, africaine ou asiatique vont y siéger, d’après France 24, auquel il faut ajouter des candidats antillais. Une grande première dans l’histoire française. Un bon point pour les Socialistes qui avaient promis de faire entrer plus de personnes issues de la diversité à l’Assemblée. Parmi ces nouveaux députés, il y a notamment Razzy Hammadi, ancien président des jeunes socialistes, fils d’un père algérien et de mère tunisienne, élu en Seine Saint Denis. Arrive aussi l’ancien président de SOS Racisme Malek Boutih, d’origine algérienne, élu dans l’Essonne, Kheira Bouziane, candidate en Côte d’Or, Chaynesse Khirouni, en Meurthe et Moselle. Toutes deux sont d’origine algérienne. Viennent s’ajouter Seybah Dagoma d’origine tchadienne, élue à Paris et Pouria Amirshahi, vainqueur d’origine iranienne dans la région Maghreb-Afrique de l’Ouest.

Cependant, le nombre de ces nouveaux élus issus de l’immigration ne satisfait pas amplement le Conseil représentatif des associations noires qui n’a pas manqué de souligner, sur France 24, que « ces députés issus de la diversité  « représenteront 1,4 % de l'Assemblée Nationale  » alors que les Français d'origine immigrée forment « plus de 10 % de la population ».

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