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Détenus islamistes au Maroc : Une ONG salafiste refuse de se réunir avec des diplomates américains

Les détenus salafistes ne sont pas prêts pour le moment à une rencontre  avec des diplomates de l’administration Obama installés à Rabat. C’est là, la réponse de la Commission conjointe de défense des détenus islamistes à une invitation américaine.

L’ambassade américaine à Rabat courtise les milieux salafistes.  Les services de Samule Caplan tentent de se frayer un chemin sur le très délicat dossier des détenus islamistes dont « une soixantaine de prisonniers observent encore la grève de faim », nous confie Anas El Haloui, le porte-parole de la Commission conjointe de la défense des détenus islamistes, et ce en dépit, de la médiation de certains partis en vue de mettre un terme, à ce qui est communément appelée, la "guerre des intestins vides".  Laquelle a couté la vie à l’Algérien Benmiloud, après 60 jours de grève de la faim.

Cette incursion américaine, la première du genre, s’est traduite par une invitation de l’ambassade au bureau (composé de 10 personnes) de la Commission conjointe de la défense des détenus islamistes pour une rencontre avec le conseiller politique. Cette ONG a tenu, le 29 mai, une réunion pour examiner cette main tendue des diplomates américains. Après une discussion entre ses membres, la CCDDI a exprimé, dans un communiqué qu’elle « n’est pas disposée pour le moment » à répondre favorablement à l’offre de Samuel Kaplan à cause de la prééminence de « l’approche sécuritaire » dictée par l’administration américaine à l’origine des « calvaires de détenus islamistes innocents au Maroc, à Guantanamo ou encore dans l’ensemble des prisons américaines éparpillées dans le monde islamique » .

« N’oublions pas que deux Marocains sont encore incarcérés dans cette base américaine à Cuba », souligne Anas El Haloui, lui-même ancien détenu condamné en 2004 à trois ans de prison pour « implication présumée » dans les attentats du 16 mai 2003. Et d’ajouter que « les Etats-Unis demeure le principal parrain de ce qu’elle appelle la guerre contre le terrorisme. Une guerre à laquelle le Maroc a adhéré en adoptant la loi contre le terrorisme (mai 2003, ndlr) ».

Ce rejet de l’invitation de l’ambassade américaine n’est nullement la règle. Au Maroc, les politiques, de toutes tendances confondues même les islamistes d’Al Adl wal Ihassane et les jeunes du Mouvement du 20 février, et les membres de la société civile tiennent à ne rater, en aucun cas, une visite dans les locaux de la représentation du pays de l’Oncle Sam à Rabat pour des heures de discussions, agrémentées de quelques révélations, qui feront, ensuite, l’objet de câbles. Par ailleurs, Anas El Haloui a fait savoir qu' "aucune autre chancellerie installée à Rabat n’a tenté de prendre langue avec les membres de cette commission".  

Des griefs contre Benkirane

Il semble que la relation entre Abdelilah Benkirane et la Commission conjointe de la défense des détenus islamistes est assez tendue. « Depuis qu’il est le chef du gouvernement, il n’a rien entrepris pour améliorer les conditions d’incarcération des prisonniers. Nous lui avons adressé plusieurs lettres, dont la dernière est ouverte, mais jusqu’à présent sans résultat. Et pourtant, la Haute délégation des prisons est sous sa tutelle directe », déplore Anas El Haloui.

« C’est une position bizarre de la part d’un homme qui réclamait, il y a si peu, l’ouverture d’une nouvelle enquête sur les attentats du 16 mai 2003 à Casablanca et remettait même, dans des déclarations, en question la version officielle », conclut notre interlocuteur.

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