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France : Abrogation de la circulaire Guéant ce jeudi

Plus qu’une question d’heures et les étudiants étrangers en France pourront paisiblement envisager leur après-cursus universitaire sur les terres de l’Hexagone. La très controversée circulaire Guéant qui leur empêchait de poursuivre leurs études en France va être annulée ce jeudi et remplacée par un autre texte. Mais la satisfaction n’est cependant pas à son comble.

Manuel Valls, ministre français de l'Intérieur, a confirmé l'abrogation de la circulaire Guéant ce jeudi.

La circulaire Guéant « sera abrogée probablement dans les heures qui viennent », a déclaré Manuel Valls, ministre français de l’Intérieur, ce jeudi matin sur BFM TV-RMC. La décision finale nécessite « un travail interministériel » impliquant les ministères de l'Intérieur, du Travail et de l'Enseignement supérieur, a-t-il expliqué. Pour l’établissement d’une nouvelle circulaire, une rencontre a eu lieu entre officiels, présidents d’universités, responsables des grandes écoles et associations, notamment le Collectif de 31 mai, qui se sont mobilisés contre le texte de l’ex ministre de l’Intérieur. Selon M. Valls, cette abrogation est « une chance pour [les étudiants étrangers] et c'est aussi une chance pour [la France] de ne plus être dans cette insécurité à quelques mois de la rentrée universitaire ». C’est n’est qu’une confirmation. Geneviève Fioraso, la nouvelle ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche l’annonçait le 22 mai dernier et hier mercredi, le président de l'organisation étudiante Fage, Philippe Loup l’a réitéré.

Adopté le 31 mai 2011, cette loi limite la possibilité pour les étudiants étrangers de travailler en France. Son adoption a été un désastre pour les diplômés étrangers en général et Marocains en particuliers. Si certains d’entre eux avaient bénéficiés de la générosité de quelques intellectuels français, d’autres, bien que qualifiés et dotés de parcours académiques remarquables dans de prestigieuses grandes écoles françaises, étaient obligés de quitter le territoire. C’est le cas de Nabil Sebti, un ancien d’HEC qui a dû retourner s’installer définitivement au Maroc. Outre les étudiants, les entreprises aussi ont énormément souffert de cette disposition, contraintes de laisser aller des profils étrangers intéressants et compétents.

« Symbole politique fort »…

Dès l’annonce de l’abrogation de cette circulaire, plusieurs militants associatifs manifestaient déjà leur enthousiasme. « Nous saluons cette décision qui est un engagement fort », s'est réjoui le vice-président de l'UNEF Azwaw Djebara, rapporte Le Monde. Pour Nabil Sebti, « c'est une première étape, c'est un symbole politique fort », a-t-il confié à Reuters Nabil Sebti, porte-parole du Collectif du 31 mai reçu mercredi par Manuel Valls.

…Prudence tout de même

Même si l’abrogation de la circulaire Guéant était une promesse de François Hollande lors des présidentielles et qu’il semble bien l'honorer, l’on prône tout de même la prudence. « L'abrogation de la circulaire Guéant ne signifie pas qu'on a le droit automatiquement à un job après l'obtention du diplôme. Il faut un changement de la loi », confie à AFP le Haut-commissaire à la Diversité, Yazid Sabeg. Même son de cloche du côté de l'organisation étudiante Fage. « La rigidité du cadre législatif actuel ne permet pas de garantir la délivrance d'un titre de séjour pour chaque diplômé étranger qui a l'assurance d'être embauché suite à l'obtention de son diplôme », a déclaré son président Philippe Loup.

« Maintenant, il faut aussi songer à demain, abroger la circulaire ne suffit pas. […] Ce que révèle la circulaire, c'est que la procédure administrative de changement de statut est très arbitraire.[…] Elle manque à la fois de transparence, de cohérence et de clarté », estime Nabil Sebti.

Le nouveau texte est « en cours d'écriture » et doit être publié « dans les prochains jours » avec pour objectif « d'aiguiller les préfets » en reprenant les « points positifs » contenus dans les circulaires qui seront abrogées, a fait savoir Philippe Loup mercredi. Parmi ces points, l'interdiction d'expulser des étudiants dont le titre de séjour provisoire a expiré et la réduction des délais d'instruction des dossiers par les préfectures.

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