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Pétition de soutien à TelQuel suite à la condamnation
A l'issue d'un procès en diffamation expéditif, le directeur de TelQuel Ahmed R. Benchemsi et son chef des actualités Karim Boukhari ont été condamnés, sans même que leur avocat ait eu droit à la parole, à deux mois de prison avec sursis chacun, plus une amende record de 1.050.000 DH. Les deux journalistes ont fait appel.
Dans une affaire en justice les opposant à Hlima Assali, deputée du Mouvement Populaire, Ahmed R. Benchemsi et Karim Boukhari, respectivement directeur de la publication et chef des actualités du magazine TelQuel, ont été solidairement condamnés à un million de dirhams de dommages et intérêts ainsi qu’à 25.000 dirhams d’amende et deux mois de prison avec sursis chacun. Se reconnaissant comme personnage d’un billet humoristique que TelQuel avait publié – sans citer de noms – sous la signature de K. Boukhari, Mme Assali s’était sentie difamée, et nous a poursuivis en justice. C’était son droit légitime. Mais le procès qui s’est ensuivi a bafoué tous les droits de la défense, ainsi que les règles les plus élémentaires de l’équité et de la justice.

Le président du tribunal de première instance de Casablanca a obstinément refusé de reporter le procès, qui ne revêtait aucune urgence, de sorte à ce que l’accusé principal, A. R. Benchemsi, en voyage professionnel aux Etats Unis pendant le mois d’aout, puisse revenir au Maroc et assurer sa défense. De plus, par une petite manœuvre indigne d’un magistrat, le président du tribunal a fait en sorte que l’avocat de A.R. Benchemsi et K. Boukhari ne soient pas présents au moment de la reprise de l’audience, lundi 15 aout 2005. Le jugement a donc été rendu en l’absence des accusés et de leur avocat, et sans qu’aucun avocat – y compris ceux de la plaignante – ne puisse plaider !

Enfin, outre les peines de prison et d’amende, déjà totalement injustifiées vu les conditions iniques de ce procès, la somme d’un million de dirhams défie toute mesure. Si on se réfère aux annales judiciaires marocaines, cette somme est plus de dix fois supérieure aux sommes maximales accordées à des plaignants pour des motifs similaires, et à l’égard desquels la diffamation ou l’insulte avait été prouvée de manière autrement plus sérieuse.

En conséquence de quoi,

• TelQuel proteste vigoureusement contre ce jugement inique et considère que ce procès n’était qu’un prétexte saisi par des instances supérieures indéterminées pour affaiblir un magazine considéré comme indépendant et crédible ;

• TelQuel voit en ce dangereux précédent une nouvelle méthode pour museler la presse : l’étouffer progressivement par des amendes disproportionnées, obtenues grâce à des simulacres de procès civils. A travers TelQuel aujourd’hui, c'est demain toute la presse libre du Maroc qui est menacée.

• TelQuel informe qu’une plainte a été adressée au ministre de la justice et que des copies de cette plainte, ainsi que du présent communiqué, on été envoyées à de nombreuses ONG défendant la liberté de la presse, les droits de l’Homme, ainsi que le respect et l’égalité des droits en matière de justice.

• TelQuel a fait appel. Malgré le dérapage manifeste du tribunal de première instance de Casablanca, TelQuel déclare faire confiance à la justice marocaine et espère que le procès en appel offrira toutes les garanties du droit et de la justice.

Pétition : Soutien TelQuel

Source : TelQuel