Societe
La femme comme alibi, l'Islam comme prétexte
L'autre dimanche, sur «France 3», lors de l'émission de Marc Olivier Fogiel, « ON ne peut pas plaire à tout le monde », la députée néerlandaise d'origine somalienne, menacée de mort par des intégristes et protégée 24 heures sur 24 par des gardes du corps, a présenté un ouvrage - long réquisitoire contre l'Islam et le Prophète Sidna Mohamed - où elle parle surtout des coutumes d'excision des petites filles et des mariages forcés dans son pays d'origine.
Laissons de côté les accusations sans fondement auxquelles les divers mouvements des musulmans de France - trop occupés par leurs élections - n'ont même pas répondu. Mais, entre les amalgames et l'ignorance, la nuance est énorme : car tous les historiens et sociologues sont unanimes sur le fait que les coutumes qui oppriment les femmes et les prennent en otage n'ont aucune relation avec l'Islam, mais sont plutôt le fait d'anciennes traditions tribales, arabes ou berbères...

Bonjour la confusion, mais lorsque le mal est fait...
L'autre jour aussi, Assia Djebel, talentueuse écrivaine algérienne, devenait membre de l'Académie Française.

Mais l'est-elle devenue pour son talent littéraire et seulement pour cela ?
Ou bien est-ce à cause de son acharnement depuis trente années à insulter l'Islam, du moins celui de son pays, et à lui mettre sur le dos toutes les misères des femmes algériennes comme si le pouvoir algérien n'y était pour rien ?
Entre nous, la confusion est terrible et elle ressemble un chantage hideux.
En effet, faut-à-il renier sa religion et cracher sur son pays au nom de la liberté de la femme et des Droits de l'Homme pour voir ses talents littéraires reconnus en France !?

Pour la petite histoire, l'Algérie a connu des écrivains de très grande qualité, dont les disparus Kateb Yacine et Rachid Mimouni, que les milieux littéraires occidentaux ont longtemps ignorés.

La conclusion, s'il en fallait une : il est très navrant qu'aujourd'hui en France, comme partout en Occident, dénigrer l'Islam et lui mettre sur le dos tous les maux de nos sociétés est devenu un commerce très lucratif pour les éditeurs et une mode très porteuse pour les médias.

Pour le reste, il existe des moyens plus intelligents pour un écrivain de dénoncer les tares de sa société sans qu'il ne s'agisse d'un vulgaire tremplin hypocrite vers la reconnaissance, en France notamment.

Entre nous, ceux qui parlaient de « c'est politiquement correct », seraient très inspirés de réfléchir à un minimum de décence en ce qui concerne le « c'est intellectuellement correct » car dans toute cette affaire -c'en est bien une- il y a une certaine hypocrisie et une mauvaise foi certaine qui ne rendent service ni aux droits de la femme, ni à la liberté d'expression, et encore moins à ceux et celles qui sont censés en être les défenseurs, à savoir les médias.

En comparaison, lors de la récente disparition du pape Jean -Paul Deux, les médias Arabes et musulmans se sont abstenus de tout commentaire concernant l'Eglise et le fonctionnement du Vatican.

Au nom de la tolérance et du respect de la religion des autres peuples, au moment où de l'autre côté de la méditerranée l'on se permet toutes les attaques et toutes les agressions verbales contre l'Islam et les musulmans.

Hafid FASSI FIHRI est Journaliste écrivain
fihri293@yahoo.fr

Source: Le Matin